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Seulement 13 % des Français inscrits ont voté au 2e tour des législatives à Québec

Le président Emmanuel Macron a voté en matinée, dans la coquette station balnéaire du Touquet, où il dispose d'une résidence secondaire avec sa femme, Brigitte.
Le taux d'abstention de ce second tour devrait atteindre 57 % ou 58 %, selon les premières estimations de quatre instituts de sondage publiées dimanche. Photo: Reuters

L'arrivée d'Emmanuel Macron à la tête de la France n'aura pas eu l'effet que certains espéraient sur la participation électorale. À Québec, seulement 13 % des expatriés français inscrits sur les listes électorales se sont présentés aux urnes lors du deuxième tour des législatives.

Un texte d'Alexandre Duval

Ce taux de participation est encore pire que celui qui a été enregistré dimanche, pour l’ensemble de la France, et qui se situait autour de 43 % à la fermeture des bureaux de vote.

À Québec, 9606 Français étaient inscrits sur les listes samedi. De ce nombre, uniquement 1300 se sont présentés aux urnes installées au Collège Stanislas.

Pour Filip Kostelka, chercheur postdoctoral à la Chaire de recherche de l'Université de Montréal en études électorales, ce résultat n’est guère surprenant.

Pour les expatriés, c’est beaucoup plus coûteux d’aller voter quand on compare avec les électeurs en France, car ils doivent s’inscrire d’abord et ils doivent se déplacer ensuite pour voter.

Filip Kostelka, chercheur postdoctoral à la Chaire de recherche de l'Université de Montréal en études électorales

Mais au-delà de ce facteur, Filip Kostelka affirme que les astres étaient alignés pour que le taux d’abstention batte des records lors de ces élections législatives.

Trop d’élections?

Selon M. Kostelka, l’une des raisons principales qui expliquent pourquoi les Français ont été si peu nombreux à se présenter aux urnes concerne le nombre d’élections auxquelles ils ont dû participer, ces dernières années.

Le fait de devoir aller trop souvent aux urnes, dit-il, « a un impact néfaste sur la participation ».

« Pendant les trois dernières années, les Français ont pu voter à plusieurs occasions. » M. Kostela énumère : les élections municipales, les élections européennes, les élections départementales, les élections régionales et l’élection présidentielle qui a eu lieu le 7 mai dernier.

Qui plus est, nombre de ces scrutins comptent deux tours.

La magnitude de cette fréquence électorale est sans précédent dans l’histoire électorale française.

Filip Kostelka, chercheur postdoctoral à la Chaire de recherche de l'Université de Montréal en études électorales

Un parti qui suscite peu de passion

Autre facteur : le mouvement d’Emmanuel Macron, devenu un parti, ne soulève pas vraiment les passions des Français, selon M. Kostelka. La République en marche est « centriste et en général, les forces centristes sont un peu moins mobilisatrices », soutient-il.

On ne sait pas exactement ce que le parti va faire. Les partis centristes, en général, tendent à défendre le statu quo donc ça mobilise un peu moins.

Filip Kostelka, chercheur postdoctoral à la Chaire de recherche de l'Université de Montréal en études électorales

« De plus, [les élections législatives ont] lieu après les élections présidentielles, qui sont considérées comme les élections les plus importantes dans le système français. En gros, l’enjeu de cette élection législative est faible », affirme M. Kostelka.

Malgré le peu d’engouement qu’ont suscité les élections législatives, Emmanuel Macron a tout de même remporté son pari de décrocher une majorité à l’Assemblée nationale française.

N’empêche que la faiblesse du taux de participation pourrait lui nuire éventuellement, selon M. Kostelka. « Ça peut réduire sa légitimité. »

« La majorité qu’il aura sera extrêmement confortable et donc, l’enjeu de ce qui va suivre sera de surmonter l’opposition qui va apparaître dans la rue quand les réformes seront passées », conclut-il.

Samedi, les expatriés français de Québec ont voté à 75 % pour Roland Lescure, le représentant du parti d’Emmanuel Macron, pour combler le siège de la première circonscription des Français à l’étranger. M. Lescure est l’ex-numéro deux de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Politique