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Aide médicale à mourir : un médecin accuse l'Hôpital Saint-Boniface de violer la Charte

Panneau à l'entrée de l'Hôpital Saint-Boniface

L'Hôpital Saint-Boniface a changé sa politique sur l'aide médicale à mourir à la demande de la Corporation catholique de la santé.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le président du Conseil du personnel médical de l'Hôpital Saint-Boniface critique la décision du conseil d'administration de l'établissement de ne pas offrir l'aide médicale à mourir. Selon le Dr Marcus Blouw, cette décision va à l'encontre des principes fondamentaux de la Charte canadienne des droits et libertés.

Un texte de Thibault Jourdan

« Je pense [que cette décision] viole la Charte canadienne des droits et liberté », insiste le président du Conseil du personnel médical de l’Hôpital Saint-Boniface, le Dr Marcus Blouw.

« Ultimement, ce sera porté devant les tribunaux sur la base de discrimination au nom de la religion », pense le médecin qui exerce à l’Hôpital Saint-Boniface. Il ajoute cependant que cette décision n'aura que peu d'incidence dans la vie de tous les jours à l'hôpital.

Une gouvernance imparfaite

Reste que plus que la décision, c’est la manière dont celle-ci a été prise qui en choque certains. Le professeur à la Faculté d’économie de l’Université de Winnipeg, Kevin Freedman, estime que la structure actuelle du conseil d’administration, où la Corporation catholique de la santé du Manitoba est le seul membre, « pose un problème de gouvernance et est imparfaite ».

« Le fait qu'ils aient été capables [de faire revoter l’amendement] avec un préavis aussi court en neutralisant l’autonomie d’une organisation dont ils nomment déjà les autres représentants me fait penser qu’il y a un défaut majeur quelque part », ajoute-t-il.

Un bon équilibre

Pour sa part, le ministre de la Santé du Manitoba, Kelvin Goertzen, a qualifié la décision à l'hôpital d'« imparfaite », mais représentant un « bon compromis ». L’Hôpital, même s'il refuse d'offrir l'aide médicale à mourir, accepte d'évaluer les patients avant de les transférer vers un établissement qui offre l’aide médicale à mourir.

Kelvin Goertzen a aussi affirmé que, bien que la Cour suprême ait décidé que les Canadiens doivent avoir accès à l'aide médicale à mourir, cet accès ne doit pas être forcément universel.

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