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L'enquête sur les femmes autochtones ne doit pas oublier celles qui vivent dans la rue, dit une travailleuse sociale

Kate Quinn s'occupe du CEASE, qui vient en aide aux femmes qui vivent dans la rue à Edmonton. Elle tient la peinture d'une de ses anciennes protégées, Gloria Neopetung, qui a perdu la vie.

Kate Quinn s'occupe du CEASE, qui vient en aide aux femmes qui vivent dans la rue à Edmonton. Elle tient la peinture d'une de ses anciennes protégées, Gloria Neopetung, qui a perdu la vie.

Photo : Radio-Canada / Brandi Morin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que les audiences de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées se poursuivent à Whitehorse, une travailleuse sociale d'Edmonton veut rappeler qu'il ne faudra pas oublier les femmes autochtones qui vivent dans la rue.

Kate Quinn est directrice du Centre pour mettre fin à l'exploitation sexuelle d'Edmonton, le CEASE. Elle espère que les voix de celles qui sont le plus vulnérables seront aussi entendues durant les témoignages publics qui se déroulent à Whitehorse.

Le CEASE travaille depuis 20 ans pour aider les femmes à sortir de la violence de la rue et de la prostitution. Les femmes autochtones n'ont beau représenter que 5 % de la population albertaine, elles représentent 60 % des prostituées au centre-ville, selon l'organisme.

« Beaucoup d'hommes supposent que, s'il y a une femme autochtone qui se promène dans la rue ou attend quelque part en fumant une cigarette à l'arrêt de bus, elle se prostitue. C'est profondément blessant pour ces femmes », dit Kate Quinn, qui rappelle que cette situation crée un grand sentiment d'insécurité pour ces dernières.

« Personne ne se soucie de nous »

Makayla Lafay-Cardinal a 22 ans. Elle vient de la Nation crie de Saddle Lake, au nord d'Edmonton. Depuis deux mois, elle vit dans la rue, pour échapper aux problèmes qui perdurent dans sa famille. Elle connaît l'existence de l'enquête nationale, mais n'est pas certaine d'y participer.

Personne ne se soucie de nous, personne ne veut nous voir aller quelque part. Cela me rend triste... Cela blesse mon coeur et mon âme.

Une citation de : Makayla Lafay-Cardinal, femme autochtone
Makayla Lafay-Cardinal jeune femme autochtone de 22 ans dans une rue d'Edmonton, elle se cache la bouche et souritAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Makayla Lafay-Cardinal

Photo : Radio-Canada / Brandi Morin

La jeune femme a senti à maintes reprises déjà que sa vie était en danger. C'est presque une banalité dans sa vie, selon elle.

Même son de cloche du côté de Shilynne Dreaver, qui a 34 ans et a vécu dans les rues du centre-ville d'Edmonton au cours des quatre dernières années. Originaire de Saskatoon, elle a grandi entourée de violence et raconte avoir déjà été prise en otage dans un appartement.

Pour elle, toutefois, pas question de se taire. Elle veut partager ce qu'elle a vécu, afin que cela puisse aider d'autres femmes.

Les femmes qui ont vécu cela [la violence envers les femmes autochtones], l'enquête nationale devrait les entendre.

Une citation de : Shilynne Dreaver, femme autochtone

Selon les données récoltées par l'Association canadienne des femmes autochtones (NWAC), 54 % des disparitions et des meurtres de femmes ont eu lieu dans les provinces de l'Ouest. De même, 70 % des disparitions et 60 % des assassinats ont eu lieu dans des zones urbaines.

L'enquête nationale entendra les témoignages d'experts tout au long de l'été et devrait reprendre des audiences avec les familles des victimes cet automne.

Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées  

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