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Meurtres d'aînés : l'ex-infirmière Elizabeth Wettlaufer plaide coupable

Elizabeth Wettlaufer est escortée en cour à Woodstock le 1er juin.

Photo : La Presse canadienne / Peter Power

Radio-Canada

L'ancienne infirmière Elizabeth Wettlaufer a plaidé coupable, jeudi, aux huit chefs d'accusation de meurtre prémédité contre elle, relativement à la mort de personnes âgées dont elle devait prendre soin dans des foyers de la région de Woodstock, à l'ouest de Toronto.

 

Wettlaufer a aussi reconnu sa culpabilité pour quatre chefs d'accusation de tentative de meurtre et deux de voies de fait graves.

Je pensais honnêtement que Dieu voulait se servir de moi [pour tuer].

Elizabeth Wettlaufer

La Couronne a ajouté que Wettlaufer était exaspérée d'entendre ses patients se plaindre dans leur lit et que certains voulaient mourir.

Confession à un pasteur

Selon la Couronne, Wettlaufer avait raconté à sa conjointe, à un pasteur et à une amie, notamment, qu'elle avait tué des patients ou voulait le faire. Toutefois, personne ne l'a crue et aucun d'entre eux n'a contacté les autorités. Ce n'est que l'automne dernier, après des révélations de l'ex-infirmière auprès du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto, que la police a ouvert une enquête.

Les meurtres ont eu lieu de 2007 à 2014. L'âge des victimes va de 75 à 96 ans.

L'ancienne infirmière a avoué en cour avoir tué ses victimes à l'aide d'une injection d'insuline.

Les proches des victimes étaient en cour pour l'audience.

Susan Horvath qui porte un t-shirt ayant la photo de son père et la mention « nous t'aimerons toujours papa ».

Susan Horvath, la fille de l'une des victimes, Arpad.

Photo : La Presse canadienne / Peter Power

Les familles ont accueilli avec soulagement le fait qu'elles n'auraient pas à endurer un long procès. Toutefois, cela ne compensera pas la perte de leur être cher, ont-elles ajouté.

Mon père a été tué. Ce sera ancré dans ma mémoire pour toute ma vie.

Susan Horvath, fille d'une victime

Les victimes :

  • James Silcox, mort en 2007, 84 ans, résident du foyer Caressant Care, à Woodstock
  • Maurice Granat, mort en 2007, 84 ans, résident du foyer Caressant Care, à Woodstock
  • Gladys Millard, morte en 2011, 87 ans, résidente du foyer Caressant Care, à Woodstock
  • Helen Matheson, morte en 2011, 95 ans, résidente du foyer Caressant Care, à Woodstock
  • Mary Zurawinski, morte en 2011, 96 ans, résidente du foyer Caressant Care à Woodstock
  • Helen Young, morte en 2013, 96 ans, résidente du foyer Caressant Care, à Woodstock
  • Maureen Pickering, morte en 2014, 79 ans, résidente du foyer Caressant Care, à Woodstock
  • Arpad Horvath, mort en 2014, 75 ans, résident du foyer Meadow Park, à London

De son côté, la mère de Wettlaufer, Hazel Parker, a déclaré à CBC que sa fille lui avait demandé de ne pas se présenter en cour à Woodstock, jeudi.

Elle a aussi confié que sa fille avait reçu un diagnostic de trouble bipolaire et qu'elle prenait des médicaments pour traiter sa maladie. « Ce dont les médias ne parlent pas beaucoup, c'est que, sans confession de Beth, la police n'aurait jamais su ce qui s'était passé, dit-elle. Elle fait face à la situation du mieux qu'elle le peut. »

Peine

La Couronne a indiqué qu'elle ne demanderait pas de peines concomitantes.

Wettlaufer, qui aura 50 ans plus tard en juin, doit être condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Son audience de détermination de la peine aura lieu le 26 juin.

Enquête publique?

L'association d'aînés CARP demande une enquête publique sur les événements.

Pour l'organisation, il ne s'agit pas seulement d'un « cas isolé ».

« Ça fait des années qu'on entend des histoires relativement à des patients qui ont souffert ou qui sont morts à cause de la négligence, de voies de fait ou de la violence dans des foyers qui devaient prendre soin d'eux », affirme Wanda Morris, de CARP.

Le ministre ontarien de la Santé et des Soins de longue durée, Eric Hoskins, a affirmé que la première ministre, Kathleen Wynne, et lui « veulent faire en sorte de diminuer les risques qu'une telle chose ne se reproduise et peu importe quelle forme cela prendra ».

Il a ajouté qu'il était encore trop tôt pour déterminer quel sera ce processus, mais que la première ministre et lui étaient ouverts à toutes les possibilités. « Nous devons d'abord permettre aux procédures judiciaires de se terminer », a-t-il affirmé.

Il ne fait aucun doute que la sécurité des Ontariens, incluant ceux qui vivent dans les centres de soins de longue durée, est notre plus grande priorité.

Eric Hoskins, ministre de la Santé et des Soins de longue durée

Le ministre a également offert ses condoléances aux familles des victimes.

Avec les informations de La Presse canadienne

Toronto

Justice et faits divers