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Le président Donald Trump et son fil, Donald, lors d'un rassemblement en Ohio en juin 2016.

Photo : Reuters / Aaron Josefczyk

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'affaire russe continue de miner la présidence du président américain Donald Trump, qui s'est porté à la défense de son fils aîné, Donald fils. Ce dernier a avoué, mardi, avoir rencontré une avocate russe qui lui promettait des informations compromettantes au sujet de la rivale de son père, la démocrate Hillary Clinton, au cours de la dernière campagne présidentielle américaine.

« Mon fils Donald a fait du bon travail hier soir », a tweeté le président tôt mercredi en faisant référence à l'entrevue accordée par son fils à Fox News mardi soir. « Il a été ouvert, transparent et innocent », a-t-il estimé.

Le fils Trump a rendu publiques quatre pages de courriels échangés avec une avocate russe dans lesquels il mentionne qu’il « adorerait » obtenir des informations compromettantes au sujet de Mme Clinton.

Aiguillé par un intermédiaire britannique qui lui faisait miroiter « des informations de très haut niveau et sensibles » dans le cadre « du soutien de la Russie et de son gouvernement envers M. Trump », Donald Trump fils a tenté d'obtenir ces informations, révèlent les courriels rendus publics.

Le fils du président a prétendu que sa rencontre avec l’avocate, présentée comme une avocate du gouvernement russe, s’était avérée une perte de temps et qu’il n’en avait pas informé son père (Nouvelle fenêtre). Donald fils était accompagné du directeur de campagne de son père, Paul Manafort (Nouvelle fenêtre), et le conjoint de sa sœur, Jared Kushner, (Nouvelle fenêtre) devenu depuis l’un des plus proches conseillers de la Maison-Blanche.

Trump savait-il ?

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Donald Trump fils sur le plateau de Fox News, le mardi 11 juillet 2017.

Photo : Associated Press / Richard Drew

La directrice adjointe de l’Observatoire sur les États-Unis de l’UQAM, Karine Prémont, souligne que la multiplication des révélations de rencontres entre des membres de l'entourage de M. Trump et Moscou tend à démontrer qu'il y a bel et bien eu collusion.

« Il y en a eu plusieurs rencontres [avec les Russes] lorsqu’on regarde l’ensemble des membres de l’entourage de Donald Trump, rappelle celle qui est aussi professeure adjointe à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke. Jared Kushner avait rencontré les Russes, Michael Flynn, l’ancien conseiller à la sécurité nationale, et maintenant le fils aîné du président. »

« À chaque fois, on se rapproche de Donald Trump. »

— Une citation de  La directrice adjointe de l’Observatoire sur les États-Unis de l’UQAM, Karine Prémont

« Évidemment, tous les partis impliqués vont nier qu’il y avait une commande du gouvernement russe, poursuit-elle. Le fils de Donald Trump a dit qu'il avait seulement été un appât parce qu’il n’y avait rien sur Hilary Clinton. Mais, le fait même que cette rencontre ait lieu, le fait même qu’il soit allé pour obtenir des informations sur Hilary Clinton, ça confirme beaucoup de choses que l’on sait depuis un an. »

« C’est difficile à croire [que le président ne savait pas] parce que Donald Trump est quand même assez impliqué dans ce genre de décision là. Il a une équipe très réduite autour de lui : son fils, son gendre. C’est à peu près ça.

« Soit on ne lui a pas dit parce qu’on savait que ce serait compromettant pour lui, soit on lui a dit et maintenant on le protège. »

— Une citation de  La directrice adjointe de l’Observatoire sur les États-Unis de l’UQAM, Karine Prémont

« On peut les comprendre de vouloir éviter que le président des États-Unis soit impliqué, mais je trouve difficile à croire que son fil ne lui dise pas qu’il a peut-être quelque chose [sur Clinton]. Que Trump ait été au courant ou non, ça veut dire qu’il y a quelque chose-là d’assez important. »

Une chasse aux sorcières, selon Trump

« C'est la plus grande chasse aux sorcières (Nouvelle fenêtre) de l'histoire politique. Triste! »

— Une citation de  Le président américain, Donald Trump

Le président Trump s’en est pris aux médias pour cette nouvelle révélation qui s’ajoute à plusieurs autres dans le dossier de l’ingérence présumée de la Russie dans l’élection américaine. « Souvenez-vous, quand vous entendez "ont indiqué des sources" dans les faux médias, souvent ces sources sont inventées et n'existent pas », a-t-il tweeté.

Le futur chef de la police fédérale américaine, Christopher Wray, a contredit le président Trump sur ce point lors de son audition de confirmation devant le Sénat. Il a déclaré que l'enquête sur l'ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016 n'était « pas une chasse aux sorcières ».

« Je ne pense pas que le directeur Mueller soit engagé dans une chasse aux sorcières », a ajouté M. Wray, au sujet du procureur spécial chargé de l'enquête russe, Robert Mueller. Le président Trump a répété à plusieurs reprises, en faisant référence à l’enquête russe, qu’il était victime d'une « chasse aux sorcières ».

Plusieurs enquêtes sont en cours aux États-Unis au sujet d’une possible collusion entre les proches de Trump et le gouvernement russe pendant la campagne électorale. La police fédérale américaine (FBI) fait enquête, tandis que le Congrès mène une commission (Nouvelle fenêtre) pour faire lumière sur cette histoire qui continue de prendre de l’ampleur.

Bien que les proches du président prétendent que celui-ci n’a pas été mis au courant des rencontres de sa garde rapprochée – Paul Manafort et Jarod Kushner ont également eu des contacts avec les Russes – avec des dirigeants russes, les nouvelles révélations impliquent des gens de plus en plus proches du président.

« S’il y a bel et bien collusion – là ça devient de plus en plus flagrant – en principe, ce genre de chose là est passible d’une procédure de destitution parce qu’on parle de l’ingérence d’une puissance étrangère avec laquelle on a travaillé pour gagner [une élection nationale] », poursuit Mme Prémont. La directrice adjointe de l’Observatoire sur les États-Unis de l’UQAM souligne toutefois que c’est à la chambre des représentants d’initier la procédure de destitution et elle est présentement dominée par les républicains.

« Mais à un moment donné, les républicains qui sont au Sénat ou à la Chambre vont commencer à se demander s’il ne vaut pas mieux décider de se distancier de ce type-là en raison de la proximité des élections de 2018 », conclut-elle.

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Les présidents Poutine et Trump devant les médias dans l'attente de leur rencontre à huis clos.

Photo : Reuters / Carlos Barria

La Russie réclame une preuve

Dans la foulée de cette nouvelle révélation, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a demandé qu’on lui montre ne serait-ce qu’une preuve de l’implication russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016.

« J'ai appris avec surprise qu'un avocat russe, une femme, et le fils de Trump se voyaient reprocher de s'être rencontrés. Pour moi, c'est dingue », a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse en Belgique où il était en visite. « Quel problème ou quelle menace pourrait-il y avoir dans le fait de parler avec un avocat ? Je ne savais rien à ce propos, je l'ai appris à la télévision », a ajouté le chef de la diplomatie russe.

« Je ne sais rien à propos de cette histoire. Il est étonnant que des gens sérieux fassent une montagne avec un monticule. »

— Une citation de  Sergeï Lavrov

De son côté, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré que le gouvernement russe n'avait jamais été en contact avec l'avocate Natalia Vesselnitskaïa. « Nous avons déjà dit que nous n'étions absolument pas au courant de cette histoire, a poursuivi M. Peskov. Nous n'avons jamais été en contact avec cette juriste. [...] Elle n'a absolument rien à voir avec nous. »

Donald Trump, président des États-Unis  
Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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