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Fermeture à répétition des églises dans le Nord de la province

Le coeur de l'église avec dans le fonds des vitraux et l'autel.

La décoration de l'église de l'Assomption serait l'une des plus belles des églises de l'Ontario.

Photo : Diocèse de London

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans le nord de l'Ontario, les paroissiens d'Elliot Lake sont invités à déterminer quelle église de leur communauté sera vendue. L'église de langue anglaise Our Lady of Fatima ou l'église de langue française Sainte-Marie?

Un texte de Sophie Houle-Drapeau

Un genre de Survivor paroissial

Les paroissiens d'Elliott Lake ne sont pas les seuls à devoir composer avec la fermeture d’églises. Depuis une quinzaine d'années, au moins une douzaine d’églises ont fermé dans le nord-est de l’Ontario.

Une importance historique et culturelle

Les nombreuses fermetures d'églises catholiques contribuent à la marginalisation du fait français en Ontario, sans pour autant mettre en péril sa survie, croit l'historien Serge Dupuis. « L'Église n'est plus la principale institution d'encadrement des Franco-Ontariens ».

L'histoire de la paroisse est relatée dans le livre L'histoire d'un diocèse du nord de l'Ontario, publié aux Éditions du Signe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'histoire de la paroisse est relatée dans le livre L'histoire d'un diocèse du nord de l'Ontario, publié aux Éditions du Signes.

Photo : Frédéric Projean

La directrice générale du Réseau du patrimoine franco-ontarien est du même avis. Mais Soukaina Boutiyeb y voit la perte d'un patrimoine historique et culturel important.

Des églises fermées :

Elle ne croit toutefois pas que l'identité franco-ontarienne soit menacée. Les identités sont en constante évolution, explique-t-elle. La triade identitaire (francophone - catholique - vivant en milieu rural) n'est plus représentative de l'ensemble des francophones de l'Ontario.

Est-ce que cette triade identitaire est la stricte définition d'un Franco-Ontarien aujourd'hui? Non. Est-ce qu'elle définit encore plusieurs Franco-Ontariens? Oui.

Soukaina Boutiyeb, directrice générale du Réseau du patrimoine franco-ontarien

La foi et la langue en Ontario

La langue française au Canada a toujours été intimement liée à la religion catholique. La perception de l'Église comme un lieu de pouvoir pour la préservation de langue est restée bien ancrée en Ontario, et ce même si son influence politique a faibli au fil du temps, explique Serge Dupuis.

Cette idée que la foi est gardienne de la langue persiste.

Serge Dupuis, historien et membre associé de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord

Au tournant des années 1960, les Québécois découvrent le pouvoir de l'état provincial avec la Révolution tranquille. L'une des priorités du gouvernement libéral de Jean Lesage est de laïciser les institutions. L'église perd donc progressivement son poids politique.

Dans les milieux linguistiques minoritaires, ce déclin du poids politique de l'église est plus lent, souligne l'historien. Un vent de laïcisation souffle aussi à cette époque sur les établissements de santé et et les établissements scolaires ontariens, tient à préciser Serge Dupuis.

La dernière messe sera célébrée à l'église Saint-Mathieu à la fin du mois de novembre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La dernière messe sera célébrée à l'église Saint-Mathieu à la fin du mois de novembre.

Photo : L'Histoire d'un diocèse du Nord de l'Ontario

L'Église catholique détient toujours un certain un poids politique en Ontario, selon l’historien franco-ontarien. Le fait que les écoles catholiques soient financées dans des proportions équivalentes aux écoles publiques est un reflet de ce rapport de force.

Protéger le patrimoine

En contrepartie, l'Église catholique n'a aucun pouvoir d'attraction sur le gouvernement provincial quant à la protection de son patrimoine mémoriel et architectural, affirme Serge Dupuis.

Il croit que certains sites religieux auraient dû être sauvés, comme l'orphelinat d'Youville à Sudbury (démoli en 2005) et l'Église Sacré-Coeur de Sturgeon Falls (démolie en 2015).

Serge Dupuis privilégie la création d'un fonds provincial pour la sauvegarde de certains sites religieux de l'Ontario français.

Des bancs dans une église.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des bancs dans une église.

Photo : iStock

La sauvegarde du patrimoine franco-ontarien ne peut pas reposer que sur la communauté, estime la directrice générale du Réseau du patrimoine franco-ontarien.

Le patrimoine bâti religieux franco-ontarien doit être protégé.

Soukaina Boutiyeb, directrice générale du Réseau du patrimoine franco-ontarien

Selon Soukaina Boutiyeb, il est temps de penser à des alternatives pour mettre de l'avant le patrimoine franco-ontarien. Elle croit que les lieux sacrés pourraient aussi remplir une fonction complémentaire, comme celle d'un musée.

Elle prône la mise sur pied d'un conseil du patrimoine religieux comme celui qui existe au Québec.

Les fermetures en détails :

  • en septembre 2004, le diocèse de Timmins entame une restructuration de ses paroisses et ferme au total cinq églises. Les paroissiens francophones de Notre-dame-du-Perpétuel-Secours et ceux de Notre-Dame-de-Lourdes sont alors regroupés pour former la paroisse Notre-Dame-de-la-Paix. Les fidèles francophones de Saint-Jude sont déplacés vers l'église catholique de langue anglaise de Saint-Joachim;
  • au tournant de 2010, c'est autour du diocèse de Sault-Sainte-Marie de fermer cinq églises. Trois églises de langue anglaise à Sault-Sainte-Marie sont vendues. Les églises de langue française Saint-Ignace et Sainte-Croix avaient déjà été fusionnées pour devenir la paroisse Sainte-Marie du Sault à la fin des années 1990;
  • en décembre 2010, deux églises de langue française célèbrent leur dernière messe. L'église La Résurrection à Sturgeon Falls, dont la paroisse est fusionnée avec celle de Sacré-Coeur ainsi que l'église Saints-Anges à North Bay dont la paroisse est fusionnée avec celle de Saint-Vincent-de-Paul;
  • la même année sur la route 11, le diocèse de Hearst vend l'église Sainte-Rita et son presbytère dans la communauté de Val-Rita;
  • puis, un an plus tard, le diocèse met la clé sous la porte de l'Église Saint-Stanislas, dans la communauté de Harty;
  • dans le diocèse de Sault-Sainte-Marie, la paroisse bilingue Saint-Mathieu de Wahnapitae, dans le Grand Sudbury, subit le même sort à l'automne 2016.

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