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Le long périple de deux réfugiés, de la Somalie jusqu'au Manitoba

Abdikadir Ahmed Omar et Guled Abdi  Omar

Abdikadir Ahmed Omar et Guled Abdi Omar ont marché des heures durant pour traverser la frontière entre les États-Unis et le Canada.

Photo : Radio-Canada / Marc Robichaud/CBC)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Leur voyage aura duré 400 jours, à franchir 15 frontières et trois continents. Le 2 juillet, Abdikadir Ahmed Omar et Guled Abdi Omar ont traversé les champs de canola qui couvrent la frontière entre les États-Unis et le Canada, près de Gretna, au Manitoba, pour se rendre au Canada.

Accroupis dans les champs, à l’abri des regards, Abdikadir Ahmed Omar et Guled Abdi Omar ont attendu la tombée de la nuit, puis ont marché des heures durant, en direction des lumières clignotantes des éoliennes qu’on leur avait dit être le signe de leur arrivée au Canada.

« C’est moi qui ai composé le 911 », raconte Guled Abdi Omar, en se rappelant le moment où son compagnon de route et lui ont cru avoir atteint le Canada.

« Mais même quand la police est arrivée, j’étais un peu inquiet parce que l’uniforme est semblable à celui des agents des services frontaliers américains. »

— Une citation de  Guled Abdi Omar

C’est en voyant le petit drapeau canadien sur la manche d’un des agents qu’Abdikadir Ahmed Omar et Guled Abdi Omar ont finalement pu pousser un soupir de soulagement.

« C’était le moment le plus heureux. Je suis au Canada et je peux me détendre. Je ne suis plus recherché par la police aux États-Unis, je ne suis pas prisonnier. Je suis un homme libre. »

— Une citation de  Abdikadir Ahmed Omar
Guled Abdi Omar est un réfugié somalien.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Guled Abdi Omar a quitté un camp de réfugié dans l'est du Kenya pour fuir le groupe islamiste al-Shabaabun qui tentait de le recruter de force.

Photo : Radio-Canada / Marc Robichaud/CBC)

Le début d’un long périple

Abdikadir Ahmed Omar a fui la Somalie en juin 2016, après que des militants islamistes du groupe Al-Shabab ont attaqué son domicile.

Guled Abdi Omar a quant à lui quitté sa maison située dans un camp de réfugiés à l’est du Kenya quand le même groupe islamiste a tenté de le recruter de force.

Face à la crise des migrants africains qui choisissent le chemin de la mer pour se rendre en Europe, les deux hommes ont plutôt décidé que la Méditerranée n’était pas une option pour eux.

Ils ont alors pris un vol vers le Brésil et décidé de se rendre au Canada par voie terrestre.

Les deux hommes se sont rencontrés à Choluteca, au Honduras, le 18 janvier 2017 et se sont engagés à faire équipe pour le restant de la route. Un périple au cours duquel les migrants sont souvent visés par des passeurs et sont victimes de vols et d'agressions.

Abdikadir Ahmed Omar Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Abdikadir Ahmed Omar espère faire venir sa femme et son fils au Canada.

Photo : Radio-Canada / Marc Robichaud/CBC)

CBC a d'abord rencontré Abdikadir Ahmed Omar, 30 ans et Guled Abdi Omar, 27 ans, à Mexico en février, peu de temps après que le président américain Donald Trump a signé une ordonnance interdisant temporairement l’admission aux États-Unis de réfugiés en provenance de sept pays à majorité musulmane, y compris la Somalie.

À l’époque, ils vivaient aux côtés de dizaines d’autres migrants africains qui avaient fui leurs pays d’origine et parcouru des milliers de kilomètres. Un voyage qui les a emmenés au Brésil, en passant par l’Équateur, la Colombie, le Panama, le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras, le Guatemala et le Mexique.

Le Mexique puis les États-Unis et le Canada

Au Mexique, les deux hommes ont de la difficulté à se trouver un logement. Ils réalisent alors qu’ils sont bloqués.

« Je suis un homme noir, musulman et somalien. Alors pour trois raisons, c’est impossible pour moi d’aller aux États-Unis », avait dit Abdikadir Ahmed Omar à CBC en février.

Après avoir été arrêtés lors de précédentes tentatives pour traverser la frontière entre le Mexique et les États-Unis, les deux hommes arrivent finalement à destination. Leur voyage leur aura coûté 40 000 $.

Fadel Al-Shawwa et les deux migrants somaliens.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fadel Al-Shawwa, conseiller en services et bénévoles pour le Manitoba Interfaith Immigration Council. Il explique les règles que les demandeurs d'asile doivent suivre lorsqu'ils vivent dans un logement temporaire.

Photo : Radio-Canada / Lisa Laventure/CBC

Les deux hommes ont planifié la dernière étape de leur voyage vers le Canada à partir du Minnesota. Ils disent avoir trouvé un homme disposé à les conduire à la frontière et les orienter vers le Canada pour 700 $ US.

« Il a pointé vers un arbre et nous a dit de l’utiliser comme point de repère. On a appelé ça notre pôle Nord », se rappelle Abdikadir Ahmed Omar.

À leur arrivée en sol canadien, les deux hommes ont été transportés à Gretna, une petite communauté mennonite au Manitoba d’environ 500 habitants. Ils ont ensuite été hébergés dans une résidence pour personnes âgées vacante.

Des milliers de kilomètres derrière eux, les deux hommes n’ont plus qu’un seul objectif en tête : préparer leurs audiences en vue d’obtenir leur statut de réfugié.

« J'ai été patient pendant longtemps. J'ai traversé beaucoup de situations difficiles, ce sera la dernière, et je dois me battre pour l’emporter. Il n'y a pas d’option de retour. »

— Une citation de  Abdikadir Ahmed Omar

D'après un texte de Lisa Laventure, CBC

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