•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Près du tiers des aînés albertains en soins de longue durée n’en ont pas besoin

Une personne âgée, dont on ne voit que les mains, boit un café d'une tasse en procelaine.
30 % des aînés albertains placés en soins de longue durée pourraient être à la maison, selon un récente étude de l'ICIS. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

En Alberta, 30 % des aînés admis en soins en hébergement auraient pu rester dans leurs domiciles, selon une étude de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS). Il s'agit du deuxième taux d'aînés dans cette situation le plus élevé au pays, après le Manitoba.

Un texte d'Emma Hautecoeur

Le rapport de l'ICIS parle de la pression toujours grandissante qu’exerce le passage à la retraite des millions de baby-boomers sur le système de santé canadien. Le fait est, selon Yannick Freychet, le directeur de la Fédération des aînés franco-albertains (FAFA), que cette cohorte, qui s’est émancipée dans les années 50, souhaite à tout prix garder son indépendance en demeurant à domicile.

Ces gens-là ne sont pas prêts à vieillir en institution. Il faut qu’en tant que société, on tienne compte de leur désir.

Yannick Freychet, directeur de la Fédération des aînés franco-albertains

Selon l’étude menée sur une durée de trois ans dans 35 régions du Canada, de la Colombie-Britannique à l’Ontario, une personne sur cinq admise en soins en hébergement démontre un besoin faible en services de soins de longue durée et pourrait rester chez elle avec les soutiens appropriés.

La protectrice des aînés de l’Alberta, Sheree Kwong See, dont le rôle a été créé par la province en 2016, dit entendre que les services à domicile sont insuffisants et inadéquats.

Ceci expliquerait pourquoi beaucoup d'aînés se retrouvent hébergés dans des centres de soins de longue durée alors qu'ils auraient préféré rester chez eux. « Parfois, des patients, surtout ceux qui sont référés par un hôpital, se retrouvent en centre de soins de longue durée alors que ce n’est pas tout à fait le type de soins dont ils ont besoin », consent Sheree Kwong See.

Portrait de Sheree Kwong See sur fond flouSheree Kwong See est la première protectrice des aînés de l'Alberta, nommée en septembre 2016 Photo : Seniors Advocate of Alberta

Problème à l'évaluation

Selon la présidente de l’organisme Elders Advocate Alberta, Ruth Adria, la source du problème n’est pas l’absence de soutien, mais une évaluation trop souvent erronée : « Dans de nombreux cas, même si l’aîné possède le soutien nécessaire à la maison, on ne l’autorise pas à rentrer chez lui ».

À son avis, si la situation n’est pas idéale à domicile, elle ne fait qu’empirer une fois le patient placé en hébergement.

Presque 100 % des personnes âgées en soins en hébergement ont une déficience cognitive ou fonctionnelle et 67 % d'entre elles ont reçu un diagnostic de démence, toujours selon l’ICIS.

Ruth Adria pense que ces données reflètent la situation de stress immense à laquelle sont soumises les personnes âgées placées en hébergement ou maintenues longtemps en milieu hospitalier. « Lorsqu’un aîné est placé, sa santé peut s’aggraver très rapidement », dit-elle.

Des services à domicile insuffisants

Bien entendu, les services à domiciles souffrent de sous-financement, en Alberta comme ailleurs, maintient la militante pour les droits des aînés. Et le manque à gagner ne touche pas seulement les soins médicaux, selon le directeur de la FAFA. « On soigne, mais on ne prévient pas, dit Yannick Freychet. On regrette vraiment qu’il n’y ait pas plus d’investissements qui sont faits en amont pour aider les gens à vivre dans de bonnes conditions chez eux. »

Dans sa stratégie provinciale sur le logement abordable, présentée fin-juin, le gouvernement albertain dit vouloir aider les aînés à vieillir dans leur communauté en investissant dans la rénovation de plusieurs résidences pour personnes âgées dans la province. Par ailleurs, depuis sa création en janvier 2016, la province reçoit une dizaine de demandes par semaine pour son programme de subvention qui permet aux personnes âgées à mobilité réduite de rénover leur domicile en conséquence.

Il faut cependant repenser le modèle de soins à domicile, selon la protectrice des aînés, qui affirme que la province travaille à un modèle de soins à domicile complet et novateur, comprenant entre autres, de l'aide aux aidants naturels.

Alberta

Société