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Des membres d'une Première Nation refusent l'évacuation malgré la menace des feux

Joe Alphonse, chef de la Première Nation Tl'etinqox de la C.-B.
Joe Alphonse, chef de la Première Nation Tl'etinqox de la C.-B. Photo: CBC
Radio-Canada

Des membres de la communauté autochtone Tl'etinqox, non loin de Williams Lake, en Colombie-Britannique, ont fait savoir qu'ils ne partiraient pas, malgré l'avis d'évacuation qui touche la région et le fait que les autorités demandent à ce que les mesures de sécurité soient respectées.

Un texte de Noémie Moukanda

Dimanche, Joe Alphonse, le chef de la Première Nation Tl'etinqox, située dans la réserve d'Anaham, a annoncé que certains des membres de la communauté ne quitteraient pas les lieux et qu'ils combattraient les flammes. La communauté n'est pas loin de la zone des feux de forêt Hancevilla, où de nombreux incendies couvrent maintenant une superficie de 10 000 hectares. À son flanc sud-est, le feu de Gustafsen a déjà consumé 5000 hectares de forêt.

Joe Alphonse maintient sa volonté de protéger sa réserve, sa terre, comme les Premières Nations le font depuis des générations.

Nous allons nous battre pour notre territoire.

Joe Alphonse, chef de la Première Nation Tl'etinqox

Le chef dit préférer lutter contre les feux plutôt que de laisser quelqu'un d'autre le faire, bien que sa communauté et lui sont reconnaissants des efforts déployés par les pompiers. Mardi, environ 300 membres, c'est-à-dire un peu moins du tiers de la communauté, étaient encore sur place.

Le grand chef de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, Stewart Phillip, salue et soutien cette décision. Dans un communiqué, Stewart Phillip déclare que « les peuples autochtones ont le droit fondamental de prendre des décisions concernant la protection et la défense de la sécurité, de la santé et du bien-être des membres de notre communauté, du logement et des infrastructures communautaires ».

Si et lorsque les maisons et les infrastructures de la bande sont détruites dans ces incendies, il faudra des années pour reconstruire et nous craignons que, comme dans de nombreux cas, les maisons et les infrastructures ne soient jamais construites.

Stewart Phillip, grand chef de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique

Un bras de fer avec les autorités

Les esprits se sont échauffés dimanche lorsque la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a demandé à la communauté Tl'etinqox d'évacuer les lieux. Joe Alphonse raconte que la GRC a menacé sa communauté « d'appeler le ministère de l'Enfance » et que les enfants allaient « être retirés ».

La sergente Linteau clarifie ces propos en disant que « si une personne est apte à prendre ses propres décisions et qu'elle est âgée de plus de 19 ans, nous ne la forcerons pas à quitter sa maison ». La porte-parole de la GRC ajoute que s'il s'agit de mineurs, « c'est dans sa mission de les protéger et ils pourraient être retirés de la propriété où ils se trouvent ».

Je peux confirmer aujourd'hui qu'aucun enfant n'a été enlevé par la GRC.

Sergente Annie Linteau, porte-parole de la GRC

Le fait que la GRC s'est rendue dans des réserves autochtones pour demander à leurs membres d'être prêts à évacuer ne fait que partie de la mission des policiers, selon la sergente Linteau.

Notre responsabilité est d'avertir le grand public qu'il y a eu un ordre d'évacuation, de l'informer des risques encourus en restant.

Sergente Annie Linteau, porte-parole de la GRC

Mercredi, Robert Turner, le vice-ministre chargé des services d'urgence de la Colombie-Britannique, a confirmé que les Premières Nations ont l'autorité nécessaire pour publier leurs propres avis et ordres d'évacuation, pour ce qui est de leur territoire. Par ailleurs, Annie Linteau assure que des policiers de la GRC des Premières Nations continuent de dialoguer avec la communauté.

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