•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trop d'anglophones dans les écoles françaises, dénonce un ex-conseiller scolaire

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Photo de Basile Dorion à l'extérieur.

Basile Dorion tient un journal avec une publicité en anglais pour des écoles françaises.

Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un militant franco-ontarien et ancien conseiller scolaire, Basile Dorion, menace de poursuivre trois conseils scolaires francophones du sud de l'Ontario, à moins qu'ils ne réduisent le nombre d'anglophones qu'ils acceptent dans leurs écoles.

Un texte de Katherine Brulotte et d'Annie Poulin

M. Dorion a envoyé une lettre à ce sujet, mardi, aux directeurs de l'éducation des conseils Viamonde, MonAvenir et Providence.

Le résident de la région de Penetanguishene soutient que l'admission d'élèves non titulaires du statut d'ayant droit porte atteinte aux droits des francophones, qui sont garantis par l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.

Il faut reconnaître que les Franco-Ontariens font face à d'énormes défis associés à l'anglicisation des jeunes. L'admission d'un très grand nombre de non-titulaires du statut d'ayant droit ne fait qu'exacerber le problème.

Lettre de Basile Dorion

Menace de poursuite

Basile Dorion espère que les conseils vont changer leurs pratiques dans les prochains mois, faute de quoi il fera une demande d'aide au Programme de contestation judiciaire du gouvernement fédéral.

Ce programme accorde de l'argent aux citoyens qui veulent défendre devant les tribunaux des causes liées aux droits constitutionnels en matière de langues officielles.

M. Dorion raconte que cinq de ses petits-enfants fréquentent des écoles francophones de la province.

On est rendus minoritaires dans nos propres conseils scolaires.

Basile Dorion, plaignant

Publicités en anglais

Il reproche aux institutions de recruter de jeunes anglophones, grâce notamment à des publicités en anglais dans les journaux, afin d'accroître le nombre d'élèves dans les écoles et ainsi obtenir plus de financement.

Photo de la publicité qui vante en anglais le bilinguisme et l'excellence académique dans les écoles françaises.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'une des publicités en anglais pour des écoles françaises relevées par Basile Dorion.

Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic

M. Dorion ajoute que la province devrait cesser d'accorder du financement en fonction du nombre d'élèves, lorsqu'il est question d'écoles en milieu minoritaire.

Sa lettre a été envoyée aux conseils scolaires en début d'après-midi, mardi. Ces derniers n'avaient pas encore répondu aux questions de Radio-Canada au moment de la publication de l'article.

Basile Dorion ajoute qu'il a fait parvenir une copie de sa lettre à la ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, et au commissaire aux services en français de l'Ontario, François Boileau.

L'école de la résistance de Penetanguishene

Basile Dorion a été l'un des principaux organisateurs de l'école de la résistance de Penetanguishene. Cette dernière est fondée illégalement en 1979, car les francophones de la région réclament en vain une école secondaire à eux. Après avoir attiré l'attention des médias nationaux, ils ont finalement gain de cause et le gouvernement ontarien accepte de financer l'école secondaire de la Huronie.

Carte visualisant les donnéesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pourcentage d'élèves de 3e années qui n'avaient pas le français comme langue maternelle dans chaque école

Photo : Radio-Canada

La version originale de ce document a été modifiée. Pour des raisons techniques, la version interactive de la carte n'est plus disponible.

Des décisions locales

La ministre déléguée aux Affaires francophones explique que la priorité est évidemment donnée aux jeunes francophones.

Marie-France Lalonde estime que s’il reste ensuite de la place dans les écoles françaises, il revient aux conseils de décider localement s’ils acceptent d’autres élèves. On ne peut pas discriminer en fonction de la langue, prévient-elle.

La ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde,Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde

Photo : Radio-Canada

La ministre ajoute qu’elle est « très fière de voir des parents anglophones qui vont soutenir l’éducation francophone dans un environnement francophone, dans une culture francophone, dans nos écoles et dans nos conseils scolaires dans la province ».

Matière à réflexion

La chercheuse en enseignement en milieu minoritaire de l'Université d'Ottawa Phyllis Dalley affirme qu'il y a des avantages à l'admission d'élèves qui ne sont pas des ayants droit dans les écoles francophones.

« Plus on a d'élèves dans nos écoles, plus on a les moyens de payer des services. Donc, oui, les conseils scolaires ont intérêt à avoir plus d'élèves. »

Elle ajoute toutefois que la situation impose des défis supplémentaires aux enseignants.

Imaginez une classe de 30 avec une variété de compétences en français, de l'enfant qui ne parle pas du tout le français à l'enfant qui ne parle que le français. On n'a pas encore développé une pédagogie adaptée.

Phyllis Dalley, chercheuse en enseignement à l'Université d'Ottawa

Elle croit qu'il y a lieu d'entamer une réflexion : « La question la plus importante, c'est de savoir : est-ce qu'il y a un pourcentage qui est acceptable? Est-ce que les enfants qui arrivent à l'école avec seulement l'anglais ont un impact sur la qualité du français? Sur l'enseignement du français? Sur la capacité d'apprentissage des enfants qui ont le français déjà à l'entrée à l'école? »

« Ça ouvre un ensemble de problématiques auxquelles on ne réfléchit que très peu », conclut-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !