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Gain de cause des Kinsella contre le magazine « Your Ward News »

Warren et Lisa Kinsella

Warren et Lisa Kinsella

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un juge ontarien a accepté mercredi de déposer des accusations criminelles contre le magazine Your Ward News à la demande d'un citoyen visé par le rédacteur en chef de la publication. James Sears est accusé d'avoir proféré des menaces de mort contre l'auteur Warren Kinsella et sa femme, qui avaient porté plainte devant les tribunaux.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Dans son dernier numéro, le rédacteur en chef du magazine, James Sears, affirme que ses lecteurs pourraient décider de « battre à mort le couple Kinsella à coups de matraque » après avoir perdu une première bataille contre eux lorsque la Société canadienne des Postes a mis fin l'an dernier à la distribution du journal. Celui-ci est toujours distribué, mais de façon privée.

Dans sa décision, un juge de paix de la Cour de l'Ontario a déterminé qu'il y avait matière à des poursuites conformément à l'article 264.1 du code criminel. L’auteur des lignes en question devait être traduit en justice pour répondre à des accusations de menace de mort.

Lisa Kinsella a remercié les tribunaux de l'avoir prise au sérieux lorsqu'elle est sortie au bras de son mari après une brève audience au centre-ville de Toronto. « La cour a clairement reconnu que notre vie était en danger, ce magazine est violent et nous n'en avons pas besoin dans notre communauté. »

Mme Kinsella ne cache pas son intention de chercher à faire interdire la publication de la revue en copie papier et sur Internet. Elle dit qu'elle a déjà reçu l'appui de plusieurs conseillers municipaux de l'est de la ville, où le magazine est surtout distribué.

Les Kinsella écorchent au passage la police pour ne pas les avoir crus lorsqu'ils ont porté plainte. Ils expliquent que les citoyens n'ont pas à entamer des poursuites criminelles en privé. Radio-Canada a tenté d’appeler le bureau du procureur général de l'Ontario à ce sujet, mais celui-ci ne nous a pas répondu.

Rob Deluca, de l'Association canadienne des libertés civiles, n'est pas surpris, parce qu'il qualifie le magazine de controversé, raciste et homophobe. « Il y a des limites raisonnables à la liberté d'expression, lorsqu'il s'agit de protéger la sécurité des individus contre la propagande haineuse. »

Dans un courriel, James Sears affirme que son avocat lui a recommandé de ne pas faire de commentaire. Il en remet pourtant. Il parle d'une « plainte malicieuse sans fondement ». James Sears en rajoute encore, en expliquant qu'il ne se laissera pas intimider par « un couple qui se prostitue pour attirer l'attention générale ».

La Couronne doit maintenant étayer les allégations du couple Kinsella avant de partager le dossier des preuves à l'avocat de M. Sears, Franck Addario. Aucune date n'a encore été fixée pour la prochaine audience du rédacteur en chef du magazine et de son propriétaire, Leroy St. Germaine, co-accusé dans cette affaire.

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