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L'art de remplacer un siège dans une salle de concert

Le directeur des salles de spectacle Arts Commons à Calgary, Wes Jenkins.
Le directeur des salles de spectacle Arts Commons à Calgary, Wes Jenkins. Photo: Radio-Canada / Danielle Nerman
Radio-Canada

Un fessier de compétition. C'est l'atout indispensable pour choisir les nouveaux sièges d'une salle de concert, selon Wes Jenkins, le directeur de Arts Commons, un ensemble de salles de spectacle à Calgary qui met les dernières touches à sa grande rénovation.

Un texte de Tiphanie Roquette

Les 2057 sièges de la salle de concert Jack Singer montrent en effet des signes d’usure après 32 ans d’utilisation. « C’est juste un vieux canapé avec des ressorts qui vous rentrent dans le derrière et partout dans le corps », dit M. Jenkins.

Remplacer ces sièges requiert cependant un peu plus d’expertise que le simple fait de choisir la couleur et le degré de confort de l’assise. Wes Jenkins a parcouru le monde pour voir ce qui était offert dans les autres salles de renom. Son fond d’écran qui affichait ses plus belles photos de vacances fait maintenant étalage des photos de sièges du Mexique, de Chine ou d’Équateur.

Je me suis assis sur énormément de sièges dans le monde. On développez ses sens et ses sensations.

Wes Jenkins, directeur des activités Arts Commons
Un des sièges de la salle de concert Jack Singer à Calgary. Les sièges de la salle de concert Jack Singer à Calgary sont en place depuis 32 ans. Photo : Radio-Canada / Danielle Nerman

Préserver l’acoustique

On a aussi fait appel à un consultant en installation théâtrale ainsi qu'aux conseils d’architectes locaux.

« La salle de concert Jack Singer a une des meilleures acoustiques du monde, nous ne voulions pas la perdre. Nous avons discuté à propos de millimètres, de la forme des sièges et de leur matériau pour nous assurer de ne pas changer l’acoustique », indique M. Jenkins.

La salle a aussi dû prendre en compte les changements dans les codes du bâtiment. L’accessibilité des salles aux personnes handicapées n’était pas une priorité il y a une trentaine d’années, mais la salle peut aujourd'hui se vanter d’avoir dépassé ces normes.

Au-delà de ces normes plus techniques, Wes Jenkins a aussi dû évaluer si le siège convenait aux différents types de corps, aux différentes tailles de personnes, aux enfants et surtout s’il ne faisait pas trop de bruit en s'ouvrant.

Chaque chaise a été pensée, chaque zone a été dessinée. C’est une tâche gigantesque. Je n’aurais jamais cru que ce serait aussi compliqué.

Wes Jenkins, directeur des salles de spectacle Arts Commons

Une vingtaine d’anciens sièges a été envoyée à Chicago pour tester le bruit qu'ils font et le comparer à celui des nouveaux sièges.

Un siège québécois à Calgary

L'ancien siège, à gauche, et le nouveau siège à droiteL'ancien siège, à gauche, et le nouveau siège, à droite. Photo : Arts Commons

Le nouveau trône choisi a été fabriqué par l’entreprise québécoise Ducharme. En prime, un porte-gobelet a été intégré à l’arrière du dossier.

Quant aux anciens sièges, la salle de concert les a offerts à la grande communauté du spectacle, mais personne n’en a voulu.

Le métal sera recyclé et le bois des dossiers sera réutilisé dans les murs d’une prochaine salle de concert. La mousse et le tissu des sièges seront cependant envoyés au rebut.

D'après une entrevue recueillie par Danielle Nerman.

Alberta

Arts