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Profilage racial : la police d’Halifax modifiera ses pratiques

Depuis 2005, la police régionale d'Halifax amasse des données sur ses contrôles de routine.

Depuis 2005, la police régionale d'Halifax amasse des données sur ses contrôles de routine.

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

Tous les agents de la police régionale d'Halifax, du chef aux recrues, recevront une formation en 2018 sur les méthodes justes et impartiales de maintien de l'ordre, afin d'améliorer les pratiques de contrôles de routine, qui ciblent de façon démesurée les personnes afro-néo-écossaises.

Il s’agit d’une des mesures que le service de police a adoptées, a expliqué le chef de police Jean-Michel Blais aux membres de la Commission de police d’Halifax, lundi.

Le service de police mènera aussi un examen de la confidentialité de sa collecte d’information, afin d’évaluer s’il conserve ses données pour une période raisonnable. Il continuera aussi d’analyser les données provenant de ses contrôles de routine et lancera une campagne d’information pour que les citoyens connaissent leurs droits quand ils interagissent avec la police.

Des changements graduels

Dans la plupart des cas, les contrôles impliquent une interaction entre un policier et une personne ou un groupe de personnes. Parfois, le policier note ses observations, sans qu’il y ait communication. Ces contrôles sont enregistrés et incluent des détails sur la personne, dont son âge, son genre, son ethnicité ainsi que le lieu et les raisons de l’interaction.

Le chef de la police régionale d'Halifax, Jean-Michel Blais, indique que tous les agents du service suivront une formation sur les bonnes méthodes de maintien de l'ordre. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef de la police régionale d'Halifax, Jean-Michel Blais, indique que tous les agents du service suivront une formation sur les bonnes méthodes de maintien de l'ordre.

Photo : Radio-Canada / CBC

Selon une enquête de CBC, publiée en janvier, les probabilités que les personnes afro-néo-écossaises soient arrêtées par la police pour des contrôles de routine sont trois fois plus élevées que pour les personnes blanches à Halifax. Ces résultats proviennent de données que la police régionale d’Halifax a collectées de 2005 à 2016.

« Une journée à la fois. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut changer en une seule nuit », a expliqué Jean-Michel Blais après la réunion. « Il faut établir une confiance et nous y travaillons. »

On ne peut pas nous tenir responsables du passé, mais on peut assumer nos gestes présents et futurs.

Jean-Michel Blais, chef de la police régionale d'Halifax

Des tendances

La Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse doit nommer un chercheur indépendant qui collaborera avec le coordonnateur de la recherche pour la police régionale d’Halifax, Chris Giacomantonio, afin d’analyser plus à fond les statistiques. L’étude tentera de comprendre les tendances et vise à déterminer si ces contrôles de routine permettent de réduire la criminalité.

« On doit discuter de l’origine de la surreprésentation des personnes noires », estime Chris Giacomantonio. « Est-ce que ça vient des pratiques policières? Ou est-ce que c’est lié aux quartiers où ont lieu ces contrôles? Y a-t-il d’autres facteurs? »

Pour sa part, Jean-Michel Blais dit que ces vérifications fournissent des informations quotidiennes aux analystes policiers et servent à résoudre des crimes et à en prévenir d’autres. Même si ces données ne montrent pas la force policière d’Halifax sous son meilleur jour, le chef Blais croit qu’elles ont soulevé un important débat dans la communauté.

« Il n’est pas limité aux interactions entre la police et les membres de la communauté, mais concerne aussi des problèmes systémiques qui ont marginalisé des groupes à Halifax », dit-il.

Avec les informations de CBC

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