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Les savoirs autochtones pourraient servir à la lutte contre les changements climatiques

L'équipe du Indigenous Climate Action tenant une banderole à l'intérieur d'un grand local.

L'équipe du Indigenous Climate Action

Photo : CBC / Gracieuseté d'Eriel Deranger

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une nouvelle organisation développe un guide pour compiler les savoirs autochtones et pour aider les communautés à faire face aux changements climatiques.

Indigenous Climate Action est dirigé par un groupe d’Autochtones de plusieurs communautés du Canada qui ont remarqué un écart entre les stratégies gouvernementales pour lutter contre les changements climatiques et les savoirs traditionnels autochtones.

« Plusieurs organisations nationales et internationales affirment que les droits autochtones sont essentiels [pour faire face aux changements climatiques], mais personne n’est en mesure d’expliquer concrètement comment cela peut être fait », explique la directrice intérimaire de l’organisation, Eriel Deranger.

Les savoirs traditionnels utiles à la lutte contre les changements climatiques seront tout d'abord mis en lumière dans ce guide.

Le document a aussi pour objectif d'aider les communautés autochtones à développer des nouvelles connaissances sur les changements climatiques et à élaborer des projets de développement durable.

Selon Eriel Deranger, plusieurs communautés ne comprennent pas encore ce que sont les changements climatiques. Et bien qu’elles en vivent déjà les conséquences directes, elles ne sont pas outillées pour y faire face.

L’organisme prévoit envoyer un coordinateur et un chercheur dans certaines communautés autochtones pendant une période de six mois pour discuter des changements climatiques et des droits des Autochtones.

Le but de l’initiative est d’obtenir le maximum de commentaires de la part des communautés, qui pourront servir à l'élaboration du guide.

Le mandat de l’organisme n’est toutefois pas de suggérer des solutions, explique Eriel Deranger, mais plutôt de s’assurer que les droits autochtones soient reconnus et que les systèmes traditionnels soient mis à profit dans les stratégies canadiennes de lutte aux changements climatiques.

« C’est pour leur [les communautés autochtones] donner les outils pour qu’elles puissent décider comment elles veulent participer dans la lutte pour le climat », explique Mme Deranger.

Une rencontre avec le ministère fédéral

Indigenous Climate Action a participé à une rencontre avec la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna l’an dernier. Selon Eriel Deranger, la ministre semblait ouverte aux efforts déployés par l’organisme et envisageait d’amender la stratégie canadienne pour y incorporer les suggestions du groupe.

« Je crois qu’ils font des efforts. Elle [la ministre McKenna] était intéressée à la corrélation entre la protection de l’environnement et les droits autochtones, raconte la directrice intérimaire. Je lui ai dit "Vous êtes limités par la structure d’un gouvernement colonial. Il n’est pas conçu pour mettre en valeur les droits autochtones donc votre réel pouvoir de régler nos préoccupations est problématique. C’est ça la réalité". »

L’organisme n’a toutefois pas eu de nouvelles du ministère depuis cette rencontre. Et le bureau de la ministre McKenna n’a pas voulu commenter le guide d’Indigenous Climate Action.

Des droits autochtones en péril

Par ailleurs, des regroupements autochtones demandent à ce que le gouvernement fédéral adapte sa stratégie de lutte contre les changements climatiques à la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones, car les changements climatiques mettent en péril certains droits reconnus par cette déclaration.

Selon une autre membre de Indigenous Climate Action, Heather Milton Lightning, l’initiative est importante puisqu’elle réaffirme l’autodétermination et la souveraineté des Autochtones sur leur territoire et sur leurs ressources.

« Nos peuples sont les premiers à vivre les impacts sur le climat. Nos peuples font toujours la cueillette pour la médecine traditionnelle, nous pratiquons encore nos traditions et nos cérémonies, explique-t-elle. Nous devons nous rendre à l’évidence : nous sommes les gardiens du territoire. Nous avons le pouvoir de nous sauver nous-mêmes et nous devons être prêts à faire face à ce qui s’en vient. »

Avec les informations de Brandi Morin, CBC News

 
Avec les informations de CBC News

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