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Adoption : meilleur accès aux origines et explosion de joie

L’émotion était vive à l’Assemblée nationale, alors que le projet de loi permettant aux personnes adoptées d'obtenir des informations sur l'identité de leurs parents, même s'ils sont décédés, a été adopté.
L’émotion était vive à l’Assemblée nationale, alors que le projet de loi permettant aux personnes adoptées d'obtenir des informations sur l'identité de leurs parents, même s'ils sont décédés, a été adopté. Photo: Radio-Canada

Moment d'émotion à l'Assemblée nationale du Québec, alors que le projet de loi 113 sur l'adoption a été approuvé à l'unanimité par les députés. Ces derniers ont presque tous quitté leur siège pour applaudir les personnes adoptées venues assister au vote dans les tribunes du Salon bleu.

Un texte de Nicolas Vigneault

La loi qui vient modifier le Code civil du Québec permettra maintenant à des personnes adoptées d'obtenir des informations sur l'identité de leurs parents, même s'ils sont décédés. Auparavant, le consentement des parents biologiques était requis pour que des enfants adoptés puissent connaître l'identité de leurs parents, ce qui rendait le tout impossible si ces derniers étaient décédés.

Émotion à son comble

« C'est un grand jour », a lancé, la voix étreinte par l'émotion, Caroline Fortin, présidente du Mouvement Retrouvailles, qui travaille sur ce dossier au nom des personnes adoptées depuis une vingtaine d'années. « Il y a finalement énormément de personnes qui vont pouvoir connaître leur origine », a-t-elle dit avec soulagement.

Diane Poitras, de Lévis, a carrément éclaté de joie lors d'une conférence de presse en compagnie de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

« La première chose, c'est avoir le nom de ma mère, puis je pense que je vais le mettre sur mon coeur, puis je vais me bercer avec. Moi, ça fait 25 ans que je cogne à la porte du gouvernement, puis vous l'avez ouverte, la porte », a lancé Mme Poitras en se tournant vers la ministre.

« Je veux transmettre ma vérité à mes enfants, à mes petits enfants et aux descendants qui suivront », a ajouté Diane Poitras, avant d'y aller de cette phrase qui prend tout son sens avec l'adoption du projet de loi 113.

Les deux jours les plus importants de votre vie, c'est le jour de votre naissance et le jour où vous comprendrez pourquoi.

Diane Poitras

« Aujourd'hui, c'est un beau moment », a dit la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, en rappelant que le projet de loi avait fait l'objet de 47 amendements afin d'être bonifié pour permettre notamment aux personnes adoptées de retrouver plus facilement leurs frères et soeurs.

Moment d'émotion à l'Assemblée nationale

Unité politique

Ce dossier très émotif a clairement permis de rassembler les politiciens plutôt que de les diviser. Le Mouvement Retrouvailles, qui accompagnait la ministre Vallée, est d'ailleurs revenu en conférence de presse, cette fois aux côtés de la critique officielle de l'opposition en matière de justice, Véronique Hivon.

C'est un grand message contre le cynisme à l'égard de la politique, parce que les parlementaires sont capables de travailler ensemble dans l'intérêt supérieur de la population.

Véronique Hivon, critique officielle de l'opposition en matière de justice

« De le faire à la fin de la session, je trouve ça extraordinaire, parce que ça nous laisse sur une très belle note, de nous montrer ce que la politique peut avoir de plus beau », a conclu la députée péquiste qui avait fait une sortie il y a un mois pour presser le gouvernement d'adopter le projet de loi avant la fin de la session parlementaire.

Le Mouvement Retrouvailles n'a pas manqué également de souligner le travail du député Simon Jolin-Barrette, de la CAQ, qui avait aussi fait une sortie publique il y a quelques mois pour presser le gouvernement d'agir dans ce dossier.

Ce que prévoit la loi

Le projet de loi 113 permettra aux personnes adoptées d'avoir accès à leur dossier si leurs parents biologiques n'inscrivent pas de refus dans un délai de 12 mois.

Il reconnaît également les adoptions coutumières, qui permettent aux parents autochtones de partager ou de transférer leurs responsabilités parentales aux membres de leur famille, de façon permanente ou temporaire, en cas de difficultés personnelles ou financières.

Avec la Presse canadienne

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