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De l’École Joseph-Moreau à l’Université South Florida

Le confinement à domicile fait perdre aux jeunes plusieurs liens sociaux. Un reportage de Rose St-Pierre.

Radio-Canada

Yasmine Hall a toujours rêvé de jouer au soccer au sein de la ligue universitaire américaine, la NCAA. Selon elle, c'est la meilleure du monde. Celle qui a déjà joué pour les Panthères de l'École Joseph-Moreau porte maintenant les couleurs des Bulls de l'Université South Florida, une équipe de première division.

Un texte de Patrick Henri

La passion du soccer, Yasmine Hall l’a ressentie dès la première fois qu'elle a touché au ballon rond. Elle avait alors 4 ans.

Dotée d’un esprit plus compétitif que ses coéquipières, elle a rapidement été placée dans une équipe de garçons. Peu de temps après, elle a compris qu’elle voulait jouer au soccer pour le reste de sa vie.

Le soccer : pas une affaire de famille

Comme bien des parents, Dennis et Nathalie Hall ont inscrit leur aînée au soccer afin de lui permettre d’essayer ce sport, même si eux-mêmes n’avaient jamais joué et que Nathalie le détestait.

Quinze ans plus tard, ils sont presque devenus des experts et assistent aux plus de matchs possible quand Yasmine est sur le terrain.

Les sœurs de Yasmine n’ont pas la même passion qu’elle pour le soccer. Alexanne joue, pour le plaisir, avec les Panthères de l’École Joseph-Moreau, alors que Mikayla, qui amorcera la quatrième année à l’École Sainte-Jeanne d’Arc en septembre, a déjà abandonné le soccer au profit de la gymnastique et du théâtre.

Ceinture noire

Yasmine croit que, si elle se démarque des autres en jouant au soccer, c’est en raison des qualités athlétiques qu’elle a acquises en pratiquant d’autres sports.

J’ai fait du taekwondo. J’ai eu ma ceinture noire à l’âge de 10 ans, ça a aidé mon jeu physique sur le terrain.

Yasmine Hall

Yasmine a également pratiqué l’athlétisme. Elle pense que les techniques qu’elle a apprises pour les sprints et les sauts lui ont permis de battre des joueuses plus âgées sur le terrain de soccer.

Le soccer, la passion de Yasmine Hall

Pas de magie

Le rêve de Yasmine de se retrouver au sein d’une équipe de la NCAA ne s’est pas réalisé par magie.

À 13 ans, elle a été recrutée par l’équipe provinciale de l'Alberta. Elle est ensuite passée par le Centre de développement régional du FC Edmonton, qui a pour mission de préparer des joueuses pour l’équipe nationale canadienne.

Comme les recruteurs des universités américaines préfèrent se rendre à Toronto et à Vancouver, Yasmine et son père ont préparé une vidéo afin de démontrer les aptitudes de la jeune joueuse.

Cette vidéo a été envoyée dans plusieurs universités et a permis à Yasmine d’être invitée dans un camp de recrutement, auquel assistaient les entraîneurs de plusieurs universités.

J’ai reçu des offres de plusieurs universités, j’ai visité quelques campus. Ma visite à l’Université South Florida m’a convaincue que c’est là que je devais aller.

Yasmine Hall

La bourse d’études qu’elle reçoit de l’université pour jouer au soccer ne couvre pas l’ensemble des frais de scolarité de Yasmine, qui poursuit des études en science biomédicale.

Comme elle est aussi très douée en classe, elle a reçu d’autres bourses, qui, non seulement couvrent presque tous ses frais, mais permettent aussi à son équipe d’utiliser la portion de bourse restante pour attirer d’autres joueuses de talent.

Dennis Hall, le père de Yasmine, explique le rôle que joue la famille dans le développement de la carrière de la joueuse de soccer

De panthère à taureau

Avant d’être un taureau (les équipes sportives de l’Université South Florida se nomment les Bulls) Yasmine a été une panthère.

De la septième à la neuvième année, elle a représenté l’École Joseph-Moreau en athlétisme et au soccer, portant fièrement les couleurs des Panthères.

On gagnait, on était super bonnes et on était super fières parce qu’on était la seule équipe francophone et qu'on jouait contre de plus grosses écoles avec plus d’élèves et qu'on les battait.

Yasmine Hall

À sa dernière année à l’École Joseph-Moreau, elle a aidé l’équipe à remporter le championnat de deuxième division de l’Association athlétique des écoles catholiques d’Edmonton.

Elle a terminé son secondaire à l’École Strathcona, où elle portait les couleurs des Lords.

La French Connexion

La saison dernière, les Bulls comptaient deux joueuses francophones dans leurs rangs : Yasmine et Évelyne Viens, une joueuse de L’Ancienne-Lorette, près de Québec.

Évelyne est la joueuse vedette de la formation. Elle a inscrit 16 buts en 19 matchs, un sommet chez les recrues de la NCAA.

Sur le terrain, je parle toujours en français avec Évelyne. Quand elle est arrivée, elle ne parlait pas anglais du tout. Je l’ai beaucoup aidée. On est maintenant les meilleures amies.

Yasmine Hall

Le bilinguisme de Yasmine lui a aussi servi lors de la visite de joueuses recrutées par les Bulls.

C’est elle qui a accueilli Fanny Pelletier-Laroche, l'une des deux nouvelles recrues québécoises pour la prochaine saison, durant sa visite de l’université.

« Avoir quatre francophones au sein de l’équipe, ce sera vraiment amusant », affirme celle qui s’apprête à amorcer sa deuxième saison à Tampa.

La soeur de Yasmine, Mikayla, n'a pas la même passion pour le soccer.

Rêve olympique

Yasmine a participé à 17 des 20 matchs de son équipe la saison dernière. Elle a joué durant 745 minutes au total, sois une moyenne de 44 minutes par rencontre.

Recrutée comme attaquante, elle est devenue défenseure en raison de l’abondance d’attaquantes au sein de l’équipe. Elle n’a pas marqué, mais elle a récolté trois mentions d’aide.

Elle s’attend à jouer un rôle plus important sur le terrain cette saison.

Elle espère aussi se faire remarquer par l’équipe nationale du Canada. Si elle connaît une bonne saison, elle pourra compter sur son entraîneuse, Denise Schilte-Brown, une Canadienne qui entretient de bonnes relations avec Soccer Canada.

« Le Canada recrute les filles de plus en plus jeunes, mais je sais qu’il n’est pas trop tard pour moi et que je peux encore réussir à les convaincre de m’inviter à un camp », explique Yasmine Hall.

Après avoir réalisé son rêve de jouer au sein de la première division de la NCAA, elle caresse maintenant le rêve de participer aux Jeux olympiques.

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Alberta

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