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Pilule abortive gratuite : les Saskatchewanaises toujours dans l’inconnu

Le Mifegymiso, mieux connu sous le nom de pilule abortive RU-486.

Le Mifegymiso, mieux connu sous le nom de pilule abortive RU-486.

Photo : Charlie Neibergall

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Trois mois après que plusieurs provinces ont annoncé leur volonté d'offrir la pilule abortive Mifegymiso sans frais, les Saskatchewanaises ne savent pas si elles pourront un jour y avoir accès gratuitement. Ce médicament, conçu pour provoquer un avortement jusqu'à sept semaines de grossesse, a été approuvé par Santé Canada en 2015.

Un reportage de Dominique Brunet-Vaudrin

Le gouvernement de la Saskatchewan affirme qu’il évalue toujours la possibilité d’ajouter la pilule abortive, connue sous le nom RU-86, à sa liste de médicaments remboursés par l’assurance maladie. « Nous prévoyons faire du progrès dans ce dossier ou même prendre une décision d’ici la fin de l’été », explique dans un courriel Shirley Xie, une porte-parole du ministère de la Santé.

Elle ajoute que les directives données par Santé Canada pour administrer ce médicament rendent la prise de décision plus complexe. L’organisation exige notamment qu'un médecin remette en main propre la pilule et qu'il discute avec la patiente des risques qui y sont liés. Rien n'oblige toutefois cette dernière à l'avaler devant le médecin.

Un accès inégal

Action Canada pour la santé et les droits sexuels estime que toutes les Canadiennes devraient avoir accès gratuitement à la Mifegymiso. L’agente aux informations sur la santé de l'organisme Frédérique Chabot ajoute que cette pilule augmenterait l’accès à l’avortement dans les régions éloignées.

« L’avortement médical est une intervention possible pour améliorer l’accès à celles qui se trouvent plus loin des hôpitaux ou des cliniques. »

— Une citation de  Frédérique Chabot, agente aux informations sur la santé, Action Canada pour la santé et les droits sexuels

Jusqu’à présent, seulement l’Alberta, l’Ontario, le Québec ainsi que le Nouveau-Brunswick se sont engagés à offrir ce médicament sans frais. Alors qu’il est disponible gratuitement au Nouveau-Brunswick depuis quelques jours, le Québec vient d’annoncer qu’il le sera sur son territoire dès cet automne.

Frédérique Chabot d'Action Canada pour la santé et les droits sexuelsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Frédérique Chabot d'Action Canada pour la santé et les droits sexuels

Photo : Radio-Canada

En ce moment, la pilule est disponible en Saskatchewan, mais les femmes qui désirent y avoir recours doivent payer. Selon Frédérique Chabot, elle coûte entre 300 et 450 $.

« On n’a rien entendu de la part de la Saskatchewan en ce qui a trait à leur intérêt à joindre les provinces qui ont promis la couverture universelle pour leurs résidents », note-t-elle. « On sait que la province a souvent pris des décisions qui ont compromis l’accès à l’avortement. C’est un endroit où l’accès à l’avortement est difficile. »

Des risques peu connus

De son côté, la présidente de l’Association pro-vie de la Saskatchewan, Colette Stang, souligne qu'offrir gratuitement la pilule abortive pour améliorer l’accessibilité à l’avortement en milieu rural n’est pas un argument valable.

« Les femmes devraient être auprès d’un médecin [quand elles se font avorter] et non pas recevoir une pilule avant de retourner à la maison pour subir cette procédure toute seule », soutient-elle.

Colette Stang estime que les femmes ne sont pas bien informées des risques encourus par la prise de la pilule abortive, qu’elle juge non négligeables. « Il semble que le droit à l’avortement soit plus important que le droit d’être complètement informées [des risques]. J’estime que ça doit changer », souligne-t-elle.

La présidente de l’Association pro-vie de la Saskatchewan espère que le gouvernement ne financera pas la pilule abortive. Son organisation prévoit d'ailleurs envoyer une déclaration au gouvernement pour faire valoir son point de vue. Mme Stang invite également les habitants qui pensent la même chose à contacter leur député.

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