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Un oiseau « extrêmement rare » vu au Nouveau-Brunswick

Un rapace de la taille d'un poulet

Un caracara huppé a été vu dans la cour de Tanya Corbett, une résidente de Saint-George, dans le sud-ouest du N.-B.

Photo : Tanya Corbett

Radio-Canada

Le caracara huppé, charognard natif de l'extrême sud des États-Unis, a été aperçu dans la cour d'une résidente de Saint-George, dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick. Il y aurait eu moins de 6 observations lors des 15 dernières années, selon des ornithologues.

« J’ai déjà pris des photos d’un aigle dans ma cour, je pensais que c’en était un quand j’ai vu une tache blanche, a témoigné Tanya Corbett. Mais là, il y avait du rouge. J’ai sorti ma caméra, j’ai zoomé, et là j’ai vu que c’était un oiseau bien différent de ce que j’ai vu ici avant. »

L’ornithologue de Quispamsis Jim Wilson a confirmé l’identification du caracara huppé à CBC, à partir de la vidéo diffusée en ligne par Tanya Corbett.

 

Pour l'ornithologue Alain Clavette, l’observation de ce charognard au Nouveau-Brunswick est extrêmement rare. L’oiseau préfère habituellement des climats désertiques. « Quand je l'ai vu au Texas, c'était pratiquement dans un désert », dit-il.

Le rapace n’a pas non plus l’habitude d’aller loin de son habitat naturel. « C’est un oiseau qui ne fait presque pas de migration. Il ne veut pas voyager souvent ».

La dernière fois qu'Alain Clavette a vu un caracara huppé au Nouveau-Brunswick était à Tracadie-Sheila, il y a une quinzaine d'années. Depuis, rares sont les Néo-Brunswickois qui ont aperçu l'oiseau.

De plus en plus de charognards au Canada

Ayant observé les oiseaux depuis de nombreuses années, Alain Clavette constate une augmentation du nombre de charognards aperçus au Canada. Il donne l'exemple de l'urubu à tête rouge, qui niche de plus en plus au nord des États-Unis.

« 17 ans passés, c’était un oiseau très rare, maintenant il niche partout. On ne sait pas ce qui va arriver, mais ça pourrait faire la même chose [pour le caracara huppé] », dit-il.

L'urubu à tête rouge, un oiseau charognard

L'urubu à tête rouge, charognard natif du sud de l'Amérique du Nord, est de plus en plus présent au Canada ces dernières années.

Photo : Radio-Canada

Il cite plusieurs facteurs reliés à l’activité humaine, en disant que ce n’est pas uniquement dû aux changements climatiques. « Évidemment, quand le développement routier en Amérique du Nord s’est fait, il y a eu beaucoup plus d’animaux morts en bordure de route. »

À long terme, ces constructions peuvent donc créer une niche pour ces charognards venus du Sud, qui peuvent suivre ces carcasses d’animaux jusqu’au nord comme des miettes de pain.

Même si de telles apparitions d’oiseaux tropicaux peuvent en réjouir certains, Alain Clavette émet quant à lui des réserves : « Si l’habitat est en train de se transformer au point qu’il est capable de soutenir la niche écologique d’un caracara, ça veut dire que l’habitat se transforme et n’est plus capable de soutenir la niche écologique de bien des oiseaux de cet habitat boréal. Donc oui, on en gagne, mais on en perd une solide coche à mesure que le changement climatique évolue. »

Avec les informations de CBC

Nouveau-Brunswick

Animaux