•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

T et 2S comme trans, deux-esprits, métis et maman comme Bobbi Aubin

Bobbi Aubin est un métis trans qui s'identifie comme étant deux-esprits.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Radio-Canada

Entrevue avec Bobbi Aubin, un père métis, trans et deux-esprits dont l'identité est ancrée au plus profond de son héritage culturel.

1. Quelle lettre vous définit le mieux dans l'acronyme LGBTQ? Et pourquoi?

On peut me trouver sous la lettre « T », pour transgenre. Je suis aussi métis, alors j’ai adopté le titre deux-esprits puisque ça représente mes racines et mes ancêtres.

C’est comme un honneur d’être capable de s’identifier deux-esprits. Avant le contact avec les Européens, les personnes deux-esprits étaient bien vues dans la culture autochtone. C’était ceux qui avait la sagesse et par qui se transmettait la médecine traditionnelle.

2. Comment définissez-vous votre identité deux-esprits? Qu’est-ce que cela représente pour vous?

Ça veut dire que j’ai une balance entre le masculin et le féminin. Je suis venu au monde femme, et ça fait seulement cinq ans que je m’identifie comme un homme trans.

J’ai 52 ans, alors j’ai vécu la majeure partie de ma vie en tant que femme. Maintenant ma vie c’est en tant qu’homme, alors c’est tout un honneur que je me fais.

Bobbi Aubin

3. Votre identité a beaucoup évolué au cours des années depuis votre sortie du placard. Quel a été votre cheminement?

J’ai trouvé d’autres gens qui s'identifient comme moi, et puis ça a grandi en moi. J’ai fait beaucoup de travail sur moi-même, et je travaille aussi avec les autres dans la communauté.

Je continue à faire souvent des entrevues dans les médias parce que [le fait d’en parler] ça m’aide, et ça aide aussi les autres gens qui sont comme moi.

Photo de Bobbi Aubin qui s'identifie comme un homme trans, métis et deux-espritsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bobbi Aubin est un homme trans, métis et s'identifie comme deux-esprits

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

4. Comment votre identité est-elle perçue dans votre entourage?

Mes amis et mes collègues au travail sont bien ouverts avec ça. Ils m’acceptent.

Ma famille, un peu moins. On ne se voit pas souvent, c’est difficile. Mais ma fille, oui. J’ai une fille de 26 ans et elle m’accepte comme je suis.

5. Vous travaillez auprès des jeunes autochtones en tant que coordonnateur des Affaires métis à l’Université Laurentienne. Comment cette identité est-elle perçue auprès des Premières Nations?

Je connais d’autres personnes deux-esprits ailleurs en Ontario, mais il y en a de plus en plus qui commencent à sortir du placard, et surtout du côté des Premières Nations que des Métis.

Pendant une centaine d’années, les gens cachaient leur identité par crainte de représailles. Ils se faisaient parfois mettre en dehors de leur réserve. Mais maintenant, ça revient!

6. Vous sentez-vous solidaire de la communauté LGBTQ?

Je suis bien connu dans la communauté. Chaque année, je vais aux activités de la fierté. Je suis sorti du placard en 1997 en tant que lesbienne, alors ça fait 20 ans que je participe dans tous les événements que l’on fait à Sudbury.

C’est important d’y prendre part afin de renseigner et faire de la prévention envers ceux qui ne comprennent pas la réalité [des trans], ou simplement pour vivre comme une communauté. Il y a une importante communauté trans à Sudbury.

Acronyme LGBTQ  

Nord de l'Ontario

Société