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L'OTAN à la rescousse des pays baltes et de la Pologne face à la menace russe

Le drapeau de la Lituanie est flanqué d’un côté par celui de l’Union européenne, et de l’autre, par celui de l’OTAN.

Le drapeau de la Lituanie est flanqué d’un côté par celui de l’Union européenne, et de l’autre, par celui de l’OTAN.

Photo : Radio-Canada / Alexey Sergeyev

Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'OTAN achève de déployer un contingent de 1000 soldats dans chacun des pays baltes et en Pologne. Le contingent de 450 Canadiens sera officiellement accueilli au camp Adazi de Riga, en Lettonie, le 19 juin prochain. Le but de cette présence militaire de l'OTAN est de rassurer ces populations, inquiétées notamment par l'annexion de la Crimée par la Russie.

En Lituanie, par exemple, on ne cache pas son inquiétude, alors que l’OTAN et la Russie prévoient d’importants exercices militaires dans cette région.

Chaque dimanche, pendant la cérémonie de levée des drapeaux devant le palais présidentiel, la Lituanie affiche les choix qu'elle a faits depuis 1990 lorsqu'elle a quitté l'Union soviétique.

Ce pays de trois millions d’habitants vit une période de grande tension et, comme dans les autres pays baltes et en Pologne, les exercices militaires se multiplient avec des troupes de l’OTAN pour coordonner les équipements et les techniques de combat.

Vytautas Landsbergis
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Vytautas Landsbergis

Photo : Radio-Canada / Alexey Sergeyev

Vytautas Landsbergis est très respecté : il a été le premier président de la Lituanie après l’ère communiste. Il nous a confié qu’il s’impatientait de voir arriver ces troupes de l’OTAN.

« C’est excellent, cette arrivée des troupes de l’OTAN. On attendait ça depuis longtemps. Nous voulons vivre dans la paix et la sécurité, surtout en cette période très critique. L’OTAN nous donne cette garantie. »

— Une citation de  Vytautas Landsbergis, premier président de la Lituanie
Célébrations du 25e anniversaire de la brigade d’infanterie mécanisée de la Lituanie, les Loups de Fer.
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Célébrations du 25e anniversaire de la brigade d’infanterie mécanisée de la Lituanie, les Loups de Fer.

Photo : Radio-Canada / Alexey Sergeyev

Parmi les centaines de militaires, on retrouve ces troupes de l’OTAN venues rassurer les Lituaniens.

On peut se demander ce que ces troupes pourraient faire face à l’immense armée russe.

Vytautas Zucas
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Vytautas Zucas

Photo : Radio-Canada / Alexey Sergeyev

Le général Vytautas Zucas est le chef des armées de Lituanie. « Je ne sais pas ce qu’on arriverait à faire, on verra bien, dit-il, mais la dissuasion est très importante pour nous. C’est un message important pour notre société, nous sommes amis et partenaires des autres pays de l’OTAN. C’est important d’avoir ces amis en ce moment. »

Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, est venu ici récemment. Il a d’ailleurs promis de déployer toutes les forces nécessaires tant qu’une nation ne respectera pas la loi internationale. Sous-entendu :  la Russie…

Du côté russe, on accuse l’OTAN de ne pas respecter ses engagements, pris dans les années 1990, de ne pas déployer ses troupes près des frontières de la Russie.

En entrevue à Moscou, Sergei Markov, qui dirige l’Institut d’études stratégiques de Moscou, nous disait : « Cela veut dire qu’on ne peut pas faire confiance à l’OTAN. »

Pendant que cette guerre verbale se poursuit, la Lituanie construit une clôture le long de sa frontière avec le territoire russe.

Eimutis Misunas
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Eimutis Misunas

Photo : Radio-Canada / Alexey Sergeyev

Le ministre de l’Intérieur Eimutis Misunas a planté lui-même les premiers poteaux qui soutiendront un grillage long de 45 kilomètres. « Nous comprenons que cette clôture ne pourra pas arrêter des blindés et d'autres véhicules militaires, bien sûr », dit-il.

Il s’agit en fait de prévenir les passages illégaux de la frontière, y compris par des agents provocateurs, venus du territoire russe.

Juste en face, il y a l’enclave russe de Kaliningrad, qui comprend une importante base navale, et où l'on a déployé des missiles Iskander, capables de transporter une charge nucléaire.

Dans le pays, plusieurs se préparent à une forme de résistance. Le gouvernement a distribué plusieurs dizaines de milliers de livrets dans le pays pour indiquer quoi faire en cas d’attaque russe.

Linas Idzelis
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Linas Idzelis

Photo : Radio-Canada / Alexey Sergeyev

Le lieutenant-colonel Linas Idzelis, chef de l’information du ministère de la Défense, a rédigé ces manuels d’instruction pour s’assurer que la population reste sur ses gardes.

« Être voisin de la Russie, c’est comme vivre près d’un volcan. »

— Une citation de  Linas Idzelis

Il participe d’ailleurs, occasionnellement, à l’entraînement de membres de la garde nationale, une milice indépendante composée de volontaires. Ils sont 10 000 dans le pays. Ces civils doivent payer leurs armes et leurs uniformes.

C'est le cas des frères Vizbaras, qui possèdent une compagnie fabriquant des semi-conducteurs. L’annexion de la Crimée les a motivés à se joindre à cette milice qui se prépare à la guérilla.

Kristijonas Vizbaras
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Kristijonas Vizbaras

Photo : Radio-Canada / Alexey Sergeyev

« Nous pouvons compliquer les choses pour un envahisseur, combattre derrière les lignes ennemies, nous dit Kristijonas Vizbaras. Nous pouvons les retenir jusqu’à ce que les troupes de l’OTAN arrivent à la rescousse. »

Ce qui en inquiète plus d'un ici, c’est que la Russie, avec le Bélarus, doit tenir en septembre un vaste exercice militaire tout près des pays baltes et de la Pologne qui, selon l'OTAN, pourrait compter jusqu’à 100 000 participants.

Cet exercice, surnommé ZAPAD, qui veut dire l’Ouest, est un événement annuel, mais il doit avoir une ampleur sans précédent cette année.

Cet été, les pays baltes, la Pologne et des milliers de militaires de l’OTAN, dont des centaines de Canadiens, ont le regard tourné vers l’Est, vers le voisin russe.

Raymond Saint-Pierre est correspondant à Moscou

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