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La Banque du Canada augmente son taux directeur à 0,75 %

Les explications de Catherine Kovacs
Radio-Canada

La Banque du Canada hausse son taux directeur pour la première fois en plus de sept ans. Le taux est passé de 0,5 % à 0,75 %. Le coût de l'emprunt vient donc d'augmenter pour des millions de Canadiens.

Un texte de Philippe-Vincent Foisy

Les données récentes de l’économie canadienne « ont renforcé la confiance de la Banque » : le taux de chômage au Canada a diminué de 0,1 point en juin pour se situer à 6,5 %, les exportations ont atteint des niveaux records en mai, les importations ont atteint des niveaux historiques et le dollar canadien a repris une certaine vigueur.

Le Banque juge aussi que « l’économie canadienne a été robuste, étant stimulée par les dépenses des ménages ». La croissance de l’emploi, des salaires et du crédit ont contribué à la hausse de ces dépenses.

Ce sont d’ailleurs les ménages qui ont eu la plus grande incidence sur la croissance du Produit intérieur brut (PIB) qui devrait « se généraliser ». Cette hausse sera plus élevée que prévu en 2017 pour s’établir à 2,8 %, plutôt que 2,6 % comme la Banque l’avait estimée en avril. En 2018 et 2019, la croissance du PIB devrait être de 2,0 % et 1,6 %, respectivement.

Nous avons augmenté notre taux directeur de 25 points de base dans le contexte d’une économie qui s’approche de son plein potentiel et d’une inflation qui devrait atteindre le seuil des 2 % au cours de la prochaine année.

Steven Poloz, gouverneur de la Banque du Canada

La Banque indique toutefois que la croissance des dépenses des ménages « devrait » ralentir en raison du ralentissement du revenu disponible, d’un ralentissement du marché du logement et de l’endettement élevé des ménages.

Si l’endettement stimule l’économie, il accentue cependant les « vulnérabilités » financières des ménages, notamment avec la hausse des taux d’intérêt.

Selon le Rapport sur la politique monétaire de la Banque, il pourrait aussi y avoir une correction des prix des logements dans les marchés de Toronto et de Vancouver, où il y a présentement « surchauffe » et « déséquilibre ». Cette correction pourrait avoir des effets « néfastes et importants » sur l’économie.

 

Incertitudes américaines

Les politiques du président américain Donald Trump ainsi que ses difficultés avec les élus du Congrès viennent aussi compliquer les prévisions de la Banque. Celles à propos de la croissance des exportations canadiennes ont été revues à la baisse à cause de l’incertitude au sud de la frontière.

« La perspective de voir les États-Unis adopter une politique budgétaire expansionniste est moins claire qu’elle ne l’était en avril, compte tenu des retards dans le processus décisionnel », note la Banque.

Des inconnues, particulièrement en ce qui concerne la politique de commerce extérieur des États-Unis, continuent à brouiller les perspectives.

Extrait du Rapport sur la politique monétaire, juillet 2017

L’économie mondiale qui « continue de se renforcer » fera toutefois contrepoids à l’incertitude américaine. Selon la Banque, les exportations, favorisées par un dollar canadien faible, contribueront à la croissance du PIB, surtout que « la croissance s’étend à un nombre grandissant de pays ».

L'analyse de Sébastien Lavoie, de la Banque Laurentienne

Le prix du pétrole encore faible

La Banque estime que le prix du baril de pétrole restera plus faible que précédemment estimé en avril. Le prix qui devrait s’établir entre 35 $ et 50 $ est influencé notamment par la production du pétrole de schiste aux États-Unis.

À court terme, le prix pourrait continuer de diminuer à cause des avancées technologiques. Toutefois, au-delà de 2018, il risque d’augmenter parce que les capacités actuelles pourraient ne pas satisfaire à la demande.

L’un des indicateurs clés des progrès accomplis demeure le rythme d’augmentation des salaires. Il a montré des signes de redressement ces derniers mois, mais il est encore limité par les effets persistants de l’ajustement au bas prix du pétrole.

Steven Poloz, gouverneur de la Banque du Canada

Une hausse prévue

La dernière hausse du taux directeur a eu lieu en 2010, après la crise financière de 2008. Le taux était alors de 1 %. En 2015, la Banque l’avait réduit à deux reprises, afin de relancer l’économie canadienne qui stagnait. En septembre 2015, le Canada était techniquement en récession.

Certains acteurs du secteur bancaire ont anticipé cette hausse. C’est le cas de la Banque Royale, qui n’a pas attendu l’annonce d’aujourd’hui pour augmenter à taux hypothécaire fixe de deux, trois et cinq ans, qui sont passés respectivement à 2,54 %, à 2,64 % et à 2,84 %.

Économie