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Mort d'une migrante illégale : un drame inévitable, selon un agent frontalier

Un agent des service frontalier se tient debout devant un fossé.

Scott Webster, un agent des services frontaliers de Pembina, au Minnesota, se tient devant le fossé où le corps de Mavis Otuteye a été retrouvé vendredi dernier.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Radio-Canada

Un agent des services frontaliers de Pembina, au Minnesota, Scott Webster, ne recommande à aucun migrant de traverser illégalement la frontière canado-américaine à pied.

C'est trop dangereux, je ne recommanderais pas d'essayer de traverser même pendant la journée. La nuit, c’est encore pire.

Scott Webster, agent des services frontaliers de Pembina, au Minnesota

Debout sur une route de gravier près d'un fossé d’environ 5 mètres de profondeur, à moins de 1 kilomètre de la frontière du Manitoba, l’agent frontalier raconte que c’est à cet endroit que Mavis Otuteye, une Ghanéenne âgée de 57 ans, a été retrouvée morte vendredi dernier. Selon la police, elle tentait de se rendre au Canada.

« Elle a été trouvée dans l'eau du fossé », précise Scott Webster en ajoutant que ce fossé est difficile à voir la nuit.

Elle ne portait qu’une chemise et un pantalon, dit-il, lorsqu’elle a été découverte. « Une fois que quelqu'un est mouillé et qu'il n'a pas les vêtements appropriés, l'hypothermie peut s'installer rapidement », ajoute-t-il. Il affirme que sa tâche s’est transformée en travail de secouriste depuis un certain temps.

Un rapport préliminaire d'autopsie dit que Mavis Otuteye est morte d'hypothermie. L'autopsie finale est toujours attendue.

Portrait d'une Ghanéenne dans la cinquantaine qui porte un habit africain. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mavis Otuteye est morte d'hypothermie en tentant de traverser la frontière au Canada pour demander l'asile.

Photo : (Facebook / Mavis Otuteye)

Le bureau du shérif du comté de Kittson, dans l'État du Minnesota a reçu un appel jeudi dernier concernant la disparition d’une femme qui avait été vue pour la dernière fois le 22 mai, dans le comté de Kittson.

L’agent Webster raconte que des agents du bureau du shérif et du service frontalier des États-Unis ont participé aux recherches terrestres et aériennes. L’hélicoptère a repéré un sac à dos et, de là, des agents ont suivi les traces de pas jusqu’à ce qu’ils trouvent le corps.

« En fait, ce n'est pas surprenant. Cela fait plusieurs années qu’on en parle, dit-il. Toutefois, je suis surpris que cela soit arrivé au printemps plutôt que durant les mois d'hiver. Cela devait arriver un jour ou l'autre. »

Alors que l'hiver est dangereux à cause des températures glaciales, le printemps apporte aussi son lot de défis avec des changements de températures extrêmes entre le jour et la nuit et des pluies parfois abondantes. Des conditions qui rendent le voyage périlleux surtout lorsqu'on ne connaît pas la région, souligne Scott Webster. Il ajoute que des agents trouvent à l’occasion des chaussures qui sont restées coincées dans des sentiers boueux.

Un fossé en bord de route avec un peu d'eau. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ce fossé se situe au Minnesota, à moins de 1 kilomètre de la frontière du Manitoba

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

L'entente sur les tiers pays sûrs a été critiquée ouvertement au cours des derniers mois. Un grand nombre de politiciens, d'étudiants en droit et de médecins demandent au gouvernement fédéral de suspendre ou d’abroger l’accord avec les États-Unis.

« La législation canadienne doit être tenue pour responsable de la mort de cette femme innocente », a déclaré, mercredi, Bashir Khan, un avocat expert en droit de l'immigration.

Sans commenter l’accord, le premier ministre manitobain, Brian Pallister, aimerait qu’Ottawa prenne des mesures supplémentaires à propos de l’afflux de réfugiés, une préoccupation nationale, à son avis.

Selon lui, un des premiers pas que Justin Trudeau pourrait faire est de convaincre le président américain d’être plus bienveillant à l'égard des immigrants. Le Canada devrait également faire sa part et informer les réfugiés qui se trouvent aux États-Unis des dangers des traversées qui se font à travers les champs et de façon illégale.

Selon les informations de Karen Pauls, Kelly Malone et Sean Kavanagh, CBC News

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