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D’un voilier renversé dans l'Atlantique au luxe du Queen Mary II

Mervyn Wheatley, navigateur britannique en solitaire secouru dans l'Atlantique par le Queen Mary II, cette semaine.

Mervyn Wheatley, navigateur britannique en solitaire secouru dans l'Atlantique par le Queen Mary II, cette semaine.

Photo : Paul Gibbins Photography/Royal Western Yacht Club

CBC
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'un des navigateurs secourus ces derniers jours pendant une course transatlantique en solitaire a décrit, à son arrivée à Halifax, comment il est passé d'un voilier renversé au grand confort du paquebot Queen Mary II.

Le Britannique Mervyn Wheatley, 73 ans, est l’un des concurrents d’une course transatlantique en solitaire ou en duo secourus, depuis vendredi dernier, dans une mer déchaînée.

Dans le cas de M. Wheatley, tout s’est passé très vite. Sans crier gare, son voilier, le Tamarind, s’est renversé au milieu de l'Atlantique avant de se redresser tout seul. À l’intérieur, « tout était en désordre », a-t-il expliqué en débarquant du Queen Mary II à Halifax mardi.

« Il y avait de l’eau au-dessus des lattes du plancher, mais les lattes elles-mêmes avaient disparu. Il y avait de la nourriture, des vêtements dispersés aux quatre coins de la cabine. Évidemment, tous les systèmes électriques étaient en panne. »

— Une citation de  Mervyn Wheatley, navigateur en solitaire

L’ancien major de la marine britannique a gardé son sang-froid et s’est mis à pomper l’eau.

Mervyn Wheatley
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Mervyn Wheatley

Photo : CBC/Stephanie Clattenburg

Il ne sentait pas le besoin d’appeler les secours, mais il s’est rendu compte que sa balise de détresse s’était activée toute seule.

Il reconnaît avoir ressenti un grand soulagement en entendant les moteurs de l’avion lancé à sa recherche puisqu’à ce moment-là, les vents soufflaient à 130 km/h.

« J’étais tellement soulagé que je ne pouvais même pas communiquer avec ma radio. »

Premières tentatives de sauvetage infructueuses

L’appareil militaire canadien a tenté de lui larguer une radio plus performante et deux canots de sauvetage, mais l’opération a échoué parce que la mer était trop démontée.

Un avion Hercule de l'armée canadienne
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Les secours sont d'abord venus de l'armée canadienne

Photo : La Presse canadienne/Le caporal Vincent Carbonneau

Un navire marchand et un avion portugais sont ensuite arrivés dans la zone. Encore une fois, les conditions en mer ont été jugées trop mauvaises pour risquer un sauvetage.

« Les vagues étaient énormes. S’ils avaient tenté [un sauvetage], je serais mort, c’est certain », affirme le marin.

Finalement, au petit matin le lendemain, la mer s’était calmée suffisamment pour qu’il soit secouru. L’appareil canadien qui survolait toujours la zone l’a prévenu que le navire marchand de la veille se trouvait toujours à proximité, de même que le paquebot Queen Mary II.

« Je choisis le Queen Mary II »

« J’ai dit au pilote : “Si j’ai le choix, je choisis le Queen Mary II si ça ne vous dérange pas” », raconte-t-il avec son humour britannique.

Il assure qu’il ne pensait pas au luxe du paquebot en faisant ce choix, mais plutôt au fait que son évacuation du voilier se ferait de façon plus sécuritaire.

Le troisième capitaine du Queen Mary II, Robert Bissell, explique que l’équipage du paquebot s’entraîne régulièrement pour des opérations de secours en mer. C’était la première fois, toutefois, que cet entraînement était mis à l’épreuve.

Le troisième officier du Queen Mary 2, Robert Bissell
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Le troisième officier du Queen Mary 2, Robert Bissell, affirme que l'équipage du paquebot s'entraîne régulièrement pour des opérations de secours en mer.

Photo : CBC/Stephanie Clattenburg

Un canot de sauvetage a été descendu à partir de son perchoir, 29 mètres au-dessus de l’océan. Il s’est approché du Tamarind ballotté par des vagues de 3 à 4 mètres et Mervyn Wheatley a alors pu sauter à bord.

Le bateau a ensuite été remonté pendant que les passagers, sur les 10 ponts du paquebot, applaudissaient au passage.

La grande vie

« Ensuite, ça a été la grande vie », décrit le naufragé. Après un examen médical, on lui a assigné une cabine de première classe.

Le Queen Mary II à l'ancrage à Halifax
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Le Queen Mary 2 à l'ancrage à Halifax

Photo : CBC/Stephanie Clattenburg

« Je me tenais là, debout, et je riais, dit-il. Le contraste entre ce que je venais de quitter [...] et cette cabine était surréel! »

En dépit de sa mésaventure, il n’a pas fait une croix sur sa carrière de navigateur en solitaire. « Ce serait plutôt triste de finir comme ça. Je serai donc de la prochaine course », annonce-t-il.

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