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Les Jeux autochtones de l'Amérique du Nord, pour le sport et la culture

L’équipe Porte de l’Est et du Nord qui participera à la neuvième édition des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord du 16 au 23 juillet est partie de Kahnawake vers Toronto.
Des jeunes de l'Équipe Porte de l'Est et du Nord avant leur départ pour Toronto Photo: Équipe Porte de l'Est et du Nord
Radio-Canada

L'équipe Porte de l'Est et du Nord (PEN) qui participera à la neuvième édition des Jeux autochtones de l'Amérique du Nord du 16 au 23 juillet est partie de Kahnawake vers Toronto samedi matin. Jamais le Québec n'avait envoyé une délégation aussi considérable à cet événement dont la vocation dépasse largement le cadre sportif.

Un texte d’Olivier Tremblay

À six occasions, ces Jeux ont eu lieu au Canada. Mais c’est la première fois que l’Est du pays accueille la compétition.

L’équipe PEN, qui représente les collectivités autochtones du Québec, en profite pleinement. La courte distance a permis à quelque 370 personnes, dont près de 300 athlètes, de se joindre à la délégation.

« L’ensemble des chefs des Premières Nations du Québec et du Labrador ont décidé de confier l’organisation à leur Commission de la santé et des services sociaux, explique Éric Cardinal, conseiller principal au cabinet National et membre de la délégation. L’équipe n’avait jamais été aussi bien organisée. Ce sera une belle aventure pour les jeunes qui s’en vont à Toronto. »

Départ de l'équipe PEN pour les Jeux autochtones de l'Amérique du Nord à Toronto

La préparation a posé certains défis. Chaque collectivité a amassé des fonds pour ses athlètes afin qu’ils puissent récolter les fruits de leur entraînement dans 14 disciplines, du badminton à la natation en passant par la crosse et le golf.

« Nos athlètes représentent toutes les collectivités de la province, souligne Steven Bonspille, gérant de l’équipe d’athlétisme. Imaginez l’équipe de volleyball : elle doit s’entraîner beaucoup, mais les joueurs viennent de Pessamit, de Sept-Îles, de Kahnawake, d’Akwesasne. C’est tout un défi pour les entraîneurs. »

« Certaines équipes n’ont pas eu la chance de s’entraîner ensemble encore, précise Cardinal. Elles le feront une fois arrivées à Toronto. »

Du bout des lèvres, Lylee Horn dit viser l’or au soccer avec sa sœur Melody. Mais dans l'absolu, les objectifs sont tout autres.

« Nous allons représenter notre culture tout en pratiquant le sport sur lequel nous travaillons depuis plusieurs années, souligne Melody. C’est vraiment important pour nous d’aller présenter qui nous sommes. »

Départ de l'équipe PEN pour les Jeux autochtones de l'Amérique du Nord à Toronto

« Nous sommes des Autochtones fortes, ajoute Lylee. Par le passé, notre peuple a été opprimé, mais nous voulons montrer que nous pouvons surmonter les épreuves. »

Le comité organisateur de ces Jeux a justement adopté le thème de la réconciliation en s’appropriant le 88e appel à l’action de la Commission de vérité et de réconciliation, qui demande au Canada d’appuyer les sports autochtones.

Au-delà des compétitions, les Jeux proposent aussi un grand rassemblement culturel. Un festival et une foire autochtone sont prévus du 17 au 21 juillet sur les campus des universités York et McMaster.

« Les Jeux, c’est un échange entre toutes les Premières Nations, se réjouit Bonspille. Elles discutent de leur vision du monde, de leur culture. C’est une belle chance pour nos jeunes de se faire des amis d'ailleurs en Amérique du Nord. »

Plus de 5000 jeunes Autochtones de partout sur le continent participeront aux Jeux. L’occasion est remarquable, et les collectivités locales ont embrassé le projet.

« Un sentiment d’appartenance s’est créé au fil du temps autour de l’équipe PEN, indique Éric Cardinal. C’est très beau à voir. Aujourd’hui, beaucoup de parents suivront leurs jeunes en auto jusqu’à Toronto. On sent beaucoup de fébrilité. Et une fois là-bas, on sentira beaucoup de fierté. »

« Ça représente le monde pour moi », dira même Noah-Francis, le fils de Steven Bonspille, qui nomme avec enthousiasme les quatre épreuves auxquelles il participera en athlétisme.

Il dit s’être entraîné presque chaque jour. Mais son objectif n’a rien à voir avec les résultats.

« Avoir du plaisir. C’est rien que ça, le but. »

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