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Un hélicoptère attaque la Cour suprême vénézuélienne à Caracas

Des soldats inspectent le périmètre entourant le Tribunal suprême de justice du Venezuela, après une attaque par hélicoptère, le 27 juin 2017.

Photo : EPA / Miguel Gutierrez

Reuters

Un hélicoptère de la police vénézuélienne a mitraillé mardi le siège du Tribunal suprême de justice et le ministère de l'Intérieur sans faire de victimes. Cela accentue la violente crise qui ébranle le Venezuela depuis le mois d'avril.

D'après des responsables vénézuéliens, l'appareil a tiré à 15 reprises contre le ministère, où plusieurs dizaines de personnes participaient à une cérémonie. Et quatre grenades ont été lancées depuis les airs sur la Cour suprême.

Le président Nicolas Maduro a dénoncé une attaque « terroriste » et a exhorté les dirigeants de la Table de l'unité démocratique (MUD), la coalition de l'opposition, à « condamner cette attaque éminemment destinée à provoquer un putsch ».

Ils auraient pu provoquer des dizaines de morts.

Nicolas Maduro, président du Venezuela

Un apprenti justicier à l'origine du mitraillage de Caracas

Dans un communiqué, le gouvernement précise que l'hélicoptère a été dérobé par un pilote de la police identifié sous le nom d'Oscar Perez.

Une vidéo mise en ligne sur son compte Instagram le montre devant plusieurs hommes en armes, affirmant qu'une opération est engagée pour restaurer la démocratie. Il ajoute qu'il représente une coalition de militaires, de policiers et de fonctionnaires hostiles au gouvernement « criminel » de Maduro et appelle ce dernier à démissionner.

Attaque contre la Cour suprême au Venezuela

Le policier vénézuélien qui aurait volé l’hélicoptère mardi soir à Caracas est toujours activement recherché. Oscar Perez, 36 ans, qui se dit à la fois pilote, plongeur et parachutiste sur les réseaux sociaux se présente comme un justicier qui lutte contre « un régime tyrannique et malfaisant ».

Dans un film d'action intitulé « Mort en sursis », qu’il a tourné en 2015 et qu’il a publié sur Internet, on le voit notamment tirer au pistolet mitrailleur du haut d'un hélicoptère.

Le policier, qui s'expose sans retenue malgré les impératifs de discrétion de sa profession, alimente abondamment son compte Instagram de photos le montrant à cheval en tenue de combat, plongeant armé jusqu'aux dents ou sautant d'un hélicoptère avec un chien. Il a par ailleurs accordé plusieurs entretiens au sujet de son film.

 

Une attaque organisée?

Le Venezuela connaît depuis début avril une nouvelle crise politique violente qui a fait au moins 75 morts. Et des chefs de file de l'opposition exhortent de longue date les membres des forces de sécurité à la désobéissance.

Mais pour certains partisans de l'opposition, cette attaque par hélicoptère pourrait avoir été orchestrée par le pouvoir pour justifier la répression.

Nicolas Maduro avait prévenu plus tôt dans la journée que ses partisans prendraient les armes si son gouvernement était renversé par la violence.

« Je dis au monde, et j'espère que le monde l'entendra après 90 jours de manifestation, de destruction et de mort : si le Venezuela était plongé dans le chaos et violence et la révolution bolivarienne détruite, nous irions au combat », avait-il dit lors d'un rassemblement politique.

Nicolas Maduro, qui porte une chemise rouge, tient un micro dans sa main gauche et pointe au loin avec sa main droite dans la foule rassemblée autour de lui.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, lors de son rassemblement, le 27 juin 2017.

Photo : Reuters

Nous n'abandonnerions jamais. Et ce qui ne pourrait être fait par les votes, nous le ferions avec des armes, nous libérerions notre patrie avec des armes.

Nicolas Maduro

Le successeur d'Hugo Chavez s'exprimait lors d'un rassemblement organisé en vue des élections constituantes qu'il veut organiser le 30 juillet.

L'opposition, majoritaire à l'Assemblée nationale depuis les élections de décembre 2015, refuse ce projet et réclame la tenue d'une élection présidentielle anticipée. Selon le calendrier électoral, le prochain scrutin présidentiel n'est pas prévu avant fin 2018.

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