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L'ambition dans le plaisir pour l'entraîneur Louis Borfiga

Photo : Arturo Velazquez-TennisCanada

Radio-Canada

Depuis maintenant plus de 10 ans, l'entraîneur français Louis Borfiga oriente la formation des jeunes joueurs de tennis canadiens. L'ancien guide des Tsonga, Monfils et autres Benneteau a toujours œuvré par passion, jamais par obligation. Les contours de sa méthode s'inspirent de cette philosophie.

Un texte d’Olivier Tremblay

Comment former des joueurs de tennis de l’élite mondiale? La réponse, pour Borfiga, est impossible à condenser. Le responsable du Centre national d’entraînement qui a accueilli les Milos Raonic et Eugenie Bouchard revient toutefois souvent à deux principes : cultiver l’ambition et aimer jouer.

« Quand je travaillais avec les jeunes en France, je leur disais tout le temps qu’ils avaient de la chance de pouvoir s’amuser toute la journée, se rappelle Borfiga en entrevue à Radio-Canada Sports. On me demandait des vacances, et je répondais qu’ils étaient en vacances toute l’année. Je vais donner trois semaines de repos, mais ils sont en vacances toute l’année. »

« Je pars toujours du principe qu’il vaut mieux jouer au tennis que travailler, ajoute-t-il. Les grands champions adorent jouer. Roger Federer et Rafael Nadal sont encore là parce qu’ils prennent du plaisir chaque jour. Et le plaisir n’exclut pas d’être extrêmement rigoureux à l’entraînement. »

Le joueur canadien, selon Borfiga, est propre sur le plan technique, beau à voir sur le court. Il est aussi ambitieux, surtout depuis qu’on lui a fait comprendre, à grands coups de structures et d’embauches ces 10 dernières années à Tennis Canada, que tout était possible.

L'entraîneur Louis Borfiga discute de son expérience au Canada

La volonté contagieuse des dirigeants de l’organisation à imposer le pays comme terre de tennis a créé un effet d’entraînement jusqu’aux joueurs. Mais avec les résultats vient la pression, particulièrement quand on aborde le cas de Bouchard, que Borfiga décrit comme une grande professionnelle qui s’entraîne toujours à fond.

Première Canadienne à atteindre la finale d’un tournoi majeur, Bouchard est probablement victime des attentes, selon l’entraîneur, qui souligne aussi qu’une blessure à la cheville est tombée au bien mauvais moment cette saison.

« C’est un sport difficile où le mental et la confiance jouent un grand rôle, analyse-t-il. Elle a un peu perdu confiance. Ça se perd vite. Mais la retrouver, c’est vraiment long et difficile. Regardez Federer : il est en confiance, et il joue les yeux fermés. »

Le Suisse, justement, a récemment fait souffrir Marin Cilic, qui a fondu en larmes en pleine finale de Wimbledon. Aux prises avec de douloureuses ampoules, le Croate a aussi vu son rêve de s’imposer à l'All England Club s’effondrer devant son puissant rival.

Marin Cilic en larmes en finale de Wimbledon

La capacité des athlètes à camoufler les émotions auxquelles carbure leur jeu fait parfois oublier qu’ils sont humains. La préparation mentale des jeunes joueurs n’a donc rien de simple, et chaque cas est différent. Il n’existe pas de cheminement type avec Louis Borfiga. Et la pression indue, très peu pour lui.

« De 14 à 18 ans, ça m’agace un peu, avoue-t-il. On joue au tennis, c’est un plaisir. Qu’on arrête de nous casser les oreilles. La qualité d’un gamin, c’est de pouvoir s’amuser. C’est le but. Quand on atteint le niveau professionnel, il y a d’autres contraintes. Mais quand on est jeune, on s’amuse, et on arrête de se prendre la tête. »

Et cette génération de jeunes pousses comme Françoise Abanda et Denis Shapovalov ont adopté cette mentalité. Abanda, par exemple, commence à prendre conscience de son talent, croit l’entraîneur.

« Quand vous entraînez de jeunes joueuses, vous pouvez faire des prévisions, souligne-t-il. Avec mon expérience, je peux vous assurer que c’est difficile. On a des surprises dans un sens ou dans l’autre. »

Leur progression pourrait d’ailleurs pousser leurs ambitieux prédécesseurs vers l’objectif ultime de Borfiga : une première victoire canadienne dans un tournoi du grand chelem.

« C’est très près, mais il faut qu’on franchisse la marche la plus difficile. Et puis, il faut installer le Canada parmi les nations de référence du tennis. »

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