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Des Africains francophones veulent freiner la violence conjugale

Des Africaines et des Africains francophones discutent à Edmonton
Une discussion sur la violence familiale suscite le débat entre hommes et femmes d'origine africaine à Edmonton. Photo: Radio-Canada / Camille Martel

L'Alliance Jeunesse Famille de l'Alberta (AJFAS) a tenu samedi une rencontre entre hommes et femmes, Africains francophones, pour discuter de violence familiale. Au cours des derniers mois, après plusieurs discussions avec la communauté, l'organisme a remarqué que le phénomène semblait toucher plusieurs ménages nouvellement arrivés au Canada.

Un texte de Camille Martel

Les échanges se sont rapidement enflammés au Campus Saint-Jean, où se tenait la rencontre.

« Nous ne voulons pas conserver des traditions qui font en sorte que la femme ne se sent pas humaine », a déclaré une participante.

« N'oublions pas que Dieu a créé l'homme en premier », a rétorqué un homme qui s'est levé pour expliquer que, selon lui, l'égalité des sexes n'existait pas.

L'AJFAS espère que la rencontre commune sensibilisera les hommes à leur nouvelle réalité, tout en encourageant les femmes africaines à briser l'isolement.

Dans les dernières semaines, des hommes et des femmes immigrants d'Afrique se sont rencontrés séparément pour discuter de violence familiale et des moyens qu'ils voulaient mettre en oeuvre pour remédier à ce fléau.

Un choc culturel important

« La culture africaine a beaucoup d'éléments qui doivent être revus pour [trouver] un équilibre culturel avec [la culture] du Canada », indique l'instigatrice de la rencontre, Régina Bécoin, chargée de projets à l'AJFAS.

Elle-même ivoirienne, elle a pu constater que l'intégration au Canada est généralement plus facile pour les femmes. Lorsque ces dernières arrivent au Canada, elles se disent que « c'est le pays des femmes ».

Régina Bécoin, chargée de projets à l'AJFAS.Régina Bécoin, chargée de projets à l'AJFAS. Photo : Radio-Canada / Camille Martel

Les hommes, eux, tombent parfois de haut.

En Afrique, l'homme est le chef. C'est lui qui décide tout.

Régina Bécoin, chargée de projets, AJFAS

Pour les hommes, c'est un changement culturel qui peut être frustrant, indique Mme Bécoin, puisqu'il passe de chef de famille à l'égal de la femme.

Ce changement de mentalité prend du temps, souligne le président de l'AJFAS, Luketa M'Pindou. « Nous venons de pays où certaines choses [la violence conjugale] sont considérées, disons, normales ».

Or, le cadre législatif du Canada, dit-il, aide à démontrer aux hommes africains que la violence n'a pas de sexe.

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