•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les Canadiens réticents à dénoncer les agressions sexuelles

Une femme

La majorité des victimes d'agression sexuelle sont des femmes (87 %).

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Canadiens ont déclaré avoir subi plus de 635 000 agressions sexuelles en 2014, selon l'Enquête sociale générale sur la sécurité des Canadiens, et la grande majorité des victimes (87 %) de ces agressions autodéclarées étaient des femmes, alors que la quasi-totalité (94 %) des auteurs de ces violences était des hommes.

Bien que les deux autres types de crimes violents recensés par l’ESG – les vols qualifiés et les voies de fait – ont diminué respectivement de 39 % et de 35 % au cours des 10 années précédentes, le taux d’agressions sexuelles est demeuré stable à 22 agressions par tranche de 1000 Canadiens.

La police tenue à l’écart

De plus, en dépit d’un taux d’agressions sexuelles stable, le nombre de dénonciations aux services de police a chuté de 20 % au cours de la même période (2004-2014). Une seule personne sur 20 a signalé son agression sexuelle aux services de police en 2014, une tendance stable au cours de la période.

La tendance à considérer le délit comme anodin, ne méritant pas d’être signalé à la police, est la raison la plus souvent évoquée (71 %) pour expliquer l’absence de plainte. Les victimes ont également tendance à considérer comme de nature privée ou personnelle (63 %) ce type de crime et il privilégie le règlement de la situation de façon informelle.

Les victimes banalisent aussi le délit en prétendant que personne n’a été blessé au cours de l’événement (63 %).

Les victimes sont également réticentes au simple fait de communiquer avec des policiers (45 %) et elles sont également nombreuses (43 %) à estimer que la police aurait jugé l’incident anodin (43 %). Le manque de preuve (43 %) et l’impression que l’agresseur n’aurait pas été puni de façon adéquate à la fin du processus judiciaire (40 %) sont également des raisons invoquées par les victimes pour expliquer l’absence de dénonciation.

Nature des agressions :

  • Attouchements sexuels – 71 %
  • Attaques de nature sexuelle – 20 %
  • Activité sexuelle sans consentement – 9 %

Définition des agressions sexuelles selon l’ESG :

  • Attaque de nature sexuelle : forcer ou tenter de forcer quelqu’un à avoir une activité sexuelle non désirée en menaçant, en maintenant en place ou en brutalisant une personne.
  • Attouchements sexuels non désirés : se livrer à des attouchements sexuels non désirés : toucher, empoigner, agripper, embrasser ou caresser contre la volonté d’une autre personne.
  • Activité sexuelle à laquelle la victime ne pouvait pas consentir : obliger quelqu’un à se livrer à une activité sexuelle à laquelle elle est incapable de consentir, soit parce qu’elle sous les effets d'une drogue ou de l'alcool, ou qu’elle a été manipulée ou forcée d'une autre façon que physiquement.

Les hommes (5 victimes pour 1000 Canadiens) sont beaucoup moins susceptibles d’être victimes d’une agression sexuelle que les femmes (37 pour 1000).

Chez les femmes qui révèlent avoir été victimes d’une agression sexuelle, certains groupes sociaux sont plus à risque que la moyenne de subir un tel préjudice.

  • Santé mentale « passable ou mauvaise » - 204 pour 1000
  • Homosexuelles ou bisexuelles – 155 pour 1000
  • Jeunes de 15 à 24 ans – 134 pour 1000
  • Étudiantes – 127 pour 1000
  • Autochtones – 113 pour 1000
  • Célibataires – 108 pour 1000

Les personnes qui ont subi des violences de la part d’un adulte au cours de leur enfance sont deux fois plus susceptibles de subir une agression sexuelle que les autres, selon l’ESG. Les victimes de violence avant l’âge de 15 ans affichent ainsi un taux de victimisation de 36 pour 1000 par rapport à un taux de 15 pour 1000 pour les autres Canadiens.

La presque totalité des agressions sexuelles autodéclarées ont été commises par une autre personne que le conjoint ou la conjointe de la victime (96 %).

Les agresseurs sont majoritairement des hommes (94 %), agissant seuls (79 %) et ils sont âgés de moins de 35 ans (68 %). Ils sont également plus souvent un ami, une connaissance ou un voisin de la victime (52 %) qu’un étranger (44 %).

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !