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Violences sexuelles sur des locataires : des témoignages pour en générer d'autres

Des femmes se sentent piégées par leur agresseur
Des femmes se sentent piégées par leur agresseur Photo: Radio-Canada

Le Centre d'éducation et d'action des femmes s'est arrêté à Rimouski samedi pour ouvrir un musée éphémère sur les violences sexuelles vécues par des femmes locataires. Une façon de partager des témoignages recueillis et d'encourager les victimes à prendre la parole.

Un reportage de Laurence Gallant

Il était chez moi pour des réparations. J'étais piégée. Il m'a agressée. Il m'a humiliée.

Témoignage anonyme

Ce témoignage fait partie des 120 récits recueillis par le Centre d'éducation et d'action des femmes, puis partagés dans un musée éphémère qui se promène dans quelques villes du Québec, dont Rimouski.

Témoignage d'une femme partagé dans le musée éphémèreTémoignage d'une femme partagé dans le musée éphémère Photo : Radio-Canada

« Pour nous, c'est un travail d'un à un. On rencontrera pas des milliers de personnes, mais on va rencontrer sûrement une centaine de personnes peut-être plus, et ce sont des contacts qu'on voit vraiment comme des contacts multiplicateurs », explique la travailleuse au Centre d'éducation et d'action des femmes, Julie Leblanc.

Cette initiative cherche surtout à joindre les victimes qui ont souvent le même profil : des femmes seules, qui vivent dans un contexte de pauvreté, souvent étudiantes ou immigrantes.

Elles n’ont pas les sous pour déménager […] elles sont enchaînées et emprisonnées à leur condition.

Julie Leblanc, travailleuse au Centre d'éducation et d'action des femmes
Dans le musée éphémère« Les agressions sexuelles, ça touche tout le monde. » - Julie Leblanc Photo : Radio-Canada

Le Centre s'est allié à des organismes de la région comme le CALACS de Rimouski et le Comité logement Rimouski-Neigette pour offrir cet espace de dialogue pour les personnes qui ont vécu de telles situations.

Quand vous êtes un peu isolé dans votre milieu, vous ne connaissez pas nécessairement toute l'entraide qui peut se produire tout autour de vous.

Guy Labonté, coordonnateur du Comité logement Rimouski-Neigette

Des agresseurs qui ont une clé

Selon les données du CALACS, près de huit victimes d'agressions sexuelles sur dix connaissent leur agresseur.

Je dois même dire que cette année, on a eu vraiment beaucoup de demandes par rapport à la question du logement, que ce soit un voisin, harcèlement sexuel, un propriétaire, un concierge…

Pascale Parent, intervenante au CALACS de Rimouski

Dans ces cas, les victimes seront souvent appelées à croiser leurs agresseurs au quotidien. Des agresseurs en possession d'une clé de leur logement.

Un mannequin emprisonné dans un filetL'initiative visait à briser des tabous en présentant différents témoignages de femmes ayant vécu du harcèlement et des agressions dans leur logement. Photo : Radio-Canada

« En plus de vivre les conséquences qu'on vit suite à une agression, il y a toute la question de la sécurité, le sentiment de sécurité que tu n'as plus nécessairement à être chez vous », soulève l'intervenante au CALACS de Rimouski, Pascale Parent.

L'activité éveille d'autres témoignages, à Rimouski comme ailleurs, confirme Julie Leblanc.

Je pense qu'elles ont des images dans leur tête, des noms, des visages aussi qui leur viennent en tête, parce que les agressions sexuelles, ça touche tout le monde.

Julie Leblanc, travailleuse au Centre d'éducation et d'action des femmes

Des personnes seront redirigées vers les CALACS, et qui, dans de plus rares cas, décideront de porter plainte.

Bas-Saint-Laurent

Société