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Des Albertains veulent interdire les thérapies de conversion

Un groupe albertain veut interdire les thérapies de conversion.

Un groupe albertain veut interdire les thérapies de conversion.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Alberta pourrait devenir la troisième province canadienne à bannir les thérapies visant à convertir de jeunes homosexuels et transgenres. Un groupe de l'Université de Lethbridge, dans le sud de la province, a lancé une campagne dimanche dernier pour demander au gouvernement d'interdire ces thérapies pseudo-scientifiques, comme l'ont déjà fait le Manitoba et l'Ontario.

Un texte de Camille Martel

« Mes parents m'ont dit qu'il était impossible d'être gai », explique Dillon Hargreaves, une femme transgenre du sud de l'Alberta. Elle a subi une thérapie de conversion pendant plusieurs années alors qu'elle était adolescente.

À l'époque, sa famille l'avait convaincue que la thérapie changerait son orientation sexuelle.

J'avais peur d'aller en enfer!

Dillon Hargreaves

La thérapie qu'elle a suivie était offerte par un groupe religieux qui stipulait que l'homosexualité provenait de différents facteurs externes qui pouvaient tous être corrigés. « Ils m'ont dit que cela pouvait être dû au fait que j'avais été trop entourée par des femmes lorsque j'étais enfant, ou bien que mes parents ne s'étaient pas assez occupés de moi. »

On lui a aussi fait porter une bande élastique autour du poignet, qu'elle tirait chaque fois qu'elle avait des pensées homosexuelles.

Un noyau religieux au sud de la province

« Dillon est un cas parmi tant d'autres », dit Jenn Takahashi, du groupe de recherche en intérêt public de l'Université de Lethbridge (LPIRG). Selon elle, les thérapies de conversion sont très répandues dans le sud de la province, où la religion est omniprésente.

Son groupe a lancé une campagne dimanche dernier pour demander au gouvernement albertain d'interdire ces pseudo-thérapies qui ne reposent sur aucune base scientifique.

Selon elle, certains thérapeutes pratiquent ces thérapies sur des enfants d'à peine 5 ans, et les abus physiques et mentaux sont la norme plutôt que l'exception. « Le plus troublant, c'est que ces thérapeutes font partie d'un ordre professionnel et que certains de leurs services sont remboursés par la province », explique-t-elle.

Même des adultes se font entraîner de force.

Jenn Takahashi, coordonnatrice du LPIRG

Une problématique pancanadienne

« Peu de gens le savent, mais les médecins avaient encore le droit d'offrir des thérapies de conversion au Québec jusqu'à tout récemment », souligne Bill Ryan, psychothérapeute et professeur de travail social à l'Université McGill.

Selon lui, bien que certaines provinces aient des valeurs plus conservatrices, c'est un phénomène qu'il qualifie de dangereux et que l'on observe partout au pays.

Les séquelles peuvent être graves, allant de la dépression au suicide.

Bill Ryan, professeur à l'Université McGill

Ces thérapies sont d'ailleurs condamnées par l'Association américaine de psychiatrie, qui a déjà établi par le passé que l'homosexualité n'est pas une maladie.

Le groupe de l'Université de Lethbridge a pour sa part mentionné que plusieurs députés leur avaient signifié qu'ils souhaitaient présenter leur requête à l'Assemblée législative l'automne prochain, lors de la reprise des activités.

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