•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trois musulmanes disent avoir perdu leur emploi après s’être plaintes d’islamophobie

Amino Rashid affirme que ses collègues ont parlé de « capuche » pour désigner son hijab.
Amino Rashid affirme que ses collègues ont parlé de « capuche » pour désigner son hijab. Photo: Radio-Canada

Trois musulmanes qui travaillaient pour un sous-traitant de la pétrolière Husky près de Lloydminster, en Saskatchewan, affirment avoir été licenciées juste après s'être plaintes de propos islamophobes de la part de collègues.

Un texte de Laurent Pirot

Amino Rashid, 24 ans, et deux de ses anciennes collègues ont déposé une plainte auprès de la Commission albertaine des droits de la personne. Elles ont déposé une autre plainte auprès de Husky Energy, qui a ouvert une enquête interne.

La jeune femme assure qu’elle a été prise à partie le 31 mai par un collègue qui lui a crié de loin de retirer le foulard islamique qu’elle portait et qu’il aurait appelé « capuche ». Elle dit qu’elle s’est plainte de cet incident, mais que l’homme a ensuite continué à la harceler à ce sujet.

Trois jours plus tard, un autre collègue lui aurait demandé de « retirer cette chose » parce qu’« il y a des gens qui se sentent mal à l’aise ». Amino Rashid dit avoir défendu son hijab avec colère et que son interlocuteur lui a répondu : « C’est comme ça que ça se passe ici. »

Le même jour, la jeune femme et deux de ses collègues musulmanes ont perdu leur emploi à la raffinerie Husky de Lloydminster, à la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan.

Licenciées au hasard

Dans la conversation qu’elles ont enregistrée ensuite avec un de leurs superviseurs, celui-ci dit que des postes étaient supprimés et assure que leurs noms ont été choisis au hasard.

« Ça m’a choquée parce que, normalement, dans une situation comme ça, on met à la porte celui qui est le harceleur », raconte-t-elle

On ne licencie pas la victime, on ne licencie pas la personne qui essaye de se défendre.

Amino Rashid

Mme Rashid assure que, lors de son embauche, ses superviseurs l’avaient spontanément assurée que son hijab ne posait de problèmes ni au sous-traitant Newcart ni à Husky.

Husky enquête

Husky Energy a ouvert une enquête après des questions posées par CBC. « Étant donné le sérieux des accusations, nous allons enquêter auprès de notre sous-traitant pour nous assurer que toutes les règles et les procédures de Husky sont respectées », a répondu le porte-parole, Mel Duvall.

Husky demande à ses sous-traitants de respecter ses pratiques en matière de diversité.

L’entreprise Newcart a refusé de faire des commentaires sur le cas des trois anciennes employées, mais assure répondre autant que possible aux besoins de nature religieuse de ses employés.

Alberta

Société