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Irak : Mossoul libérée, mais pas au bout de ses peines

Le premier ministre irakien a annoncé le 9 juillet 2017 la libération de Mossoul, après plus de 8 mois de combats contre les djihadistes de l'État islamique. Photo: Reuters / Alaa Al-Marjani
Radio-Canada

Le premier ministre irakien, Haïdar Al-Abadi, a annoncé dimanche la victoire sur les djihadistes du groupe État islamique (EI) à Mossoul, ont fait savoir ses collaborateurs.

« Le commandant en chef des forces armées, Haïdar Al-Abadi, est arrivé dans la ville libérée de Mossoul et a félicité les combattants héroïques et le peuple irakien pour cette grande victoire », a-t-on mentionné dans un communiqué des services du chef du gouvernement.

 

Quelques heures plus tôt, les troupes irakiennes avaient atteint les berges du Tigre dans la partie ouest de Mossoul, où se déroulaient les derniers combats contre l'EI.

Cette reconquête survient au terme d’une offensive de plus de huit mois des forces irakiennes soutenues par la coalition internationale menée par les États-Unis.

Les affrontements entre les forces irakiennes et les djihadistes ne semblent toutefois pas terminés, puisque l'on entend encore des coups de feu et des explosions.

Les défis de la reconstruction

Un important travail de nettoyage et de reconstruction attend également les soldats irakiens, qui doivent maintenant fouiller les ruines pour en extraire les bombes et autres explosifs, ainsi que les corps des victimes.

Cela promet d'être une tâche de taille, puisque l'ONU estime qu'environ 1 bâtiment sur 10 a été détruit dans la vieille ville.

Une carte satellite de cette région de Mossoul prise le 30 juin dernier par l'Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (UNITAR) montre que 5536 immeubles ont été endommagés par les affrontements.

Parmi ceux-ci, 490 ont été complètement détruits, 3310 sont sévèrement endommagés, et 1736 ont subi des dommages modérés.

Vu l'intensité des combats des derniers jours, le bilan risque toutefois d'être beaucoup plus lourd.

Une carte satellite de la vieille ville de Mossoul. Les carrés rouges représentent les immeubles détruits, tandis que les carrés orange et jaunes représentent les bâtiments ayant subi des dommages importants et modérés.Une carte satellite de la vieille ville de Mossoul. Les carrés rouges représentent les immeubles détruits, tandis que les carrés orange et jaunes représentent les bâtiments ayant subi des dommages importants et modérés. Photo : UNITAR

Le quartier le plus lourdement endommagé est celui d'Ammu Baqqal, situé au coeur de la vieille ville, et dont on peut voir une image plus rapprochée dans le coin supérieur gauche de la carte ci-dessus.

Emmanuel Macron rend hommage aux forces locales

Le président français a salué, sur son compte Twitter, la reprise de la ville par les forces irakiennes.

 

L'opération française Chammal, qui mobilise actuellement 1200 militaires, a été déclenchée en septembre 2014 en Irak et élargie en septembre 2015 à la Syrie. Les militaires français appuient la coalition internationale avec des frappes aériennes et des missions de formation.

L'EI s'était emparé de Mossoul en juin 2014 lors d'une offensive éclair qui lui avait permis de contrôler de vastes territoires du nord et de l'ouest de l'Irak, mais aussi de la Syrie voisine. C'est du haut du pupitre de la grande mosquée Al-Nouri, dans la vieille ville de Mossoul, que le chef de l'EI, Abou Bakr Al-Baghdadi, avait proclamé l'établissement d'un « califat » s'étendant à cheval sur l'Irak et la Syrie.

La reprise de Mossoul ne marque toutefois pas la fin de la guerre contre l’EI, qui contrôle toujours des zones en Irak ainsi que dans l’est et le centre de la Syrie. La ville de Raqqa, centre syrien du groupe terroriste, est d’ailleurs assiégée par des forces armées soutenues par les Américains.

Selon le porte-parole de l'armée française, le colonel Patrik Steiger, la bataille de Mossoul sera suivie de longues opérations de déminage et de sécurisation pour neutraliser les dernières cellules dormantes et les pièges dont Daech a saturé la ville.

État islamique, le règne de la terreur  
Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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