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La région des Grands Lacs sensible au transport du pétrole, selon une étude

La baie Georgienne, au coeur des Grands Lacs

La baie Georgienne, au coeur des Grands Lacs

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Selon une nouvelle étude (Nouvelle fenêtre), les régions des Grands Lacs densément peuplées sont à risque en cas de déversement pétrolier.

Un texte de Colin Côté-Paulette

« On parle beaucoup de déversements en milieux marins en ce moment au Canada et on fait de grands investissements pour s'assurer que le transport en milieu maritime est sécuritaire, mais on ne parle pas beaucoup de ce transport en milieux d'eau douce et pourtant il existe », explique l'auteur de l'étude et président de la Société canadienne de limnologie, la science des eaux douces, Jérôme Marty.

Commandée par la Commission des Grands Lacs (CGL), son étude répertorie tous les endroits et moyens de transport par lesquels du pétrole et des hydrocarbures transitent, autant du côté canadien qu'américain.

Les zones les plus sensibles, celles autour des lacs Ontario et Érié ainsi que du fleuve Saint-Laurent, sont notamment les secteurs où le trafic pétrolier est le plus intense.

La recherche identifie d'autres zones sujettes à des déversements comme la rivière Détroit près de Windsor, dans le sud-ouest de l'Ontario, l'un des plus importants points de passage fluvial au Canada.

Chicago est aussi un point névralgique, en raison de l'importance du transport de pétrole ferroviaire.

Carte des endroits sensibles sur les côtes et à l'intérieur des Grands LacsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sensibilité des Grands Lacs au transport par bateaux de l'huile de chauffage

Photo : Crude Oil Transport Symposium, juin 2017

Pour désigner les zones à risque, les chercheurs ont pris en compte plusieurs aspects sociaux économiques comme la présence de population, de ports et si l'endroit sert de source d'eau ou de lieu de reproduction animale.

« La sensibilité la plus grande est due au transport par oléoduc parce que c'est là où il y a le plus grand volume de pétrole qui est transporté », indique M. Marty.

Un déversement de pétrole dans le lac Érié pourrait être tragique, puisqu'il n'est pas profond et déjà pollué par des espèces envahissantes comme les algues bleues.

« Mon but ce n'est pas de dire s'il y a des bons et des méchants, mais de produire de l'information sur des outils qu'on peut utiliser avant de prendre de grandes décisions et pour prévenir les déversements », précise toutefois l'auteur de l'étude.

Carte des côtes très sensibles dans les Grands LacsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sensibilité des Grands Lacs au transport de pétrole brut par oléoducs

Photo : Crude Oil Transport Symposium, juin 2017

Dans son dernier budget, le gouvernement fédéral a proposé d'investir jusqu'à 70,5 millions de dollars sur cinq ans pour protéger les ressources d'eau douce, y compris les Grands Lacs et le bassin du lac Winnipeg. On ne connait cependant pas les détails de ces enveloppes promises.

Étude d'importance internationale

« C'est important d'avoir accès à ce genre d'information. Souvent elle est disponible dans un seul pays, tandis que l'eau des Grands Lacs n'a pas de frontière elle », estime la spécialiste des programmes seniors de la CGL, Michèle Leduc-Lapierre.

Elle explique que depuis les tragédies de la rivière Kalamazoo et de Lac-Mégantic, la CGL cherche à mieux comprendre les enjeux liés au transport du pétrole et des hydrocarbures.

Michael Murray, scientifique au bureau des Grands Lacs de la National Wild Life Federation au Michigan, voit aussi d'un bon oeil ce rapport.

« La plupart de ces enjeux sont binationaux, et il y a des cartes assez précises dans l'étude, alors je crois que ça aidera pour connaître l'impact potentiel d'un déversement de pétrole dans les Grands Lacs », soutient-il.

Projet d'oléoduc en cours :

Le projet Énergie Est (Nouvelle fenêtre) de l'entreprise Transcanada prévoit la construction d'un oléoduc de 4600 kilomètres pour acheminer quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'à Saint-Jean, en passant par l'Ontario.

Les Grands Lacs constituent la source principale d'eau potable de 10 millions de Canadiens et d'environ 25 millions d'Américains.

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