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Le Canada en fait-il assez pour protéger ses espèces menacées?

Des épaulards nagent au large de Victoria.

L'épaulard du Pacifique Nord-Ouest fait partie des espèces en voie de disparition au Canada.

Photo : Eagle Wing Tours and Shorelines Photography/Valerie Shore

Radio-Canada

Les espèces menacées d'extinction sont encore plus en danger qu'on ne le croit, suggère une étude de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) selon laquelle le Canada n'applique pas (ou pas assez) sa propre loi fédérale en matière de protection de la biodiversité.

En vertu de la législation en vigueur, toute espèce canadienne menacée doit faire l’objet d’une stratégie de réhabilitation pour aider à son développement et à sa protection contre les activités humaines nocives. Ces stratégies sont censées notamment identifier les habitats essentiels à la survie des espèces concernées.

« La loi est très claire, soutient Karen Hodges, coauteure de l’étude et professeure de biologie associée. Dès qu’une espèce est sur la liste de celles qui sont menacées, il y a un calendrier d’actions bien spécifique à respecter afin d'élaborer une stratégie de réhabilitation qui cerne les habitats essentiels. »

Or, selon Karen Hodges, le travail de protection des habitats est quasiment inexistant, ou bien il est réalisé des années après ce que le calendrier législatif prévoit. La professeure et l'autre coauteure de l'étude, Sarah Bird, ont découvert que, sur les 391 espèces concernées par la Loi sur les espèces en péril (LEP), seules 11,8 % ont un habitat essentiel officiellement défini, tandis que plus de 60 % n’en ont tout simplement pas.

La tortue de l'Ouest fait partie des espèces disparues au Canada.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La tortue de l'Ouest fait partie des espèces disparues au Canada.

Photo : Wikipedia CC / Yathin S Krishnappa

L'urgence de mieux appliquer la loi

Karen Hodges et Sarah Bird sont arrivées à ces conclusions après une analyse en profondeur des espèces listées et de leurs stratégies de réhabilitation jusqu’en août 2015. Le binôme a également étudié les poursuites judiciaires concernant la Loi sur les espèces en péril depuis son adoption en 2002.

La disparition des habitats est l’une des causes principales de l'extinction des espèces. Actuellement, l’application de la LEP ne suit pas et ne fournit pas la protection requise par la loi pour la majorité des espèces menacées

Karen Hodges, professeure en biologie à l'Université de la Colombie-Britannique

Les scientifiques appellent Ottawa à agir au plus vite : « Si on n’utilise pas au maximum les outils législatifs à notre disposition, nous prenons le risque de perdre certaines espèces pour toujours. »

L’étude a été publiée dans la revue Environmental Science & Policy avec le soutien et du financement du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

Colombie-Britannique et Yukon

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