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Les menstruations n’affectent pas le cerveau féminin

Photo: iStock
Radio-Canada

On a longtemps pensé que les menstruations influençaient la performance du cerveau féminin, mais une étude suisse montre aujourd'hui qu'elles n'ont aucun effet sur le fonctionnement du cerveau féminin. Explications.

Un texte d'Alain Labelle

Les travaux de la Pre Brigitte Leeners et de ses collègues de l’hôpital universitaire de Zurich établissent que les changements hormonaux pendant le cycle menstruel n'ont aucun impact significatif sur la cognition, et permettent également de changer notre compréhension du cycle menstruel.

« Plusieurs femmes sont persuadées que les menstruations affectent leur bien-être et leurs performances cognitives », explique la Pre Leeners, qui est spécialiste en médecine reproductrice et psychothérapeute. Elle a donc décidé d’établir une fois pour toutes si ces impressions n’étaient qu’anecdotiques ou si elles avaient un fondement biologique.

Pour l’établir, l’équipe suisse a analysé trois aspects de la cognition pendant deux cycles menstruels de 68 femmes, et a constaté que les variations dans les niveaux d'œstrogène, de progestérone et de testostérone dans le corps n'ont aucun impact sur la mémoire au travail, sur la capacité d’analyse (biais cognitif ) ou l’aptitude à faire attention à deux choses à la fois.

Les résultats d’une première analyse ont laissé croire que, lors du premier cycle, certaines femmes présentaient un biais cognitif et une moins bonne attention. Ces observations n’ont toutefois pas été reproduites lors de l’analyse du deuxième cycle.

Bien qu'il puisse y avoir des exceptions individuelles, les performances cognitives des femmes ne sont généralement pas perturbées par les changements hormonaux qui se produisent avec le cycle menstruel.

Pre Brigitte Leeners

La Pre Leeners tempère quand même ces résultats et affirme qu’il reste du travail à accomplir en étudiant le cerveau d’un échantillon de femmes plus important, et celui de celles qui présentent des problèmes hormonaux. D’autres tests cognitifs permettront, selon elle, de dresser un portrait plus complet de l’influence du cycle menstruel sur le cerveau féminin.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Frontiers in Behavioral Neuroscience (Nouvelle fenêtre).

Science