•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Le Canada a du chemin à faire » pour la biodiversité

L'environnementaliste Harvey Locke

L'environnementaliste Harvey Locke

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'écologiste albertain Harvey Locke, nouvellement nommé au comité consultatif national sur la biodiversité, s'est donné pour mission de protéger les ressources de la moitié de la planète. Il espère que le comité poussera le Canada à fournir sa part d'efforts, ou du moins, à en faire autant que certains pays du tiers monde.

Entrevue de Tiphanie Roquette

Quel est le rôle de ce comité consultatif?

À travers la Convention de la biodiversité, un traité mondial identique à l'Accord de Paris sur le climat, tous les pays sauf les États-Unis se sont engagés à protéger au moins 17 % de leur territoire terrestre et de leurs eaux douces et 10 % de leurs océans.

Le Canada n’arrive actuellement qu’à protéger moins de 1 % pour les océans et moins de 11 % sur la Terre. Donc, il y a du chemin à faire.

Nous nous sommes réunis ce mois-ci et nous allons continuer quelques mois pour rédiger un rapport qui contiendra nos conseils aux ministres de l’Environnement.

Cet objectif de 17 % est inférieur au but de protection de la moitié de la planète, pour lequel vous militez personnellement.

C’est vrai. Un rapport parlementaire du comité sur l’Environnement, en mars, a qualifié cet objectif de première étape vers des cibles beaucoup plus importantes, mais on doit quand même arriver à cette première étape. J'applaudis les efforts que font les gouvernements pour arriver au but de 2020, mais je crois qu’il faut aller beaucoup plus loin. Il y a beaucoup d’autres pays qui sont beaucoup plus avancés que nous et qui ont déjà dépassé ces cibles.

Les vagues de l'océan PacifiqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Canada protège moins d'un pourcent de ses océans, selon Harvey Locke.

Photo : Radio-Canada / Philippe Moulier

Sur le plan mondial, où se situe le Canada?

Nous sommes en retard. Il y a des pays comme le Bhoutan qui ont déjà protégé la moitié de leurs terres. Ils sont beaucoup plus pauvres que nous, mais ils sont en avance sur nous. Il y a des pays comme les États-Unis qui ont protégé beaucoup de leurs océans. Il y a aussi Tanzanie, qui a protégé une plus grande partie de ses terres, le Kenya... Des pays qui sont plus pauvres que nous font un meilleur travail.

Les Canadiens ne devraient pas être fiers.

Harvey Locke

Sur le plan mondial, 5,6 % des océans sont protégés, et le Canada contribue pour moins de 1 % à cette protection. Ce n’est vraiment pas bon. On a du chemin à faire et c’est ce que nous tentons de faire. Espérons que nous allons y arriver.

Vous parcourez le monde pour convaincre les dirigeants mondiaux d'effectuer ce travail de conservation. Quelle réaction votre discours provoque-t-il?

Tout le monde sur la planète sait que les choses vont mal et tout le monde cherche une solution capable de faire avancer les choses. L’idée de protéger la moitié de la nature, « Nature needs half » en anglais, a des échos en nous. Peut-être que ce serait adéquat et que cela changerait les choses. C’est basé sur la science et sur les connaissances autochtones. Il y a une belle convergence entre la science occidentale et les connaissances traditionnelles des Autochtones.

De plus, c'est une bonne idée dans la période de changements climatiques rapides que l'on connaît actuellement. Il faut laisser la Terre s’adapter aux changements provoqués par nos gaz à effet de serre.

C’est un ensemble d’idées, et je fais le tour du monde pour en parler.

NDLR : Cette entrevue a été adaptée et raccourcie à des fins de publication.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !