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Tester les drogues dans les festivals de musique pourrait-il éviter des drames?

Le GRIP propose de se déplacer dans les festivals afin d'analyser le contenu des drogues amenées sur place par les festivaliers.

Le GRIP propose de se déplacer dans les festivals afin d'analyser le contenu des drogues amenées sur place par les festivaliers.

Photo : Associated Press / Jack Plunkett

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Partout au pays, la crise des opioïdes fait craindre le pire en cette saison des festivals de musique. Si beaucoup de promoteurs s'efforcent d'empêcher l'entrée des drogues illicites sur leurs sites, certains festivals offrent aux festivaliers d'analyser les substances afin de réduire les risques de surdose.

Le Groupe de recherche et d'intervention psychosociale (GRIP) a tiré la sonnette d'alarme la semaine dernière, estimant que les festivals de musique québécois n'étaient pas prêts « à faire face » à cette crise.

L'organisme propose de se déplacer dans les festivals afin d'analyser le contenu des drogues amenées sur place par les festivaliers, et ce, en une quinzaine de minutes. L'objectif est de réduire les risques liés à la consommation de drogue et de permettre aux festivaliers de faire des « choix plus éclairés ».

« Le problème avec l'utilisation de drogues illicites, c'est la qualité des produits, a expliqué Jessica Turmel, coordonnatrice et formatrice au GRIP, au micro du 15-18. Par exemple, une ecstasy qui pourrait être dosée à 200 mg de MDMA, c'est trop. On parle aussi d'adultérant, des produits de coupe qui sont plus nocifs pour la santé, ainsi que d'autres drogues qui peuvent être mélangées dans le même comprimé ou dans une poudre. »

Des spectateurs au Pemberton Music Festival
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Des spectateurs au Pemberton Music Festival

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Il demeure toutefois difficile pour le GRIP d'implanter son système, les festivals misant plutôt sur la sécurité pour freiner l'entrée de ces substances. Le GRIP explique également que les lois actuelles rendent difficile la manipulation de ces drogues à des fins d'analyse.

Le débat sur l'accès à l'analyse des drogues dans les festivals n'est pas unique au Canada. En Australie, des experts de la santé ont appelé au cours des dernières années à la mise en place de services d'analyses après un cas de surdose dans un rave. En novembre dernier, des trousses d'analyse unique ont été distribuées dans quelques événements.

L'exemple du Shambhala Music Festival

À Kootenay, en Colombie-Britannique, le Shambhala Music Festival offre ce service depuis déjà une quinzaine d'années. Chloe Sage, de l'organisme ANKORS (AIDS Network Kootenay Outreach and Support Society), qui supervise les analyses lors de la tenue de l'événement en août, explique que de 20 % à 30 % des drogues qui passent par son laboratoire installé sur le site du festival « sont inconnues ou ne sont pas ce que les gens croyaient ».

En 2016, 3795 échantillons de drogues ont été analysés en 5 jours au Shambhala Music Festival. Chaque année, l'événement enregistre en moyenne 500 analyses de plus que l'édition précédente.

Selon Chloe Sage (Nouvelle fenêtre), plusieurs festivals hésitent à aller de l'avant avec l'analyse de drogues en raison des restrictions légales liées à la manipulation de substances illicites.

Osheaga ne ferme pas la porte

Au Québec, le promoteur evenko, déjà partenaire du GRIP, explique être en discussion avec l'organisme afin d'évaluer comment il peut « améliorer la sécurité des festivaliers et de son personnel » pendant le festival Osheaga.

Le festival Osheaga
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Le festival Osheaga

Photo : Osheaga

Philip Vanden Brande, porte-parole d'evenko, a affirmé en entrevue à CBC que l'objectif premier demeure la saisie des drogues « avant qu'elles ne soient présentes sur le site ».

« Mais si nous croyons que [l'analyse des drogues] est un service qui peut être offert à nos festivaliers et que ça vaut la peine de l'avoir cette année, c'est quelque chose que nous regarderons assurément. »

Même si la situation est loin d'être aussi criante qu'à Vancouver, le fentanyl fait de plus en plus de victimes au Québec (Nouvelle fenêtre). Depuis 2011, le nombre de surdoses mortelles liées au fentanyl a plus que triplé.

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