•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

4 hommes trouvés dans un conteneur dans le port de Montréal

Port de Montréal

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des douaniers ont fait la triste découverte, jeudi, de quatre hommes cachés dans un conteneur dans le port de Montréal. Ces passagers clandestins ont été transportés à l'hôpital, mais leur vie n'est pas en danger.

Les hommes, qui sont dans la trentaine, proviendraient de la Géorgie. Ils se trouvaient dans le conteneur depuis une vingtaine de jours, selon les premières informations disponibles.

Ils étaient si mal en point que l'on a eu peur pour leur vie. Ils ont été transportés par ambulance à l'hôpital Santa Cabrini, où leur état s'est par la suite stabilisé. Le porte-parole des services ambulanciers, Stéphane Smith, a précisé que deux d'entre eux souffrent de déshydratation et de difficultés respiratoires.

Un véhicule de l'Agence des services frontaliers devant l'entrée des urgences de l'hôpital Santa Cabrini

Un véhicule de l'agence des services frontaliers

Photo : Radio-Canada

Le conteneur était rempli de voitures. Le bateau sur lequel il se trouvait était parti de Hambourg, en Allemagne, le 10 juillet, en fin de soirée.

Le président du Syndicat des débardeurs du port de Montréal, Christian Beaudin, affirme qu'un membre du syndicat lui a confié que les passagers clandestins auraient eu à leur disposition un camion type « Econoline » avec une toilette, des matelas et de la nourriture.

La chaleur dans un conteneur peut atteindre jusqu'à 50 degrés Celsius, de l'avis de M. Beaudin, qui s'est fait dire que les clandestins avaient trouvé le voyage extrêmement pénible.

Une inspection aléatoire

Le porte-conteneurs est arrivé dans le port de Montréal tôt dans la nuit de mardi à mercredi, au quai Montréal Gateway, dans l'est de la métropole. Les conteneurs étaient déchargés un à un lorsque les douaniers ont entendu des coups qui provenaient de l'un d'eux, vers 7 h 15, jeudi.

Vue du porte-conteneurs OCCL sur le fleuve Saint-Laurent, à partir du Parc national des Îles-de-Boucherville

Vue du porte-conteneurs OCCL à partir du Parc national des Îles-de-Boucherville

Photo : Radio-Canada

L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) confirme que des passagers clandestins ont été interceptés, mais refuse de donner plus d'informations. « Parce que les événements sont en cours, et pour des raisons de protection des renseignements personnels, nous ne pouvons donner plus d’information », a-t-elle fait savoir par courriel.

La Gendarmerie royale du Canada mène une enquête et les hommes seront sous la supervision de l'ASFC, selon le gendarme Érique Gasse.

Des sanctions pour les transporteurs

Cela faisait plusieurs années qu'on avait vu des êtres humains arriver littéralement par conteneurs à Montréal, affirme Rivka Augenfeld, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

Les autorités peuvent imposer des sanctions de plusieurs milliers de dollars aux transporteurs de passagers clandestins, dit-elle.

Mme Augenfeld est surprise que ces hommes soient parvenus à tromper les mécanismes de sécurité de plus en plus sophistiqués qui sont instaurés dans les ports afin d'empêcher les gens de monter à bord de conteneurs.

Quand les gens sont aussi désespérés, ils réussissent, malgré toutes les tentatives pour les en empêcher [...] On voit aussi d'autres demandeurs d'asile qui arrivent par des routes incroyables.

Rivka Augenfeld, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes

Les migrants n'arrivent pas toujours par la voie maritime : Mme Augenfeld rappelle le cas récent de Somaliens qui sont entrés au Canada par le Manitoba, après avoir traversé les Amériques. « Il faut le faire », s'ébahit-elle.

Dans les cas de ceux qui s'entassent dans un conteneur, ils s'y installent souvent quelques jours avant le départ du bateau, ce qui rallonge le périple. « Il y a parfois d'autres arrêts et d'autres choses qui ralentissent le voyage », explique Rivka Augenfeld.

« Ça peut être terrifiant », dit-elle.

Des demandeurs d'asile comme les autres

Les clandestins se font parfois raconter « toute une salade » par des trafiquants ou des agents qui leur font croire que ce sera « facile », poursuit Mme Augenfeld, qui suppose qu'on en saura plus sur l'expérience des quatre hommes lorsqu'ils seront interrogés.

Dans le conteneur, il faut avoir de l'eau, de la nourriture et de l'oxygène [...] C'est très dangereux.

Rivka Augenfeld, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes

Elle tient à préciser que les clandestins arrivés jeudi à Montréal seront traités de la même manière que tout autre demandeur d'asile, s'ils demandent effectivement l'asile au pays.

L'avocat Stéphane Handfield, spécialisé en droit de l'immigration, explique pour sa part que ces hommes feront l'objet d'une enquête de sécurité afin de savoir si des procédures judiciaires avaient été entreprises contre eux à l'étranger.

En entrevue à l’émission 24/60, Stéphan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, a déclaré que l’arrivée de réfugiés ou de clandestins par voie maritime est un phénomène en diminution. « C’est quelque chose qu’on voyait plus fréquemment dans les années 1990 et début des années 2000 », a-t-il dit.

M. Reichhold précise qu’outre les dangers liés aux conditions physiques, il y a les pénalités financières qui peuvent dissuader les compagnies maritimes et les armateurs.

« S’ils se font repérer durant la traversée, ils risquent qu'ils soient jetés par-dessus bord », a ajouté M. Reichhold qui ne croit pas en l’existence d’un réseau de passeurs.

Au moment où ils posent le pied sur le sol canadien, ils vont être traités comme n’importe quel demandeur d’asile qui se présente à un poste frontalier […] Le fait qu’ils soient arrivés par voie maritime, comme passagers clandestins, leur donne droit au même traitement.

Stéphan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes

« Ils doivent fournir la preuve qu'ils sont personnellement persécutés selon les règles de la Convention de Genève, qu'il y a un risque sérieux pour leur vie », a-t-il conclu.

Avec les informations de Karine Bastien

Grand Montréal

Justice et faits divers