•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Affaire Vadeboncoeur : trois des quatre policiers acquittés

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Les policiers accusés d'avoir malmené Alexis Vadeboncoeur à la suite d'une arrestation en 2013 dans un couloir du palais de justice de Trois-Rivières

Les policiers accusés d'avoir malmené Alexis Vadeboncoeur à la suite d'une arrestation en 2013

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Trois des quatre policiers accusés d'avoir tabassé Alexis Vadeboncoeur lors d'une arrestation en février 2013 à Trois-Rivières sont acquittés de tous les chefs d'accusation qui pesaient contre eux. Barbara Provencher, Dominic Pronovost et Marc-André St-Amand sont déclarés non coupables.

Le juge Steve Magnan croit que les trois agents ont utilisé la force nécessaire pour cette intervention considérée « à haut risque ». Il reproche cependant à Kaven Deslauriers d'avoir outrepassé les limites.

Le policier a été reconnu coupable de voie de fait simple à l'endroit d'Alexis Vadeboncoeur. Le juge Magnan a livré son jugement lundi dans une salle de cour bondée, au palais de justice de Trois-Rivières.

La force utilisée par l’agent Deslauriers est excessive, les coups ne sont pas donnés dans l’objectif précis de menotter Alexis Vadeboncoeur, ils le sont plutôt dans le but de lui occasionner une douleur.

Extrait du jugement de 28 pages

Alors que ses trois collègues rentrent chez eux l'esprit libre, Kaven Deslauriers devra revenir en cour vendredi, pour les représentations sur la peine.

La Couronne a 30 jours pour faire appel du jugement. D'ici là, l'avocate Aryane Guérin compte réviser la décision.

Les quatre policiers faisaient notamment face à des accusations de voies de fait armées, de voies de fait causant des lésions et de fabrication de faux rapports.

Je suis déçu de la décision. Depuis le début, je crois fermement à l’innocence de mes quatre collègues.

Louis Lesage, président de l’Association des policiers-pompiers de la Ville de Trois-Rivières

Le syndicat des policiers compte analyser la décision dans les prochains jours.

Photo d'Alexis Vadeboncoeur prise après son arrestation, en février 2013. Cette image a été présentée en preuve au cours du procès.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo d'Alexis Vadeboncoeur prise après son arrestation, en février 2013. Cette image a été présentée en preuve au cours du procès.

Photo : Radio-Canada / Maude Montembeault

Alexis Vadeboncoeur a menti, selon le juge

Le juge Steve Magnan affirme qu’Alexis Vadeboncoeur a « échoué le test de la crédibilité ». Il croit qu'il a exagéré la violence de son arrestation et la nature de ses blessures. Le juge dit aussi que Vadeboncoeur a menti.

Par exemple, Alexis Vadeboncoeur a déclaré avoir lancé son arme (qui était un jouet) à six pieds de lui, mais il a atterri beaucoup plus près, peut-on lire dans le jugement.

Le jeune homme affirme aussi avoir facilité la mise des menottes, alors que la vidéo de l'arrestation montre qu'il glisse les bras sous son corps lorsque l'agent Pronovost le touche.

Le juge a donc disqualifié son témoignage pour se fier davantage à la vidéo et aux policiers.

Le témoignage d’Alexis Vadeboncoeur n’est pas fiable.

Steve Magnan, juge

Le juge croit que la consommation de drogue, combinée au stress, a affecté la mémoire du jeune homme.

La Couronne regrette-t-elle d'avoir fait témoigner Alexis Vadeboncoeur?

À cette question, Me Aryanne Guérin répond qu'« il est le plaignant dans ce dossier-là, il a subi des blessures et des conséquences [de l'arrestation], donc il est un témoin extrêmement important et essentiel dans le dossier ».

Rappel des faits

Alexis Vadeboncoeur a été intercepté dans le stationnement du Cégep de Trois-Rivières alors qu’il venait d’effectuer un vol de médicaments dans une pharmacie du boulevard des Récollets pour lequel il a purgé une peine d'emprisonnement.

L'intervention des policiers a été captée par une caméra de surveillance du Cégep. Elle a fait l'objet d'une longue analyse durant le procès.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Vidéo de l'arrestation d'Alexis Vadeboncoeur

Extrait de la vidéo de surveillance de l'arrestation d'Alexis Vadeboncoeur

Photo : Cégep de Trois-Rivières

Après l’arrestation, la Ville de Trois-Rivières a suspendu les quatre policiers sans solde et a finalement congédié deux d'entre eux, Marc-André St-Amant et Kaven Deslauriers. Ils reçoivent tout de même tous une allocation de leur syndicat depuis leur suspension.

Lundi, la Ville a précisé que des enquêtes disciplinaires sont toujours en cours et qu'elle n'émettra aucun commentaire avant la fin de ce processus.

Le procès contre Barbara Provencher, Marc-André St-Amant, Kaven Deslauriers et Dominic Pronovost a débuté le 19 septembre 2016. Il aura duré 32 jours.

Un juge de Québec présidait le procès, alors que les avocats des policiers étaient de Montréal. Le directeur des poursuites criminelles et pénales a délégué une avocate de Saint-Jérôme pour diriger le dossier afin d'éviter les conflits d’intérêts potentiels.

Poursuite au civil

En janvier, Alexis Vadeboncoeur a appris qu’il pouvait aller de l'avant avec sa poursuite au civil contre les policiers accusés de voies de fait à son endroit lors de son arrestation en février 2013.

La Cour suprême du Canada a rejeté la demande d'autorisation d'appel des quatre policiers.

Vadeboncoeur les poursuit pour 2,3 millions de dollars en dommages et intérêts.

Alexis Vadeboncoeur et deux employés de la pharmacie les mains levés.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alexis Vadeboncoeur a été reconnu coupable de vol qualifié commis dans une pharmacie du boulevard des Récollets, à Trois-Rivières, le 2 février 2013. L'arme était un jouet en forme de pistolet.

Photo : AFP / Police de Trois-Rivières

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.