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Des policiers de Saint-Jérôme récompensés pour un projet de lutte contre le sextage

Un téléphone cellulaire

Le sextage consiste à envoyer des messages à caractère sexuel au moyen d'un appareil mobile.

Photo : Getty Images / (Sean Gallup)

Radio-Canada

Des policiers de Saint-Jérôme ont mis au point une approche innovatrice pour contrer le sextage chez les jeunes. La ministre de la Justice du Canada, Jody Wilson-Raybould, leur a décerné dimanche le Prix national du maintien de l'ordre dans le domaine de la justice pour les jeunes.

Un texte de Laurence Niosi

L'initiative est unique au Québec. Pour une première fois, la police et le milieu scolaire de Saint-Jérôme s'allient pour lutter contre le partage d'images intimes, un phénomène appelé sextage, qui fait des ravages dans les écoles secondaires.

Dans le courant de la dernière année, la police de Saint-Jérôme affirme avoir traité 30 dossiers reliés au sextage, provenant de six écoles secondaires différentes.

Le projet pilote comporte deux volets : une campagne de sensibilisation dans les classes à l'école pour prévenir le phénomène, et la distribution d'une trousse d'intervention destinée aux intervenants scolaires.

« [La trousse] permet une intervention structurée, uniformisée dans toutes les écoles, et beaucoup plus efficace », souligne l’agent Robin Pouliot, qui a créé le projet avec son collègue, le lieutenant Serge Boivin.

Le lieutenant Serge Boivin (gauche) et l'agent Robin Pouliot posent avec leur prix

Le lieutenant Serge Boivin (gauche) et l'agent Robin Pouliot posent avec leur prix.

Photo : Police de Saint-Jérôme

Les instigateurs du projet sont fort satisfaits des résultats : des cas de sextage qui étaient auparavant traités en 10 ou 12 mois sont traités en quelques jours.

« En mettant ce protocole en marche, nos intervenants scolaires savent quelles questions poser aux élèves, avec qui intervenir, les policiers savent à quel moment ils interviennent, et toute l'information est là », affirme Brigitte Labelle, directrice adjointe aux services éducatifs de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord.

Au Canada, la loi interdit le partage d'images intimes de personnes sans leur consentement. Les mineurs qui reçoivent ou envoient du matériel intime pourraient ainsi être accusés de pornographie juvénile.

Le sextage peut avoir « d’immenses répercussions » sur la vie des jeunes concernés et celle de leurs parents, souligne l’agent Pouliot. Une jeune fille dont la photo intime a circulé pourrait par exemple avoir des idées suicidaires, ou encore demander à changer d’établissement scolaire.

« Le jeune, on le considère comme une victime, et quand la poussière retombe, on veut qu’il y ait le moins de dommage possible », dit le policier.

Grand Montréal

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