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La plus grande firme comptable du Québec s'intéresse aux cryptomonnaies

Une pile de jetons de la monnaie virtuelle bitcoin
Une pile de jetons de la monnaie virtuelle bitcoin Photo: Getty Images / George Frey
Radio-Canada

Raymond Chabot Grant Thornton s'associe à trois jeunes entrepreneurs québécois pour créer un « centre d'expertise » destiné à développer l'utilisation des technologies entourant les cryptomonnaies.

Un texte de Bahador Zabihiyan

Les cryptomonnaies, comme le bitcoin, ont souvent mauvaise presse. Elles sont utilisées par les pirates informatiques, leurs cours sont volatils et aucune autorité centrale ne les contrôle.

Mais la plus importante firme de comptables du Québec, Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), estime que la technologie derrière ces monnaies virtuelles bouleversera le métier de comptable. Si bien que l’entreprise a décidé de créer un « centre d’expertise » pour développer l’utilisation des cryptomonnaies.

« Un des objectifs les plus importants est de mettre en place, ici à Montréal, un centre d’expertise […] de calibre international », dit Louis Roy, associé à RCGT.

Les cryptomonnaies, que ce soit le bitcoin ou l’ethereum, utilisent une technologie appelée « chaîne de blocs ». Il s’agit d’une base de données publique distribuée et sécurisée, dans laquelle sont stockées chronologiquement toutes les transactions. Ce registre permet donc de retracer toutes les transactions, et est très difficilement falsifiable.

À terme, Louis Roy pense que le métier d’auditeur risque de changer. « Peut-être à moyen terme, indique-t-il. La question peut se poser : "est-ce qu’on a besoin d’un audit pour valider les transactions?" »

« Avec la technologie du bitcoin, […] on peut pour la première fois faire le transfert d’un élément numérique sans en garder la possession », résume M. Roy, ajoutant qu'avec le transfert d'un fichier mp3, par exemple, la copie originale était plutôt conservée.

Photo : Radio-Canada

Qu’est-ce qu’une cryptomonnaie?

Les monnaies virtuelles, ou cryptomonnaies, ressemblent à de la monnaie, mais n’en possèdent pas tous les attributs. Elles n’ont pas cours légal, même si, dans certains cas, les transactions peuvent se régler avec une autre monnaie (par exemple, en dollars américains) à la suite d’une entente entre les deux parties.

Source : Autorité des marchés financiers

Raymond Chabot Grant Thornton et le savoir-faire montréalais

RCGT s’allie notamment à l'entreprise en démarrage Catallaxy, créée par l’entrepreneur québécois Jonathan Hamel. Ce dernier est conscient qu’il reste du chemin à faire pour que l’usage des cryptomonnaies se généralise. Mais il estime que le potentiel est énorme derrière la technologie.

Je compare un petit peu aux premières années d’Internet […], où on entendait beaucoup de mauvaises choses sur du contenu illicite. On s’est rendu compte qu’Internet, pour la plupart des entreprises et des organisations, ça a créé beaucoup de valeur.

Jonathan Hamel, président de Catallaxy

Choc culturel

Il y a eu un certain choc culturel lors des premières rencontres entre la firme comptable montréalaise et M. Hamel et son équipe, issue du monde des entreprises en démarrage. « Il y a un an, vous m’auriez dit que je me joindrais à une firme comme Raymond Chabot, je ne l’aurais jamais cru! », confie M. Hamel. Le centre d’expertise comptera une équipe de 15 personnes.

Son budget est confidentiel, mais il s’élève à plusieurs millions de dollars. « Une partie de la mission est de faire venir l’expertise à Montréal », dit Francis Pouliot, de Catallaxy, qui cherche à débaucher des experts en cryptomonnaie à l’international.

L’équipe de Catallaxy souhaite installer ses futurs bureaux au Vieux-Port, car le quartier était jadis un haut lieu de l’industrie bancaire, celle-là même que les entrepreneurs du domaine des cryptomonnaies espèrent changer.

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