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Décontamination de l’ancienne usine Aleris : Trois-Rivières s’impatiente

Le site de l'ancienne usine Aleris dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières.
Le site de l'ancienne usine Aleris dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières, le 20 octobre 2016 Photo: Radio-Canada / Josée Ducharme

Trois-Rivières presse le gouvernement québécois de décontaminer le site de l'ancienne usine Aleris, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. L'usine de transformation d'aluminium est fermée depuis 2008.

Un texte de Marilyn Marceau et Claudie Simard

« Il y a environ 24 000 litres d’huile lourde en dessous, près de la nappe phréatique », affirme le maire Yves Lévesque. Le terrain ne peut pas être développé, tant qu’il ne sera pas décontaminé.

Lors de la séance du conseil municipal, lundi soir, les élus ont fait part de leur intention de « faire des pressions auprès du ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ».

La Ville est prête à « laisser sur la table » les 780 000 $ en taxes que lui doit l’actuel propriétaire du site, l’Américain Tim Martinez, à condition que le ministère « procède à la décontamination complète du terrain et des bâtiments ».

On ne veut pas récupérer un terrain pour lequel on aura des millions à dépenser pour la décontamination.

Yves Lévesque, maire de Trois-Rivières

Un nouveau quartier résidentiel

En entrevue à l'émission Facteur matinal, le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque a parlé du projet qu'il avait pour ce terrain.

Il estime qu'il peut accueillir 280 nouvelles résidences qui seraient situées à proximité des écoles.

Ce qu’on voudrait faire, c’est de construire des maisons pour les premiers acheteurs.

Yves Lévesques, maire de Trois-Rivières

Ce développement « donnerait un coup de pouce au secteur de façon incroyable » selon lui.

Yves Lévesque explique que la partie où se trouve l’usine est hautement contaminée, c’est pourquoi il la transformerait en espace vert.

Cette option diminue aussi les coûts de décontamination.

Il n’a pas été en mesure de dévoiler combien coûterait la décontamination totale du site ; le coût varie en fonction du degré de décontamination qui n’est pas le même pour un projet résidentiel.

Reproches au gouvernement

Le maire de Trois-Rivières accuse le gouvernement du Québec de ne pas prendre ses responsabilités dans le dossier et d’avoir manqué des occasions d’obtenir des fonds pour décontaminer le site.

Yves Lévesque souligne que deux entités liées au gouvernement ont été actionnaires de cette usine dans le passé, notamment l’ancienne Société générale de financement (SGF), devenue Investissement Québec. Le ministère a donc la responsabilité morale d’agir, selon lui.

L’entreprise qui opérait l’usine juste avant la fermeture, Aleris, a fait faillite. Le maire martèle toutefois que d’anciens propriétaires de ce site sont toujours en affaires.

Alcoa fait des demandes au gouvernement pour avoir des tarifs préférentiels pour faire fonctionner ses usines, ce qui est correct, mais ils ont une responsabilité légale et morale de faire en sorte d’intervenir, surtout qu’ils ont reconnu [...] leur responsabilité au niveau de la contamination.

Yves Lévesque, maire de Trois-Rivières

Yves Lévesque croit aussi que Québec aurait dû empêcher la vente des équipements qui se trouvaient dans l’usine. Ça aurait pu être « une poignée pour être obligé de garder un montant d’argent pour la décontamination ».

En guise de réponse, le député de Champlain affirme que son gouvernement est ouvert à entamer les démarches de décontamination.

Pierre-Michel Auger soutient avoir parlé au ministre de l’Environnement David Heurtel, qui serait d’accord pour faire avancer le dossier.

Il estime que les coûts reliés à la décontamination pourraient s'élever à quelque 25 millions de dollars.

Bâtisse vide au Cap-de-la-MadeleineSite de l'ancienne usine Aleris, à Trois-Rivières, le 5 juin 2017 Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Procédures judiciaires

Le ministère de l'Environnement a déboursé environ 10 millions de dollars en lien avec les problèmes de contamination de l’ancienne usine. Il a notamment entamé des procédures judiciaires et dû effectuer de la surveillance sur le site.

La Ville de Trois-Rivières croit que rien n’empêche le gouvernement de décontaminer le site, tout en poursuivant ses démarches judiciaires.

Le maire Lévesque se dit « tanné » que le dossier traîne et souhaite passer à la prochaine étape, soit de vendre le terrain à un promoteur.

Une sortie à saveur électorale

Le candidat à la mairie et conseiller municipal Jean-François Aubin croit quant à lui que le maire Yves Lévesque tente de gagner la faveur populaire dans le but de gagner les élections municipales prévues en novembre.

Oui, ça sent les élections.

Jean-François Aubin, candidat à la mairie de Trois-Rivières

L’opposant au maire actuel estime que c’est un dossier sur lequel « on a dormi au gaz », affirmant que la mairie a laissé ce secteur de Cap-de-la-Madeleine dépérir pendant trop longtemps.

Cependant, il est satisfait de voir que le dossier bouge; il a d’ailleurs voté pour la résolution adoptée lundi au conseil municipal, demandant au gouvernement de décontaminer le site.

Mauricie et Centre du Québec

Protection des écosystèmes