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L'Office national de l'énergie veut mieux consulter les Autochtones sur Énergie Est

Photo de morceaux de pipeline
Des morceaux de pipeline Photo: Reuters / Terray Sylvester

L'Office national de l'énergie (ONE) a lancé lundi une initiative visant à améliorer le processus d'audiences pour les projets Énergie Est et Réseau principal Est en recueillant les commentaires des populations autochtones.

Un texte de Jean-Philippe Guilbault

La consultation, qui se déroule sur un site Internet, durera jusqu’au 15 juillet et vise notamment à améliorer la collecte des preuves orales traditionnelles.

Quatre membres de l’ONE ont été mandatés pour mener à bien ces consultations : l’ancien sous-ministre aux Affaires indiennes et du Nord Alain Jolicoeur, l’avocate et membre du Barreau autochtone Wilma Jacknife, l’ancien directeur de la Société régionale inuvialuit Damien Côté et l’ancien fonctionnaire néo-brunswickois Ronald Durelle.

L’ONE espère ainsi « mobiliser plusieurs des plus de 200 groupes autochtones susceptibles d'être touchés par les [deux] projets ».

L’organisme s'est heurté à plusieurs critiques et, en janvier dernier, il a fait table rase de toutes les consultations précédentes concernant le projet d’oléoduc Énergie Est.

Méfiance autochtone

Pour sa part, le grand chef de Kanesatake, Serge Simon, estime que le choix du gouvernement Trudeau est déjà fait.

« Les consultations publiques, c’est juste pour justifier la construction de pipelines », croit-il.

À son avis, le processus que cherche à mettre en place l’ONE ne sert qu’à montrer à la communauté internationale « qu’ils ont tout fait » pour consulter les Autochtones.

Le grand chef se questionne sur ce que le gouvernement décidera de faire si la population refuse en bloc le projet d’oléoduc.

Serge Simon précise également avoir discuté avec plusieurs chefs autochtones. Peu d’entre eux seraient prêts à transmettre leur savoir traditionnel, malgré les accommodements que cherche à mettre en place l’organisme.

« Il y a une très grande réticence à partager la connaissance traditionnelle, surtout à l’industrie », affirme le leader mohawk.

Le grand chef mentionne que les nations signataires du Traité autochtone contre l’expansion des sables bitumineux – qu'il évalue maintenant à 123 au Canada et aux États-Unis – surveilleront ces développements avec attention.

De son côté, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, souligne que son organisation s'attend toujours à une modernisation de plusieurs autres aspects, notamment le soutien financier permettant à certaines communautés de témoigner lors des audiences. Dans un échange de courriels, M. Picard rappelle que l'APNQL est toujours opposée au projet d'oléoduc Énergie Est.

Le projet Énergie Est est un pipeline de 4500 km traversant six provinces et visant à acheminer 1,1 million de barils de pétrole de l’Alberta jusque dans l’Est canadien.

Le Réseau principal Est propose pour sa part la construction d’un gazoduc et de différentes installations entre Markham et Brouseville, en Ontario.

L'Office national de l'énergie n'a pas répondu à nos demandes d'entrevue.

 

Économie