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Zoom sur le controversé projet de l'Armée du Salut

Façade d'édifice où on peut voir le logo de l'Armée du Salut.

Les locaux de l'Armée du Salut, sur la rue Georges, à Ottawa

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Radio-Canada

Le projet de déménagement de l'Armée du Salut dans le quartier Vanier d'Ottawa déchaîne les passions depuis plusieurs semaines. Les inquiétudes des résidents sont-elles fondées? En quoi consiste ce projet de centre multifonctionnel, évalué à 50 millions de dollars? Retour sur les faits.

Un texte de Yasmine Mehdi

L'Armée du Salut a fait savoir, le 22 juin dernier, qu'elle comptait déplacer ses locaux du marché By, sur la rue Georges, au chemin Montréal du quartier Vanier.

Depuis, l'opposition au projet n'a cessé de s'intensifier et une manifestation a rassemblé des centaines de personnes, mardi soir.

Le directeur administratif du Centre Booth de la rue George, Marc Provost, soutient pour sa part que le centre multiservice du chemin Montréal a été conçu « sur mesure » pour le quartier Vanier.

L'entrée d'un refuge pour itinérants Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'Armée du Salut travaille sur son projet de déménagement depuis plusieurs années.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Un concept nouveau au Canada

« Je ne pense pas que leur formule va fonctionner. C'est un modèle trop gros qui va centraliser la pauvreté », a affirmé quant à lui un résident membre du regroupement SOS Vanier, Philippe Deneault, en entrevue à l'émission Les Matins d'ici.

De nombreux résidents du quartier s'inquiètent en effet que la taille du centre multiservice crée un « ghetto », plusieurs citant notamment le cas de Vancouver.

En réalité, il est difficile de déterminer si ce modèle fonctionnera ou non, puisqu'il s'agirait d'une première au Canada.

Les gens ne sauront pas trop si c'est un édifice à condos ou à bureaux. Ça n'aura pas l'air d'un centre social.

Marc Provost, directeur administratif du Centre Booth de la rue George

M. Provost, de l'Armée du Salut, a en effet expliqué que l'organisme s'était inspiré des meilleures pratiques au Canada et aux États-Unis pour mettre sur pied un projet « innovateur » qui répondra aux besoins de la communauté.

« Ce n'est pas une question de déménager ce qu'on a [au marché By] mais de réinventer et de faire les choses différemment », a-t-il affirmé.

Des gens devant les locaux de l'Armée du Salut à OttawaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Selon l’Alliance pour mettre un terme à l’itinérance, l'achalandage dans les refuges d'Ottawa a augmenté de 5,2% entre 2015 et 2016,

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

L'édifice sera « en retrait de la rue »

« Ils vont sortir dans la rue pour aller s'approvisionner en drogues, ça va augmenter le problème », s'est également inquiété M. Deneault.

Comme d'autres résidents, il s'inquiète de voir les clients de l'éventuel centre du chemin Montréal se retrouver sur les trottoirs devant l'édifice, comme c'est présentement le cas au marché By.

Le projet en chiffres

  • 9570 mètres carrés
  • 350 lits
  • 150 employés
  • services offerts
  • commerces, magasin et café

L'Armée du Salut affirme toutefois qu'elle a pris des mesures pour éviter qu'une telle situation se produise à Vanier.

Les hébergements qu'abritera le centre se trouveront en retrait de la rue. Ils donneront sur une cour intérieure, afin que les clients puissent prendre l'air sans devoir sortir dans la rue, « une opportunité de faire les choses comme il faut », explique M. Deneault.

Une façade d'édifice sur laquelle on peut voir le logo de l'Armée du SalutAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les locaux de l'Armée du Salut à Ottawa, sur la rue Georges.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Inquiétudes quant à la criminalité

« Je suis déjà témoin d'événements violents ou désagréables à l'occasion. Je ne pense pas que d'ajouter un refuge de cette taille sur une avenue commerçante, en plein quartier résidentiel, va être bon pour le quartier », a encore déploré M. Deneault, de SOS Vanier.

Les résidents du quartier craignent de voir la criminalité et le désordre augmenter avec la venue de l'Armée du Salut. Les représentants de l'organisme rétorquent que la majorité de leur clientèle demeure déjà dans le quartier de Vanier.

La coupe est pleine, n'en rajoutez plus. La communauté est fragile, il y a une concentration élevée de personnes défavorisées.

Philippe Deneault, résident du quartier Vanier et membre du regroupement SOS Vanier

« [La criminalité] se passe présentement. Ce qu'on apporte, c'est plus d'yeux, plus d'oreilles, une présence », a soutenu M. Provost. « On a des services de rue qui se promènent un peu partout. »

Le centre offrira de l'hébergement d'urgence, mais également des programmes de traitement de la toxicomanie, de formation professionnelle et d'orientation au logement.

Ottawa-Gatineau

Pauvreté