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Okra, aubergines asiatiques et bok choy seront bientôt des légumes ontariens

Des légumes d'ailleurs cultivés ici

Le ministère de l'Agriculture veut augmenter la production locale d'« aliments du monde » en vue d'offrir aux Ontariens plus d'aliments qui reflètent leur diversité. Il demande au public quels sont les produits alimentaires traditionnellement importés qu'ils apprécient dans leurs assiettes.

Un texte de Claudine Brulé

L’Ontario souhaite diversifier la production de légumes. C'est le cas de la ferme Simpler Thyme, dans le nord de Hamilton, où l’on fait entre autres pousser bok choy, mizuna, cho-ho, poires asiatiques, komatsuna et aubergines asiatiques.

Le bok choy dans les mains d'un hommeBok choy de la ferme Simpler Thyme, à Hamilton Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé

Ce n’est pas important d’où vient [la plante] : s’il y a des étés comme les nôtres, il est possible de faire pousser à peu près n’importe quoi.

Bill Orosz, l’un des gérants de la ferme
La journaliste Claudine Brulé et Bill dans un champBill Orosz, l’un des gérants de la ferme Simpler Thyme, dans le nord de Hamilton Photo : Radio-Canada

Il ajoute que les « aliments du monde » qu’il fait pousser à sa ferme trouvent toujours des acheteurs dans les marchés publics où il allait vendre ses récoltes.

Les légumes non traditionnels représentent des ventes de plus de 61 M$ par mois seulement pour la grande région de Toronto, rapporte une étude qu'a réalisée en 2011 le professeur Glen Filson, de l’Université de Guelph, avec ses collègues Bamidele Adekunle et Sridharan Sethuratnam.

Le professeur en entrevue à l'extérieurLe professeur Glen Filson de l’Université de Guelph Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé
Petites poires sur le poirierPoires asiatiques de la ferme Simpler Thyme de Hamilton Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé

« Nous devons refaire cette étude pour voir ce qui a changé, mais selon mes estimations, c’est aujourd’hui un marché d’environ 850 M$ par année », indique le professeur Filson. Son étude révèle aussi que plus de la moitié des répondants se disent prêts à payer davantage pour des produits de qualité supérieure et facilement accessibles.

Aubergines cueillies rondes et longues Aubergines asiatiques du centre de recherche Vineland Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé
 

Les agriculteurs ontariens n’ont pas adopté les « aliments du monde » en grand nombre, rapporte le professeur Filson : « Il y a une perception selon laquelle le marché [pour les aliments ethnoculturels] n’est pas aussi vaste que celui des tomates par exemple », dit-il.

 

C’est une perception que le docteur Viliam Zvalo, du centre de recherche Vineland, tente de démystifier.

Photo du docteur avec une aubergine dans la mainLe docteur Viliam Zvalo, du centre de recherche Vineland Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé

Dans des serres et des champs de la région du Niagara, il fait pousser des okras et des aubergines asiatiques pour découvrir les meilleures techniques, qu’il partage avec les agriculteurs.

Il a par ailleurs déterminé que la culture de l’okra peut rapporter plus de revenus que la culture de légumes plus traditionnels (comme les carottes).

Cueillettes d'okrasOkras (ou gombos), fleur d'okra et champ d'okras Photo : Centre de recherche et d’innovation Vineland

En 2015, l'Ontario a importé pour plus de 10 M$ d'okras et plus de 18 M$ de toutes les variétés d'aubergines, indique le ministère provincial de l’agriculture.

Le ministre de l’Agriculture de l'Ontario, Jeff Leal, affirme que les aliments du monde ont un potentiel de croissance immense.

Son ministère explique qu'en « règle générale, les gens ayant des racines asiatiques du Sud, chinoises et afro-antillaises consomment plus de légumes frais et consacrent une plus grande partie du revenu de leur ménage à des produits frais - jusqu'à 40 pour cent -, comparativement à la moyenne canadienne ».

Serres de légume okraLes serres du centre Vineland Research & Innovation Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé
  • Les nouveaux Canadiens consomment de 6 à 10 fois plus de chèvre, de veau, d'agneau et de lapin comparativement à la moyenne canadienne. (Source : ministère de l’Agriculture de l’Ontario)
  • Pour mieux cibler ses investissements, le gouvernement ontarien demande aux Ontariens de lui dire quels aliments du monde ils aiment consommer et lesquels ils voudraient voir produits en Ontario - le tout au moyen d'un sondage qui sera en ligne tout l’été.

Toronto

Agro-industrie