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Exclusif

Crise de débordement à l'hôpital Dr-Georges-L.-Dumont

L'hôpital Georges-L.-Dumont, à Moncton.

L'hôpital Georges-L.-Dumont, à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Anaïs Brasier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont déborde littéralement. Dans un mémo envoyé au personnel vendredi et dont Radio-Canada a obtenu copie, la consigne a été donnée que tout patient pouvant être renvoyé à la maison de façon sécuritaire doit quitter l'hôpital.

La consigne envoyée vendredi au personnel médical de l'hôpital Dr-Georges-L.-Dumont est cinglante.

« Tout patient pouvant être congédié (sic) de façon sécuritaire doit être congédié aussi tôt que possible (...) », indique le directeur médical Dr Martin Robichaud.

Le directeur médical exige également que toutes les nouvelles admissions venant de l'extérieur de la région soient triées selon l'état de santé du patient.

 

Un engorgement particulièrement aigu

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Le Dr. Rémi LeBlanc est médecin spécialiste en médecine interne générale au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont. Il est aussi président du Conseil des médecins et dentistes de l'hôpital.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le Dr Rémi LeBlanc, médecin spécialiste et président du Conseil des médecins et dentistes du centre hospitalier, indique que la situation est passée de récurrente à sévère.

« Qu'on se fasse dire qu'il faut discuter de toutes les admissions extérieures avec le directeur médical, c'est très inquiétant. »

— Une citation de  Dr Rémi LeBlanc, médecin spécialiste

25 à 30 % des patients du Dr Rémi LeBlanc proviennent de l'extérieur. À la suite de l'avis, il devra en refuser une grande partie. « Ça m'inquiète parce qu'on veut offrir un service aux patients, on ne veut pas qu'il y ait de retard dans les diagnostics. »

Selon Rémi LeBlanc, le taux d'occupation frôle les 120%. Une situation attribuable, entre autres, aux patients en attente d'une place dans un foyer de soins.

« On parle de 50 à 60 patients hospitalisés qui devraient être à l'extérieur de l'hôpital. C'est beaucoup de lits. »

L'hôpital Georges Dumont compte 300 lits au total.

Faute de personnel, les foyers peinent à remplir leurs lits

Il y a trois mois, le foyer de soins Villa du repos, de Moncton ouvrait 60 nouveaux lits qui restent encore vides (Nouvelle fenêtre), faute d'employés pour s'occuper des patients.

Le centre a de la difficulté à recruter des infirmières et des préposés.

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Le foyer Villa du repos compte 60 nouveaux lits qu'il ne peut ouvrir faute de personnel pour veiller sur plus de patients.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Provost

Cependant, selon le Dr Hubert Dupuis, président d'Égalité Santé en français et médecin à Georges Dumont, c'est au ministère du Développement social que revient la responsabilité de transférer ces patients des hôpitaux aux foyers, pas seulement aux patients et à leurs familles.

« C'est complètement du ressort du gouvernement de la province du Nouveau-Brunswick qui ne fait pas son travail. Il a laissé la situation pourrir à un tel point que l'un des quatre grands hôpitaux de la province [...] ne peut pas accepter les patients. »

La pénurie d'employés cause une surcharge de travail

La crise de débordement est également due a une pénurie de personnel, selon le Dr Rémi LeBlanc.

« Il y a eu beaucoup d'infirmières qui sont parties (...) au-dessus de 10 à 15 depuis janvier à cause de ces conditions qui sont inacceptables et c'est ça qui rend la situation aujourd'hui problématique. »

De plus, la crise est amplifiée avec la saison estivale et le départ en vacances de plusieurs employés.

Un appel à l'aide pour maintenir la qualité du CHU

Rémi LeBlanc, aussi chef sortant de l'Unité d'enseignement de médecine interne, lance donc un appel à l'aide pour pouvoir continuer à offrir des services spécialisés en français, au Nouveau-Brunswick.

« Ça nous prend des ressources pour maintenir le niveau de qualité qu'on a toujours donné », dit-il.

Le réseau de santé Vitalité n'a pas répondu aux demandes d'entrevue de Radio-Canada.

D'après un reportage de Nicolas Steinbach

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