•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réouverture du phare de Cap-des-Rosiers

Le phare a un urgent besoin de réparations
Le phare a un urgent besoin de réparations Photo: Radio-Canada

Le phare de Cap-des-Rosiers pourra finalement reprendre sa saison interrompue par des travaux d'urgence et des tests sur la qualité de l'air.

Un texte de Joane Bérubé

C'est d'autant plus une bonne nouvelle pour les membres du Site historique maritime de Cap-des-Rosiers que cette réouverture se fera lors de la Journée québécoise des phares. L'accès au site et les visites guidées seront d'ailleurs gratuits pour la journée.

Le site était toujours ouvert au public et les guides étaient disponibles pour raconter l’histoire du plus haut phare du pays, mais les visites dans la tour du phare étaient suspendues depuis le 28 juin.

Un rapport réalisé à la suite d’une inspection survenue en septembre dernier et déposé par Pêches et Océans Canada au début de la saison touristique exigeait alors la réalisation de travaux urgents pour assurer la sécurité des visiteurs. Ces travaux, évalués à 10 000 $, ont été réalisés du 29 juin au 7 juillet.

Après avoir observé des moisissures dans la tour qui mène au haut du phare, Pêches et Océans avait exigé vendredi que des analyses de la qualité de l'air soient effectuées avant de rouvrir le phare au public. Ces analyses ont été réalisées lundi dernier.

Selon le président du Site historique maritime de Cap-des-Rosiers, Jean-Paul Salaün, la microbiologiste a indiqué à Pêches et Océans Canada que d’après son expérience, il n'y avait pas de problème pour que les visites puissent se poursuivre. « Sauf quelques recommandations comme de ne pas toucher aux murs pour ne pas toucher aux quelques moisissures ou lichens qui trainent sur les murs », poursuit M. Salaün.

Délaissement par Pêches et Océans Canada

Selon le dernier rapport déposé par Pêches et Océans Canada, le phare de Cap-Des-Rosiers, le plus haut au Canada, a besoin d’une restauration évaluée à 6,5 millions de dollars.

Le phare de Cap-des-Rosiers été reconnu formellement Lieu historique national du Canada le 11 juin 1973 et bâtiment fédéral du patrimoine classé le 31 mars 1994. Seulement sept phares au Canada ont obtenu ce double classement.

Jean-Pierre Salaun, président du Site historique maritime du phare de Cap-des-RosiersJean-Pierre Salaun, président du Site historique maritime du phare de Cap-des-Rosiers Photo : Radio-Canada

L’infrastructure a toutefois été jugée excédentaire par le ministère. M. Salaün se désole de constater que Pêches et Océans refuse d’investir dans le phare pour le rénover, même s’il demeure toujours en fonction.

« Pêches et Océans nous explique que les phares ne sont plus nécessaires puisqu’une lumière au bout d’un poteau métallique ferait l’affaire », relate le président du Site historique. « Dans ce cas-là, je ne vois pas pourquoi tous les phares du Canada ne sont pas jugés excédentaires », poursuit M. Salaün.

Ce dernier observe ce n’est pas du tout le cas, car certains phares de la Colombie-Britannique ou de Terre-Neuve sont très bien entretenus et disposent même de gardien. « C’est clairement deux poids, deux mesures », dit-il.

Gaspé à la rescousse du phare de Cap-des-Rosiers

Devant cette situation, la Ville de Gaspé a adopté mardi soir une résolution demandant à Pêches et Océans Canada de transférer la propriété du phare de Cap-Desrosiers à l'Agence Parcs Canada.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, a aussi été mandaté pour rencontrer les ministres fédéraux responsables du dossier. Gaspé estime qu’il est du mandat de Parcs Canada de préserver les lieux historiques du Canada comme le phare de Cap-Desrosiers.

Daniel Côté, maire de GaspéDaniel Côté, maire de Gaspé Photo : Radio-Canada / CBC

Le maire souligne d’ailleurs que le phare est situé sur un terrain jouxtant le parc national Forillon.

La proposition reçoit l’appui des principaux intervenants du dossier, indique le maire Daniel Côté.

Le président du Site historique, Jean-Paul Salaün, rappelle d’ailleurs qu’un autre phare historique, celui de Pointe-au-père, classé lieu historique, est géré par le Parc Forillon. « C’est, dit-il, dans le mandat de Parcs Canada. C’est bien écrit qu’en tant que gardien, Parcs Canada veille sur les parcs nationaux, les lieux historiques et les aires maritimes protégées. »

Revenir à la charge autrement

Le phare de Cap-des-Rosiers est menacé depuis plusieurs années.Le phare de Cap-des-Rosiers est menacé depuis plusieurs années. Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Ce n’est pas la première fois que cette proposition est envisagée. « Le son de cloche qu’on a, explique Daniel Côté, c’est qu’il ne veulent pas nécessairement acquérir de nouvelles infrastructures, ils en ont déjà plein les bras, sauf qu’il suffit qu’il y ait une décision politique et ils vont le prendre dans leur mandat, tout simplement. »

D’ici l’automne, Daniel Côté souhaite donc s’asseoir avec Mélanie Joly, ministre du Patrimoine, Dominique Leblanc, ministre des Pêches et des Océans, Catherine Mckenna, ministre de l’Environnement et de Parcs Canada ainsi qu’avec la ministre du Revenu et député de la région, Diane Lebouthillier.

« On est capable de protéger nos infrastructures historiques. Il faut prendre acte de notre patrimoine et le protéger », commente Daniel Côté qui espère rencontrer les élus fédéraux d’ici l’automne.

Je ne pense pas, comme communauté maritime du Canada atlantique, que nous ayons les moyens de perdre le plus haut phare du Canada et qu’on le laisse s’écrouler en bas du cap.

Daniel Côté, maire de Gaspé
phareLe phare de Cap-des-Rosiers été reconnu Lieu historique national du Canada en 1973 et bâtiment fédéral du patrimoine classé le 31 mars 1994. Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Le Site historique et maritime de Cap-des-Rosiers emploie sept personnes, dont quatre guides. D’ailleurs, du personnel supplémentaire a été embauché cette année en raison de ce qui s’annonce comme une excellente saison touristique.

La fermeture temporaire du phare a été vécue comme une quasi catastrophe pour les membres du petit organisme qui travaille bénévolement au maintien de l’infrastructure historique.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Économie