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Se tourner vers la construction en bois pour sortir de la crise 

Le marché intérieur, une solution au contentieux sur le bois d'oeuvre avec les États-Unis?
Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick, qui exporte 90 % de son bois d'oeuvre aux États-Unis, est extrêmement dépendant du marché américain, mais la crise du bois d'oeuvre pourrait donner un élan au développement du marché local du bois.

Le vice-président de comptoir création Jim Trites construit des édifices commerciaux à Moncton principalement à partir de bois local : « On aime utiliser le bois parce que ça peut sauver de l'énergie, à peu près 20 % sur une facture d'énergie ».

L'investissement en vaut la peine même si, selon lui, le coût d’une construction en bois est plus élevé d’environ 30 % comparativement à une structure traditionnelle en acier : « Ça crée des emplois au Nouveau-Brunswick pour tout le monde et tout le monde va gagner ».

Un bureau d'architecte de Moncton vante les vertus du bois et prône un changement de culture dans la province en sensibilisant les constructeurs et en leur démontrant les avantages du bois.

Comme le dit Christian Hébert, architecte chez Design Plus : « Il y a probablement une impression comme partagée dans notre communauté que le bois n'est pas un matériau de qualité; je pense que c'est une généralité qui n’est pas vraie. Il y a des améliorations qu'on peut faire, certains produits spécialisés en bois qu'on n'a pas accès au Nouveau-Brunswick qui serait bien de développer (...) qui nous permet d'aller encore plus en hauteur ».

Christian Hébert et Léo GoguenChristian Hébert et Léo Goguen, Design Plus Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Du côté du Québec

Le Québec a élaboré en 2013 une charte du bois qui permet de soutenir, entre autres, la recherche et le développement pour des structures en bois de plus grande ampleur.

On a l'exemple de Nordic au chantier Chibougamau, un peu comme Irving il faisait seulement du 2 par 4 et ils se sont complètement renouvelés. Une partie de ce qu'ils ont fait c'est de prendre les résidus forestiers pour faire des matériaux à valeur ajoutée. Pour arriver à ça, il faudrait complètement changer la culture.

Mathieu Boucher-Côté

L'architecte Mathieu Boucher-Côté reconnaît qu’il y a eu beaucoup de travail pour en arriver là : « En Colombie-Britannique, il y a un gros effort qui a été fait, entre autres du développement de la matière première, mais aussi d'ajouter de la valeur au produit. Pas seulement faire du 2 par 4, mais avec des poutres lamellées croisées et collées, ils ont fait des édifices jusqu'à 18 étages seulement en bois ».

Mathieu Boucher-Côté, architecte associé chez Design PlusMathieu Boucher-Côté, architecte associé chez Design Plus Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Mathieu Boucher-Côté en sait quelque chose. En plus d'être architecte, il a fait sa maîtrise en génie du bois. Il est spécialisé dans les nouvelles technologies du bois. Selon lui, il faut que l'industrie change : « Il y a beaucoup d'efforts qui devraient être faits à tous les niveaux; je pense que l'industrie a un gros poids à jouer là-dedans; c'est une de leurs responsabilités ».

Le Nouveau-Brunswick est le cinquième producteur de bois d'oeuvre canadien, 90 % est exporté aux États-Unis. L'Association qui représente les scieurs verrait d'un bon oeil une réflexion qui favoriserait l'utilisation du bois localement.

Mike Légère, Forêt NBMike Légère, Forêt NB Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Mike Légère, de Forêt NB, explique : « Faudra vraiment qu'on étudie ça d'un peu plus proche avant de dire oui qu'on supporterait, parce qu'il faut qu'il y ait la capacité pour remplir ce marché local, si on développe à une grandeur qui met une plus grande demande sur les usines ».

Avec les nouveaux tarifs frontaliers, le secteur forestier du Nouveau-Brunswick ressent les effets d'une dépendance de marché.

Il faut saisir l'opportunité provoquée par la crise du bois d'oeuvre, selon Patrick Crabbe. Son association, Wood Works Atlantique, fait des démarches auprès des gouvernements pour instaurer des mesures incitatives, plus particulièrement une charte du bois, pour l'utilisation du bois local dans la construction non résidentielle.

Patrick Crabbe, Wood works AtlantiquePatrick Crabbe, Wood works Atlantique Photo : Radio-Canada

Des catastrophes naturelles ou des crises économiques ont poussé des régions, comme la Colombie-Britannique ou l'Autriche, à miser sur le bois et puis on a vu des résultats incroyables. Il y a vraiment une occasion à saisir avec la crise, mais il faut que l'industrie et la politique se mettent ensemble.

Mathieu Boucher-Côté

Il y a de l'espoir, le code canadien du bâtiment a changé pour permettre aux constructeurs de faire des bâtiments de plus de quatre étages en charpente de bois.

« J'ai l'impression que ça va vraiment changer. Comme promoteur, si tu cherches à maximiser tes revenus versus le coût mis pour la construction du projet. Aujourd'hui, le promoteur va décider d'aller à six étages en ossature de bois, c'est après six étages qu'on va voir le facteur de rentabilité », explique Christian Hébert, architecte chez Design Plus.

Depuis mars 2017, la Ville de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick est la seule en Atlantique à avoir adopté le nouveau code à ce jour.

Il reste désormais à voir si la crise du bois d'oeuvre donnera un coup de fouet au développement du marché local du bois.

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