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Peu de travailleurs gaspésiens pour la cueillette des fraises

Fraises
Fraises Photo: Radio-Canada / Brigitte Dubé
Radio-Canada

La pénurie de main-d'oeuvre agricole frappe durement la Ferme Bourdages Tradition, à Saint-Siméon. Le copropriétaire Pierre Bourdages comble partiellement les besoins grâce à des travailleurs mexicains, mais déplore la quasi-absence des Gaspésiens.

Un texte de Brigitte Dubé

Il craint de perdre une partie de sa récolte de fraises par manque de cueilleurs.

Actuellement, 30 travailleurs sont à l’oeuvre, dont 20 Mexicains. Il en faudrait le double, selon M. Bourdages. En 2016, il y avait seulement huit Mexicains sur une équipe d’une cinquantaine de personnes.

On ne voit pas nos Gaspésiens. J’ai placé des publicités partout. Où sont nos travailleurs? Où est notre coeur en Gaspésie? Je suis abasourdi!

Pierre Bourdages, PDG et copropriétaire, Ferme Bourdages Tradition

Monsieur Bourdages admet que le travail est exigeant. Il précise qu'il faut faire le travail au moins une semaine, le temps que le corps s'adapte. Toutefois, il affirme que le travail est rémunérateur et que les cueilleurs ont la possibilité de se qualifier pour quelques semaines au moins à l’assurance emploi.

Il dit aussi avoir modifié sa politique de rémunération en accordant un salaire de base et des bonus au rendement.

Pierre Bourdages se défend de dire que les Mexicains sont plus vaillants que les Gaspésiens, mais se fait critique quand il parle du système québécois où ceux qui ont recours à l’aide sociale et qui veulent améliorer leur sort sont pénalisés par des coupes sur leur chèque mensuel.

Le système gouvernemental, quel qu’il soit, est-il adéquat pour favoriser le travail des gens dans une région où le taux de chômage est aussi élevé?

Pierre Bourdages, PDG et copropriétaire, Ferme Bourdages Tradition

Il réclame plus de souplesse. « Moi, je donnerais une chance aux travailleurs locaux, ajoute-t-il. Je n’irais pas couper un chèque, mais j’essaierais de favoriser leur insertion dans la société par le travail. C’est aberrant qu’on fasse travailler des gens de l’extérieur; de l’argent qui s’en va au Mexique, mais qui pourrait circuler en Gaspésie. »

Les champs de fraises de la Ferme BourdagesLes champs de fraises de la Ferme Bourdages Photo : page Facebook ferme Bourdages

Pierre Bourdages s’inquiète pour l'avenir. « Si personne ne veut plus ramasser nos fruits et nos légumes, est-ce qu’on va continuer à cultiver au Québec? »

Même situation ailleurs au Québec

La situation est la même partout au Québec, rappelle le porte-parole de l’Union des producteurs agricoles, Patrice Juneau. Il admet que le travail est difficile, mais indique qu’il faudrait valoriser davantage le métier. Il ajoute que l’accès aux travailleurs étrangers devrait être facilité.

Selon une étude publiée l’an dernier par le Conference Board pour l’UPA :

  • Un emploi sur 12 est vacant dans le secteur agricole comparativement à un sur 36 dans les autres domaines.
  • Ces emplois vacants ont coûté à l’industrie 116 M$ en pertes de ventes au Québec, soit 1,4 % des ventes totales.
  • Il y a 10 000 travailleurs étrangers temporaires dans le secteur agricole au Québec.
  • Quelque 11 % des employeurs ont déclaré avoir dû reporter ou annuler des plans d’expansion en raison des emplois vacants.
  • Près des trois quarts des producteurs éprouvent des difficultés à attirer des jeunes.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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