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La « soif insatiable » de l’industrie de la fracturation hydraulique en C.-B.

Photo d’une plateforme de fracturation hydraulique à Dawson Creek au nord-est de la Colombie-Britannique.

Un pateforme de fracturation hydraulique à Dawson Creek au nord-est de la Colombie-Britannique.

Photo : iStock / MajaPhoto

Radio-Canada

Après avoir publié un rapport en mai révélant l'existence de dizaines de barrages illégaux dans le nord-est de la Colombie-Britannique, le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) enfonce le clou. Selon l'organisme, l'ensemble de la gestion de l'eau dans cette région est à revoir, car les droits autochtones y sont régulièrement violés.

Dans son nouveau rapport d’une trentaine de pages, le CCPA note une forte augmentation des opérations de fracturation hydraulique dans le secteur du gaz naturel, sans que les Premières Nations sur place ne puissent interférer sur la façon, le moment et le lieu choisis par les sociétés concernées pour exploiter leurs terres traditionnelles.

L’organisme dénonce la « soif insatiable » de l’industrie du gaz naturel qui recourt à la fracturation hydraulique pour extraire la matière. « Le forage et les opérations de fracturation ont dévasté les Premières Nations locales, érodant leur capacité à chasser, à pêcher ou à s’adonner à d’autres pratiques traditionnelles qui sont censées être protégées par le Traité 8 », estime Ben Parfitt, auteur de l’étude et analyste au CCPA.

Dans le meilleur des cas, les Premières Nations reçoivent un avis à l’avance pour leur signaler des travaux dans le secteur des combustibles fossiles à venir sur leurs terres, ajoute l’organisme. Mais elles peuvent très rarement influer sur les lieux ou la date des opérations. Elles disposent également de très peu de moyens de contacter le gouvernement provincial ou les entreprises concernées pour leur faire part de leurs inquiétudes.

Restent les voies judiciaires qui, selon le rapport, semblent porter leurs fruits ces derniers temps. La Première Nation de Fort Nelson a notamment réussi à faire renverser plusieurs projets de fracturation et à faire annuler un permis d’exploitation de l’eau sur son territoire.

Le rapport présente 10 recommandations parmi lesquelles :

  • Mettre en place un système de cogestion ressemblant à celui de Haida Gwaii. Les membres de la nation Haida et des délégués du gouvernement provincial y travaillent ensemble en amont, plutôt que de forcer les Autochtones à ne réagir qu’aux orientations prises par Victoria et les entreprises.
  • Fixer une limite maximale d’extraction du gaz naturel par bassin hydraulique, à l'Image des entreprises forestières qui ont des restrictions partielles dans certaines terres autochtones de la province.
  • Créer des zones interdites au développement industriel et des zones protégées où les écosystèmes sont préservés.
  • Faire payer davantage l’exploitation de l’eau par l’industrie et investir de nouveaux fonds dans la recherche sur l’eau.
  • Contraindre les entreprises de fracturation hydraulique à dévoiler les lieux exacts de leurs activités et leurs projets afin d’informer les Premières Nations concernées et le grand public.
 

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